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Otages du Sahara: des questions restent ouvertes

20 août 2003, les ex-otages en compagnie de Micheline Calmy-Rey à l'aéroport de Zurich.

(Keystone)

Il y a un an, quatre touristes suisses étaient enlevés dans le Sahara algérien. Après plusieurs mois d’âpres négociations, les ravisseurs finissaient par leur rendre la liberté.

Aujourd’hui encore, les circonstances de leur libération restent obscures. Les assurances, elles, réfléchissent à la manière de se désengager en cas de kidnapping.

Une année après les faits, l’enlèvement de 32 touristes occidentaux – dont quatre Suisses – dans le Sud algérien fait encore régulièrement la une des journaux dans différents pays.

Ainsi, au début du mois de février, l’armée algérienne a annoncé avoir tué quatre preneurs d’otage de l’époque.

Un porte-parole militaire a expliqué que ces membres d’un groupement terroriste ont transporté «des armes achetées dans un pays voisin grâce aux fonds reçus d’un état occidental en août dernier pour la libération d’otages au Mali». Le pays en question n’a pas été désigné.

A sa façon, l’Algérie confirme qu’une rançon a belle et bien été versée aux ravisseurs pour la libération des ex-otages. Selon les chiffres évoqués par plusieurs médias, celle-ci se monterait à près de cinq millions d’Euros.

Interrogé à ce sujet par swissinfo, le porte-parole du Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) Alessandro Del Prete n’a pas désiré faire de commentaire.

Les otages allemands ont payé

Combien la libération des otages a-t-elle coûté? Personne ne le sait réellement tant le secret est bien gardé.

A l’heure actuelle, un des seuls montant connu est celui payé par les assurances voyage des quatre touristes suisses concernant une partie des frais de recherche.

Un montant de 65'500 francs a en effet été négocié entre ces sociétés d’assurances et le DFAE sous la médiation de l’Ombudsman de la branche suisse du voyage.

Si les ex-otages allemands ont dû prendre une partie des frais de leur libération à leur charge, les Suisses n’ont pas eu à mettre la main au porte-monnaie.

«En Suisse, la réaction populaire a été de dire que le gouvernement a été trop bon. Personne n’a vraiment compris pourquoi il avait pris tous les frais à sa charge», explique l’Ombudsman Nicolas Oetterli.

Une participation en guise d’avertissement

«A titre personnel, je reste également perplexe sur la générosité du DFAE, poursuit Nicolas Oetterli. A mon sens, une participation financière des ex-otages va de paire avec la question de la responsabilité.»

Pour l’Ombudsman, cette histoire sera totalement oubliée dans quelques mois. Et d’autres touristes partiront à l’aventure dans des régions en crise en prenant des risques inutiles.

«Ce ne sera qu’en mettant de telles personnes face à leurs responsabilités que le DFAE forcera les gens à réfléchir», conclut-il.

Actuellement, les voyageurs qui décident de partir à l’aventure ne sont pas soumis à une législation particulière. C’est également à eux d’évaluer les risques qu’ils pourraient encourir.

«Nous en appelons au sens de la responsabilité de nos clients», explique André Lüthi, directeur de Globetrotter Travel Service, le plus grand prestataire suisse en matière de voyages individuels.

Les assureurs de voyage réagissent

Mais bien souvent, la recherche d’adrénaline l’emporte sur la raison. Jusqu’ici, une grande partie des frais résultants d’un kidnapping étaient pris en charge par les assurances. Mais l’«Affaire» des otages du Sahara pourrait déboucher sur certaines modifications.

Ainsi, une des principales compagnies d’assurances voyage – l’Européenne – a décidé d’exclure toute prestation en cas de kidnapping dès 2005.

«Nous avons pris cette décision suite à ce qui s’est passé dans le Sud algérien», confirme son directeur Thomas Tanner.

La liste du DFAE fait foi

En Suisse, la liste des conseils aux voyageurs du Département fédéral des Affaires étrangères fait foi en matière de risques liés aux voyages.

«Les contrats qui lient les voyageurs, les agences de voyages et les assureurs ne nous concernent pas et nous rejetons toute forme de responsabilité», précise le porte-parole du Département Alessandro Del Prete.

Les organisateurs de voyages et les assurances de voyage consultent régulièrement les informations et les avertissements du DFAE.

«Nous nous référons à cette liste quotidiennement et nous prenons des décisions pragmatiques en fonction des cas», expliquent de concert Thomas Tanner de l’Européenne et André Lüthi de Globetrotter Travel Service.

En matière d’assurance, si quelqu’un se rend dans une région décrite comme risquée, d’éventuels frais de rapatriement ou de voyage de retour prématuré ne seront pas pris en charge.

Par contre, si un événement fâcheux devait arriver dans une telle région mais qu’il ne soit pas en lien avec la situation de crise, les frais seront pris en charge.

Dans les faits, force est de reconnaître que ce sont bien les Ministères des Affaires étrangères des pays qui sont le mieux informés sur les situations de crise dans les différentes régions du globe.

swissinfo, Christian Raaflaub
(traduction et adaptation: Mathias Froidevaux)

En bref

- En février 2003, 32 touristes occidentaux – seize Allemands, dix Autrichiens, quatre Suisses, un Néerlandais et un Suédois - ont été kidnappés dans le Sahara algérien.

- A la mi-mai, un premier groupe de 17 otages ont été libérés.

- Le deuxième groupe de 15 otages (avec les quatre touristes suisses) a, quant à lui, retrouvé la liberté au mois d’août au Mali.

- Selon diverses sources médiatiques, le gouvernement malien qui a mené les négociations de libération aurait remis une rançon de 5 millions d’Euros aux ravisseurs.

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