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Moritz Leuenberger tient le sort de Kloten dans ses mains

Pour l'Allemand Kurt Bodewig (à gauche) et le Suisse Moritz Leuenberger les chances d’arriver à un accord semblent bien faibles.

(swissinfo.ch)

Les Allemands en ont assez du bruit que l'aéroport de Kloten génère sur leur sol. Ils s'apprêtent à prendre des mesures musclées. Pour éviter le pire, le ministre suisse des transports prend son bâton de pèlerin et se rend lundi à Berlin.

Le dossier n'est pas nouveau. Les Allemands résidant au nord de Kloten se plaignent des nuisances depuis la fin des années 70. Et le problème ne cesse d'empirer. Actuellement, ils sont confrontés à 140 000 survols par an, alors que la région zurichoise est bien moins touchée.

Les différentes discussions techniques qui ont eu lieu entre les deux pays n'ont pour le moment débouché sur aucune limitation du trafic. A bout de patience, le gouvernement allemand a donc décidé de prendre le taureau par les cornes.

Berlin demande que le nombre de survols soit limité à 100 000 par an durant une période transitoire de douze mois, puis à 80 000 par an. Les Allemands exigent de plus que les vols soient interdits le week-end ainsi qu'entre 21h00 et 07h00.

Et si la Suisse reste sourde à ces demandes d'ici fin mai, date de l'échéance de l'accord technique conclu entre les deux pays en 1984, Berlin prendra des mesures unilatérales dans ce sens.

La Suisse pourrait de son côté accepter d'entrer en matière sur une adaptation du concept des vols d'approche. Mais elle s'oppose aux autres restrictions, principalement à l'interdiction des vols le week-end.

Du point de vue helvétique, de telles mesures sont incompatibles avec l'agrandissement prévu de Kloten. Il est en effet question que l'aéroport devienne une plaque tournante du trafic international (hub).

Face à des positions aussi diamétralement opposées, les chances d'arriver à un accord semblent bien faibles. Pourtant, Moritz Leuenberger tentera l'impossible pour relancer le dialogue en rencontrant lundi son homologue allemand Kurt Bodewig.

Pour arriver à une solution, Moritz Leuenberger devra lâcher du lest. André Auer, directeur de l'Office fédéral de l'aviation civile, reste toutefois assez évasif lorsqu'on lui demande quelles pourraient être les concessions suisses. Il indique seulement que le conseiller fédéral rappellera aux Allemands qu'ils profitent aussi du développement de l'aéroport de Kloten.

Les Suisses pensent d'ailleurs déjà aux mesures à prendre au cas où les Allemands imposeraient leur «Diktat». Ils interviendront auprès des tribunaux allemands pour combattre l'aspect «arbitraire» de la décision de Berlin. Ils demanderont aussi une procédure de conciliation auprès de l'Organisation de l'aviation civile internationale, précise André Auer.

Si les pourparlers avec Berlin échouent, il reste la solution d'une ouverture accrue de l'axe sud de Kloten. Mais cette perspective pose également problème. Les communes zurichoises, jusqu'ici relativement épargnée par le bruit, se mobilisent déjà contre ce «scénario catastrophe».

Olivier Pauchard


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