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Mobilité contre écologie

C'est l'idée d'un deuxième tunnel au Gothard qui fait grincer les dents.

(Keystone)

Le 8 février, le peuple se prononcera sur une série de mesures destinées à rendre le trafic routier plus fluide.

Mais l’idée d’étendre le réseau divise les esprits. Les opposants contestent surtout l’éventuel creusement d’un second tunnel au Gothard.

L’objet soumis au peuple est un contre-projet du gouvernement à l’initiative «Avanti». Déposée en novembre 2000 par le Touring Club Suisse et l’Union suisse des arts et métiers, cette initiative réclamait des mesures pour rendre le trafic routier plus fluide.

Les initiants voulaient faire passer de deux à trois pistes les autoroutes reliant Berne à Zurich et Lausanne à Genève. Ils réclamaient également le percement d’un second tunnel routier à travers le Gothard.

Un contre-projet plus équilibré

Le gouvernement reconnaît que le problème des embouteillages sur les routes doit être résolu. Il a cependant refusé l’initiative, car elle ne s’intéressait absolument pas aux transports publics.

Le gouvernement a donc concocté un contre-projet prenant en compte les points incontestés de l’initiative tout en prévoyant des aménagements pour les transports publics.

Concernant l’amélioration des infrastructures routières, il prévoit que la Confédération encourage le développement et l’entretien des infrastructures, qu’elle élimine les goulets d’étranglement et qu’elle achève le réseau des routes nationales.

A charge également de la Confédération de développer le réseau ferroviaire et d’améliorer le trafic dans les agglomérations, notamment en favorisant la construction de trams.

Le contre-projet ne parle pas d’axes à développer prioritairement. C’est au gouvernement que revient la tâche de préparer un catalogue de travaux. Il devra présenter ce catalogue au Parlement au maximum un an après l’éventuelle acceptation du contre-projet. Les travaux de première urgence devront être mis à l’enquête dans les huit ans.

Les auteurs de l’initiative «Avanti» se sont montrés satisfaits de ce contre-projet. Ils ont donc retiré leur texte, raison pour laquelle les citoyens ne se prononceront que sur le contre-projet du gouvernement lors des votations fédérales du 8 février.

La pomme de discorde du Gothard

Le contre-projet débouche sur un classique clivage gauche-droite. A gauche – et en premier lieu parmi les écologistes – on estime qu’agrandir les infrastructures routières ne servira à rien.

En effet, accroître la capacité du réseau n’aura pour effet que d’augmenter encore de nombre de véhicules. A moyen terme, les goulets d’étranglement ne pourront que réapparaître.

A droite, on insiste surtout sur le fait que la mobilité est une condition nécessaire à la bonne marche de l’économie. Les goulets d’étranglement doivent donc être résorbés pour permettre aux marchandises et aux personnes de circuler.

Mais au-delà de ces visions globales de la politique des transports, la question du percement d’un second tunnel routier au Gothard semble être devenue le grand enjeu du scrutin.

Le contre-projet prévoit en effet que l’axe routier entre Airolo (Tessin) et Erstfeld (Uri) puisse être développé. En clair, c’est un feu vert donné au percement d’un deuxième tunnel à travers le Gothard.

Actuellement, la construction d’un tel ouvrage ne serait pas possible, puisque l’initiative des Alpes, acceptée par le peuple en 1994, interdit toute augmentation de la capacité routière dans l’arc alpin.

Les adversaires du contre-projet estiment donc qu’une telle extension du Gothard remettrait en cause la volonté exprimée par le peuple il y a dix ans. De plus, à leurs yeux, il n’est ni possible ni souhaitable d’augmenter encore le trafic routier dans une région déjà saturée.

Les partisans du percement d’une seconde galerie estiment pour leur part qu’un tel projet est nécessaire. D’une part, l’axe nord-sud, prioritaire pour l’économie européenne, doit rester accessible. D’autre part, le creusement d’un second tunnel supprimerait le trafic bi-directionnel à l’intérieur du Gothard, ce qui limiterait grandement les risques d’accident.

swissinfo, Olivier Pauchard

En bref

- Selon le contre-projet, les travaux destinés à éliminer les goulets d’étranglement serait financés par un fonds d’infrastructures.

- Ce fonds bénéficierait d’un premier apport correspondant à la moitié des réserves actuelles du financement spécial affecté à la route, soit 1,6 milliard de francs. Il serait ensuite alimenté par une partie de l’impôt sur les huiles minérales, soit un milliard et demi de francs par an.

- Le contre-projet stipule par ailleurs que le fonds ne peut pas s’endetter.

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