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Menace sur l'aide suisse aux pays de l'Est

Au Kirghistan, la DDC participe à des projets agricoles.

(Keystone Archive)

L’aide suisse au développement en faveur de l’ex-bloc soviétique n'est pas garantie. Pourtant des experts indépendants lui donnent une bonne note.

Leur rapport tombe au moment où d’aucuns craignent que la future contribution helvétique au Fonds de cohésion de l’Union européenne ne se fasse au détriment de cette aide.

«La tâche de la Suisse n’est pas encore terminée ». Telle est la conviction de l’agence de coopération helvétique (DDC) et du Secrétariat d'Etat à l’économie (seco) après 12 ans de soutien financier et technique apporté aux pays de l'ancien bloc soviétique.

Pour étayer ce point de vue, les deux agences fédérales ont demandé à une dizaine d’experts indépendants de passer au crible les quelque 800 projets lancés par la Suisse en Europe centrale, dans les Balkans et dans la Communauté des Etats Indépendants (CEI).

L’ensemble de ce programme, qui a déjà coûté plus de 3 milliards de francs, a un objectif central: faciliter l’implantation de la démocratie et soutenir le développement économique de ces pays.

Pour évaluer cette politique, les spécialistes issus de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) et de trois cabinets indépendants ont analysé à la fois les dynamiques propres à chacun de ces pays et l’impact des projets helvétiques.

Un bilan positif

Et leur conclusion est claire : l’engagement de la Suisse est fructueux et son objectif a, dans l’ensemble, été atteint. «Moins d’un projet sur dix a échoué », note ainsi le rapport.

A titre d’exemple, les experts mentionnent la protection environnementale du lac d’Ohrid situé à la frontière entre l’Albanie et la Macédoine, le renforcement de la démocratie locale dans la région bulgare de Stara Planina, les mesures de désendettement en faveur du Kirghistan ainsi que les programmes de santé en Bosnie-Herzégovine.

«Pendant plus d’une décennie, la Suisse a sans cesse adapté son aide aux réalités changeantes des pays de l’Est », relève également le rapport. Selon les experts, la DDC et le seco sont passés d’un soutien ponctuel à des programmes coordonnés inscrits dans la durée.

«Après 1995, la Suisse a réduit son engagement en Europe centrale pour se concentrer sur l’Europe du Sud-Est. Depuis 1992, la Confédération est également active en Asie centrale », souligne également le rapport.

Bon pour la Suisse

«En favorisant la stabilisation de ces pays, la Suisse se préserve d’un éventuel afflux de réfugiés », souligne Thomas Jenatsch , porte-parole de la DDC.

Enfonçant le clou, Christian Hofer avance un argument financier. «Pour chaque franc investi dans ces projets, c'est un franc cinquante qui revient à l’économie suisse », souligne le porte-parole du seco.

Le rapport d’experts milite donc pour une poursuite de cette politique. Mais ce conseil pourrait tomber dans l’oubli.

En effet, le parlement suisse doit débattre dès le mois de juin de la poursuite de ces programmes. Et cela en votant un nouveau crédit de 800 millions de francs pour les quatre ans à venir.

«Nous craignons que la contribution helvétique au Fonds de cohésion européen mange tout ou partie de ce crédit », précise Thomas Jenatsch.

Dans le cadre des bilatérales bis conclues avec Bruxelles, Berne a en effet accepté de verser un milliard de francs sur cinq ans pour ce Fonds destiné au développement social et économique des nouveaux membres de l’Union européenne, notamment ceux de l’Est européen.

Or, la Confédération a précisé que cette enveloppe budgétaire ne doit pas entraîner de dépenses supplémentaires.

Polémique en vue



Le parlement va donc devoir trancher ce dilemme : «La bataille sera rude et son issue incertaine », estime Erwin Jutzet, président de la Commission de politique extérieure du Conseil national (Chambre basse du parlement),

«La droite anti-européenne, dit-il, va réaffirmer que la contribution au Fonds de cohésion européen est injuste. La gauche, elle, sera partagée entre la poursuite des programmes de coopération et le soutien à Bruxelles».

swissinfo

Faits

En 14 ans, la Suisse a déboursé plus de 3 milliards de francs pour des programmes en faveur de l’ancien bloc soviétique.
La Confédération doit maintenant décider si elle poursuit ces projets pour les quatre ans à venir.
La Suisse a également promis de verser un milliard de francs sur cinq ans au Fonds de cohésion européen destiné notamment aux nouveaux adhérents de l’Est.

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