Novartis dans la mire des consommateurs

Seuls les emballages diffèrent. Pour le reste, les deux médicaments sont rigoureusement identiques. Keystone

Changer le nom d'un médicament pour augmenter son prix de 40%: ce procédé de Novartis irrite les consommateurs alémaniques. Ils ont déposé plainte.

Ce contenu a été publié le 10 mai 2002 - 17:42

La Fondation pour la protection des consommateurs (FPC) reproche au géant pharmaceutique de faire passer son spray buccal Mebucasol f pour un nouveau médicament alors qu'il est identique au Sangerol, déjà sur le marché depuis sept ans.

Vendredi, un porte-parole de Novartis a d'ailleurs confirmé que les deux emballages contenaient rigoureusement le même produit.

«Novartis trompe le consommateur par une publicité mensongère. La solution contre les maux de gorge Mebucasol f n'est ni plus efficace, ni plus sûre, ni meilleure que l'ancienne: elle est simplement 43% plus chère», s'indigne la conseillère nationale Simonetta Sommaruga (PS/BE), présidente de la FPC.

Sur deux tableaux

L'industrie pharmaceutique avance régulièrement que la recherche et le développement représentent 10 à 20 % du prix des nouveaux médicaments. «Mais dans ce cas précis, Novartis n'a pas déboursé un centime pour le Mebucasol f», poursuit Simonetta Sommaruga.

Simonetta Sommaruga espère que le Tribunal de Berne traitera rapidement la plainte de la FPC. Et à plus long terme, elle attend du Conseil fédéral qu'il corrige la contradiction entre sa politique sociale de maîtrise des coûts de la santé et la libéralisation du marché que soutient la Commission de la concurrence.

La Société suisse des pharmaciens (SSPh) salue la démarche de la FPC. Son président Max Brentano dénonce la double stratégie de Novartis. Il l'accuse de détourner l'interdiction de faire de la publicité pour un produit remboursé par les caisses-maladie et de pousser ainsi les patients à la consommation.

«Novartis joue sur deux tableaux», juge Max Brentano. Depuis sept ans, la firme vend le Sangerol, qui figure sur la liste des spécialités et dont le prix a été fixé à 10,20 francs. Et de l'autre côté, elle lance sur le marché libre et sous un autre nom une préparation identique au prix recommandé de 14,85 francs.

Réaction en deux temps

Un sondage de la TV alémanique réalisé en février de cette année avait par ailleurs montré que la moitié des pharmaciens ignoraient que le Mebucasol f n'était rien d'autre que du Sangerol, habillé différemment.

Dans un premier temps, le porte-parole de Novartis s'est contenté d'expliquer vendredi que les juristes de la firme examinaient la plainte de la FPC et que celle-ci prendrait position une fois que le Tribunal aurait rendu son jugement.

Plus tard dans la journée, Novartis s'est fendue d'un communiqué. Elle y explique que le prix plus élevé du Mebucasol f (en vente libre) se justifie par les coûts de commercialisation, y compris le conseil du pharmacien.

Dans sa version Sangerol par contre, le spray est remboursé par l'assurance de base et son prix ne comprend pas les frais de prescription par le médecin, directement facturés à la caisse-maladie.

swissinfo avec les agences

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