Micheline Calmy-Rey dit sa préoccupation

La cheffe de la diplomatie suisse en visite à l'église de la Nativité vendredi. Keystone Archive

Au deuxième jour de sa visite au Proche-Orient, la ministre a déploré vendredi la situation économique «catastrophique» des territoires palestiniens.

Ce contenu a été publié le 04 février 2005 - 18:57

Lors d’une discussion avec le gouverneur d’Hébron, Micheline Calmy-Rey a aussi assuré le peuple palestinien du soutien de la Suisse.

«J'ai eu l'occasion de découvrir les check-points, l'extension des colonies... Pour moi, ce qui prédomine, c'est l'image économique catastrophique (dans les Territoires)», a lancé Micheline Calmy-Rey devant la presse vendredi soir.

Selon l'Applied Research Institut Jerusalem (ARIJ), le chômage atteint entre 60 et 70% de la population active dans les Territoires. 160’000 Palestiniens travaillaient en Israël avant la deuxième Intifada. Ce chiffre n’atteint plus que 25’000 actuellement, selon l’institut de recherche palestinien.

Face à ce constat et à ce qu’elle a pu voir sur place, la ministre helvétique des affaires étrangères souligne «l’urgence» d’instaurer un dialogue entre Israéliens et Palestiniens.

Quand on compare la carte de 1947 et celle d'aujourd'hui, «on comprend mieux ce sentiment d'urgence», releve Micheline Calmy-Rey, faisant allusion à la colonisation israélienne.

L’importance de l’agenda humanitaire

Vendredi, la conseillère fédérale est allée se rendre compte de la situation explosive à Hébron (Cisjordanie), où quelque 700 colons israéliens vivent au milieu de 120’000 Palestiniens.

«Les autorités israéliennes ont confisqué de nombreuses terres pour y installer des colons», en a profité pour lui rappeler le gouverneur de la ville.

Aux dires de Areef Gaebaree, la population de Hébron «a souffert plus que d'autres de vivre dans une ville divisée». Et le gouverneur d’ajouter que le peuple palestinien, qui vit sous occupation, «n'a qu'un rêve: vivre en paix dans un Etat indépendant».

Lors de son point de presse vendredi soir, Micheline Calmy-Rey a insisté sur «l'agenda humanitaire» dans la recherche de la paix.

Ce n'est pas seulement l'agenda économique ou sécuritaire qui compte, assure la ministre helvétique. «En Palestine, il y a une très forte attente (autour) de la Suisse, qui est dépositaire des Conventions de Genève».

Sur la question de l'Initiative de Genève, la cheffe du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a relevé que ce plan de paix soutenu par la Suisse profite d’une «bonne visibilité sur la scène internationale».

Et la ministre de reconnaître que «c'est un modèle que l'on met sur la table (des négociations), même si le redémarrage du processus de paix (...) ne sera pas basé» sur ledit document.

Un détour par Charm el-Cheik?

A cet égard, Micheline Calmy-Rey a répété avoir demandé au président palestinien Mahmoud Abbas (jeudi soir) de mentionner l'Initiative de Genève lors de son sommet avec Ariel Sharon, mardi prochain à Charm el-Cheik (Egypte). «Il a paru convaincu», précise-t-elle.

Ce sommet de Charm el-Cheik sera organisé sous l'égide de la présidence égyptienne. La cheffe de la diplomatie suisse pourrait être parmi les premiers responsables étrangers à être informés du résultat des négociations.

Mieux: des discussions sont en cours actuellement pour que la conseillère fédérale fasse une escale au Caire, mercredi prochain, lors de son retour en Suisse.

swissinfo et les agences

Faits

L’institut palestinien Applied Research Institut Jerusalem (ARIJ) a été crée en 1990.
Il est financé par la Suisse.
Son but est de stimuler le développement dans les terrotoires palestiniens et de permettre à la population de disposer d’un plus large contrôle sur ses ressources naturelles.

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En bref

- A Hébron, Micheline Calmy-Rey a déposé une gerbe sur les stèles commémorant le souvenir de la Suissesse Catherine Berruex et d’un collègue turc.

- Tous deux travaillaient pour la Mission d'observation internationale (TIPH). Selon les Israéliens, ils ont été tués fin mars 2002 par un activiste islamiste.

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