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Le contrat gazier avec l'Iran, une occasion manquée

Irene Khan (à droite), avec Micheline Calmy-Rey, à la Conférence d'Amnesty samedi à Berne.

(Keystone)

Irene Khan, secrétaire générale d'Amnesty International (AI), regrette que Berne n'ait pas saisi l'occasion du contrat gazier avec Téhéran pour mettre la pression sur le régime iranien en matière de droits de l'homme.

Vendredi et samedi, la section suisse d'AI tenait à Berne sa conférence annuelle. En cette année du 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, les 400 personnes présentes ont notamment pu entendre la ministre des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey, le rapporteur spécial de l'ONU sur le droit à l'alimentation Jean Ziegler et la secrétaire générale d'AI Irene Khan.

Dans une interview à l'agence de presse ATS, cette dernière explique qu'elle n'a rien contre l'accord gazier entre la Suisse et l'Iran. La question n'est pas d'avoir ou non des relations commerciales avec le régime de Téhéran, ou d'autres gouvernements, mais plutôt de voir comment «utiliser ces relations pour promouvoir les droits de l'homme», explique la secrétaire générale d'AI.

Et c'est là que le bât blesse: «la Suisse n'a pas saisi cette opportunité», regrette Irene Khan.

Et même si l'on fait abstraction des considérations éthiques, elle rappelle que les entreprises et les gouvernements ont tout intérêt de faire du commerce dans des sociétés stables. «Car dans les régions où les droits de l'homme ne sont pas respectés, souvent règnent l'instabilité et la violence».

Dialogue

Depuis un mois, Micheline Calmy-Rey essuye des critiques nourries à cause de la signature, en sa présence, d'un contrat gazier entre l'entreprise suisse EGL et l'Iran.

A nouveau interpellée samedi à ce sujet, la ministre n'a pu que redire que selon elle, le dialogue mérite d'être poursuivi, «même s'il faut parler à des gens qui ne sont pas d'accord avec nous». Elle a néanmoins admis que les discussions avec l'Iran, entamées en 2003, n'avaient donné jusqu'ici que des résultats mitigés, sans avancées marquantes.

Mais pour Micheline Calmy-Rey, les vraies difficultés commenceraient au moment où la Suisse déciderait d'interrompre le dialogue avec de tels pays.

Des arguments qui ne semblent convaincre qu'à moitié Irene Khan. Si elle salue le principe du dialogue, elle regrette le manque d'objectifs clairs. «La Suisse n'a aucun critère, aucun point de référence qui lui permettent d'évaluer la situation sur place et de savoir si ce dialogue porte ses fruits», note-t-elle.

La secrétaire générale d'AI ne veut pas pour autant jeter la pierre à la Suisse, dont le gouvernement «est très actif au sein des Nations Unies ou du Conseil de l'Europe».

Pas de boycott

S'agissant de la Chine, Irene Khan appelle le Comité international olympique (CIO) à davantage mettre la pression sur les autorités de Pékin.

La semaine dernière, Jacques Rogge, président du CIO, a prié la Chine de respecter les engagements pris avant l'attribution des Jeux, soit de «faire avancer la question sociale, notamment les droits de l'homme».

Une déclaration qu'Irene Khan juge «insuffisante». Aujourd'hui, en Chine, les militants des droits de l'homme «sont envoyés en prison ou dans des camps de rééducation. Ces violations sont directement liées aux JO et le CIO doit intervenir», martèle-t-elle.

Pour autant, la secrétaire générale d'AI n'est pas favorable au boycott de la cérémonie d'ouverture ou même des Jeux dans leur intégralité. A ses yeux, ces JO sont justement «l'occasion pour les sponsors, les gouvernements et le CIO de mettre la pression sur la Chine».

Irene Khan espère également que l'attention actuellement portée à l'Empire du milieu ne sera pas éphémère. «La Chine n'est pas à l'agenda international uniquement en raison des Jeux, mais également parce qu'elle est une puissance économique mondiale, avec les devoirs que cela implique», rappelle-t-elle.

Sans oublier de mettre en avant certains progrès récents. «En Chine, les personnes condamnées à mort ont par exemple maintenant le droit de faire appel, ce qui était impossible auparavant». Mais «le chemin reste toutefois long», conclut Irene Khan.

swissinfo et les agences

Irene Khan

Septième secrétaire générale d'Amnesty International, première femme et première asiatique à occuper ce poste, Irene Khan est née en 1956 à Dhaka, dans ce qui était alors le Pakistan Oriental, devenu Bangladesh après une sanglante guerre d'indépendance.

Issue d'une famille aisée, elle étudie le droit international à Manchester et à Harvard. A 20 ans, elle est l'une des fondatrices de l'ONG Concern Universal et en 1980, elle entre au HCR, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.

Elle y restera 21 ans, avec de nombreuses missions de terrain, notamment en Inde et en Macédoine, pendant la guerre du Kosovo.

Irene Khan prend la direction d'AI en 2001, alors que l'organisation se voit confrontée à de nouvelles formes de violations des droits de l'homme, résultant notamment de la «guerre contre le terrorisme» déclenché après les attentats du 11 septembre.

Dans les premiers mois de son mandat, elle dirige personnellement des missions au Pakistan, pendant les bombardements de l'Afghanistan, en Israël, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, juste après l'occupation israélienne de Jénine, et en Colombie.

Depuis, elle ne cesse de courir le monde et de rencontrer des chefs d'Etat, en mettant un accent particulier sur la défense des droits des femmes. Elle a déjà reçu plusieurs prix internationaux, en Grande-Bretagne, en Australie et en Belgique.

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