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Objectif soleil pour la recherche suisse

Les premières images du soleil parviendront à l’université de Berkeley, au bout d’une semaine. (Photo UBC)

La NASA veut en savoir plus sur le soleil. La semaine prochaine, elle lancera un satellite d'observation dans l'espace. Les mesures de l'astre solaire seront effectuées par des appareils développés par l'Institut Paul Scherrer, à Villigen.

«Nous voulons observer des explosions sur le soleil. Ces phénomènes dégagent une énergie équivalente à des millions de bombes atomiques, explique Alex Zehnder, chef du laboratoire d'astrophysique de l'Institut Paul Scherrer. Sur terre, ils provoquent des aurores boréales et une perturbation des ondes radio. Nous voulons donc mieux comprendre cette libération d'énergie impulsive».

L'institut a développé tout spécialement des appareils de mesure pour la NASA, dans le cadre du projet HESSI (High Energy Solar Spectroscopic Imager). Un projet qui, soit dit en passant, coûtera 73 millions de dollars aux contribuables américains.

La principale contribution de la Suisse à cette mission est une sorte de télescope qui capture non pas la lumière - comme c'est le cas pour les télescopes traditionnels - mais les rayons X et les rayons gamma.

L'équipe suisse a également mis au point un «œil» qui détermine la position du centre du soleil 120 fois par seconde et une caméra qui filme le firmament. Avec ces appareils, la position du satellite peut ainsi être calculée par rapport aux étoiles.

Mettre ces appareils au point n'a pas été une mince affaire. Il y a dans l'espace d'énormes variations de températures, qui vont de moins 30 à plus cinquante degrés. Par ailleurs, la navette spatiale subit de nombreux chocs et vibrations, notamment lors du décollage et du largage des fusées d'appoint. «Mais, rassure Alex Zehnder, nous avons testé le système avec une force de dix G et rien n'a bougé».

Le lancement du satellite est prévu pour la semaine prochaine. «Il atteindra son orbite seulement dix minutes après le départ et nous enverra alors ses premiers signaux. Après cinq révolutions autour de la Terre, ce qui prendra à peu près neuf heures, nous pourrons mettre en marche notre système, appareil après appareil», révèle encore Alex Zehnder.

Les premières images du soleil parviendront à l'université de Berkeley, au bout d'une semaine. Et Alex Zehnder de conclure: «nous saurons alors tout de suite si nos appareils marchent ou non. Mais ce qui est sûr, c'est que dans l'espace, nous ne pourrons plus rien réparer».

Philippe Kropf


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