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Mission accomplie pour le patron du CICR au Proche-Orient

Mardi Jakob Kellenberger a pris le risque de se rendre au Sud du Liban pour évaluer la situation humanitaire. (Photo: CICR)

Le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a obtenu un engagement personnel du premier ministre israélien pour un meilleur accès de l'aide humanitaire au Sud du Liban.

Au terme d'une visite au Liban et en Israël, Jakob Kellenberger a appelé les parties au conflit à épargner les populations civiles et les infrastructures.

Ehoud Olmert a promis au président du CICR de «faire tout son possible» pour que l'organisation puisse accéder aux victimes du conflit entre Israël et le Hezbollah au Sud du Liban, a indiqué jeudi Jakob Kellenberger.

«J'ai rencontré M. Olmert et les ministres israéliens des Affaires étrangères et de la défense, Tzipi Livni et Amir Peretz, et leur ai dit que je ne suis pas satisfait de ce qui se passe sur le terrain humanitaire», a dit le président du CICR lors d'une conférence de presse tenue dans un hôtel de Jérusalem-Est.

«J'ai le sentiment que le message a été compris, a ajouté Jakob Kellenberger. M. Olmert m'a promis de faire tout son possible pour faciliter notre travail, c'est-à-dire nous permettre l'accès aux populations qui ont un besoin urgent d'aide humanitaire».

Le premier ministre israélien lui a notamment promis de faciliter l'évacuation de 400 à 600 personnes - surtout des enfants et des blessés - du Sud du Liban, et de permettre à un navire du CICR chargé de vivres et de médicaments d'accoster dans le port de Tyr.

Rencontre avec Haniyeh

Jakob Kellenberger a ajouté que le délégué général du CICR pour le Moyen-Orient, Balthasar Staehelin, et le chef de délégation en Israël et dans les Territoires occupés, Dominik Stillhart, avaient de leur côté rencontré le premier ministre palestinien Ismaïl Haniyeh à Gaza.

Ils ont notamment évoqué avec lui la question du soldat israélien capturé par des groupes armés palestiniens le 25 juin, a indiqué le président du CICR, mais sans fournir plus de détails.

Coup d'éclat

Cette rencontre avec les dirigeants israéliens était la dernière étape de la visite de quatre jours de Jakob Kellenberger dans la région, marquée mardi par un coup d'éclat à haute valeur symbolique.

Ce jour-là, le président du CICR a traversé à pied le fleuve Litani, sur un tronc jeté entre les deux rives, pour gagner la ville portuaire de Tyr. Les deux ponts qui enjambaient le cours d'eau ont été détruits par l'armée israélienne, qui a promis de tirer sur tous les véhicules circulant au sud du Litani, y compris les voitures civiles.

Ce même jour, lors d'une conférence de presse dans la désormais ville-fantôme de Tyr, Jakob Kellenberger avait plaidé pour que l'aide humanitaire parvienne de manière urgente aux populations du Sud du Liban, prises au piège des combats.

Il avait alors estimé à 100'000 le nombre de civils en situation précaire et souligné que l'eau, l'alimentation et les conditions sanitaires étaient les priorités des efforts déployés par les organismes d'assistance.

Les pilonnages israéliens rendent en effet impraticable la majorité des routes de la région, des blessés ne peuvent pas être soignés et des morts sont encore coincés dans les ruines de leurs maisons.

«Notre autre préoccupation est le respect des lois humanitaires dans la conduite des hostilités. Vous ne pouvez pas échapper à vos obligations en larguant des tracts», avait ajouté Jakob Kellenberger, en référence aux avertissements que lancent les avions israéliens avant les bombardements.

swissinfo et les agences

Le CICR au Liban

Présente au pays du Cèdre depuis 1967, l'organisation humanitaire y est actuellement engagée dans de nombreuses opérations en faveur des victimes du conflit entre Israël et le Hezbollah.

Pour faire face à une situation humanitaire catastrophique, le CICR a lancé un appel de fonds de 65 millions d'euros. Il a également augmenté massivement sa présence au Liban, où ses délégués sont désormais 59.

Le CICR, gardien des Conventions de Genève sur le droit international humanitaire, a en outre fait savoir à plusieurs reprises qu'il était prêt à fournir un soutien logistique neutre dans le cas où une solution se dessinerait pour les prisonniers détenus par les deux camps.

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L'ONU hausse le ton

Jan Egeland, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordinateur des secours d'urgence des Nations Unies, a exigé jeudi à Genève la cessation immédiate des hostilités et le rétablissement de l'accès au Sud du Liban.

«C'est vraiment une honte, a affirmé Jan Egeland. Nous n'avons pas eu accès depuis plusieurs jours à cette population assiégée», soit plus de 100'000 personnes coupées du monde, l'armée israélienne ayant bombardé systématiquement la route qui mène à Tyr par la côte.

Les Nations Unies essaient maintenant d'acheminer de l'aide au Sud du pays par voie maritime.

Jan Egeland attend maintenant une résolution rapide du Conseil de sécurité de l'ONU, pour éviter une «catastrophe totale».

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