Oey se dégage peu à peu des décombres

Portes et fenêtres sont recyclées... swissinfo.ch

Un mois après que les inondations ont ravagé une bonne partie de la Suisse, les opérations de nettoyage ne sont de loin pas terminées.

Ce contenu a été publié le 21 septembre 2005 - 09:00

Le village d'Oey, dans les Alpes bernoises, a été touché de plein fouet par cette catastrophe naturelle. Etat des lieux.

Oey donne l'impression d'avoir été le théâtre d'une bataille, dont les forces de la nature sont sorties vainqueurs.

Un flot continu de camions et de véhicules de l'armée sillonnent la route, faisant tourbillonner quantité de poussière dans les airs. Réquisitionnés par le service de la protection civile, les nombreux convois s'acharnent à nettoyer les lieux, charriant incessamment des tonnes de débris.

Quantité de gravats jonchent encore la route. Derrière les murs d'un bâtiment, qui abritait une pizzeria avant les événements du mois dernier, gisent les vestiges de plusieurs caravanes.

«Les dommages causés aux maisons et aux magasins sont bien visibles depuis que les rues ont été dégagées des décombres, explique Beat Klossner, membre du conseil régional.

Plusieurs habitations sont aujourd'hui défigurées, leurs façades n'ayant pas résisté à la furie des eaux. Le plancher de certaines s'est même effondré. «Plusieurs maisons devront être complètement reconstruites», regrette Beat Klossner.

Un torrent en colère

Après quatre journées de pluies diluviennes, la paisible rivière traversant Oey avait laissé sa place à un torrent en colère, débordant de son lit, puis noyant le village.

«Tout s'est déroulé en un quart d'heure ce lundi matin-là [le 22 août], se souvient Fritz Stähli, propriétaire d'une petite distillerie. Il a fallu partir au plus vite.»

Tout en menant les travaux de nettoyage sur sa propriété, le Bernois revient sur les folles heures de cette catastrophe. «Le remblai ferroviaire bordant mon terrain s'est mué en barrage, provoquant une montée des eaux d'un mètre et demi», décrit-il.

Fritz Stähli était l'un des 200 habitants - soit la moitié de la population d'Oey - à avoir dû évacuer son domicile. Lorsque l'eau s'était retirée, au bout de quelques jours, nombre d'entre eux n'avaient pas reconnu les lieux. Plusieurs pièces étaient remplies jusqu'aux fenêtres d'une épaisse couche de boue et de caillasse.

Quatre semaines après le drame, malgré les efforts fournis, peu d'entreprises ont repris leurs affaires. Certaines tentent de trouver des solutions en exilant leurs bureaux dans des containers provisoires, d'autres n'hésitent pas à s'installer provisoirement dans les communes voisines.

Mutilées par les flots, les voies ferroviaires ne seront pas réparées avant de nombreuses semaines. La route principale, desservant les contrées de l'arrière-pays, ne sera pas rouverte au trafic avant la fin du mois de novembre.

Les autorités locales ont érigé une tente à l'entrée du village afin que la population puisse s'informer sur la situation et offrir son soutien en donnant meubles et vêtements aux personnes ayant tout perdu dans l'aventure.

Un soutien psychologique

Un soutien psychologique est également apporté aux enfants et aux jeunes traumatisés par la tragédie. «Une certaine agressivité dans le comportement de la population a été observée», avoue Irène Stucki, boulangère à Oey.

«Nous avons dû choisir entre ce qui méritait d'être nettoyé et ce qui devait être débarrassé», relate de son côté Franz Hiltbrand, qui a assuré les opérations de nettoyage sur la propriété de son frère, abritant un restaurant et un camping.

«Environ 4'500 mètres cubes de décombres d'habitations et de caravanes et 3'000 mètres cubes de gravats ont été ôtés», glisse-t-il. Si le restaurant était assuré, le terrain du camping ne l'était pas.

Franz Hiltbrand explique qu'il a fallu dénicher un endroit bon marché pour se débarrasser des détritus déposés par la rivière en crue. Une compagnie de recyclage a été mandatée pour récupérer le métal et le bois. Aucune solution n'a en revanche encore été trouvée pour les monticules de terres recouvrant le terrain. Recourir à une décharge traditionnelle coûte en effet au moins 250'000 francs.

Beat Klossner estime que les frais des dommages causés au village et aux routes s'élèveront à plus de 100 millions de francs. «La vie n'aura repris son cours normal qu'au printemps prochain», conclut-il.

swissinfo, Dale Bechtel à Oey
(Traduction et adaptation de l'anglais par Raphael Donzel)

En bref

- Les inondations et les éboulements qui ont débuté le lundi 22 août ont causé des dommages en Suisse estimés à environ 2 milliards de francs.

- Les cantons les plus touchés sont ceux de Berne et de Suisse centrale.

- Près de la moitié de la population du village d'Oey, dans les Alpes bernoise, a dû être évacuée.

- Les autorités locales programment un retour à une vie normale au printemps 2006.

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