Présents maintenant en Haïti, et pour des années

Haïti - un pays très, très pauvre confronté à une lourde catastrophe humanitaire, selon Toni Frisch. Keystone

Haïti, où les premiers sauveteurs suisses sont à pied d’œuvre après le séisme de mardi, a besoin d’un soutien international d’urgence mais aussi pour les mois et les années à venir, selon Toni Frisch, Directeur adjoint de la Direction du développement et de la coopération (DDC).

Ce contenu a été publié le 15 janvier 2010 - 17:39

«Nous avons décidé de ne pas envoyer de sauveteurs pour retirer les gens sous les décombres, car nous serions arrivés trop tard. Mais nous nous engageons dans un domaine tout aussi important. Les soins médicaux, l’eau potable, c’est aussi sauver des vies, beaucoup plus même qu’à travers le sauvetage.»

Directeur adjoint de la Direction du développement et de la coopération (DDC), Toni Frisch détaillait vendredi l’effort croissant (3 millions de francs de budget actuellement) de la Confédération au profit d’Haïti meurtri. Un effort appelé à évoluer et à durer face à «des besoins d’une ampleur gigantesque».

«Nous serons sur place pour des mois et des années», assure Toni Frisch. En fonction de leur analyse à venir, les services humanitaires et de développement suisses pourraient œuvrer pour le retour à un peu de normalité («early recovery»), à la reconstruction et à la réduction des risques («Disaster risk reduction»).

Un Toni Frisch qui n’exclut rien, pas même l’engagement de moyens militaires helvétiques. Notamment à travers, dimanche déjà, l’acheminement éventuel de deux containers médicaux (centres de soins, type cabinet médical).

Mais dans l’immédiat, la Confédération a envoyé 32 spécialistes - dont plusieurs médecins pour l’hôpital Albert-Schweizer à Dechappelles et un spécialiste de la sécurité - tous sur place d’ici vendredi soir. Ils seront encore une poignée à partir ce week-end.

Le médical et l’eau

Le champ d’action de ces spécialistes: «La logistique, la coordination, l’eau potable, les soins médicaux et l’hébergement temporaire des sans-abri». Avec un accent particulier sur le médical et l’eau – il s’agit d’améliorer ce qui existe encore, et réparer provisoirement ce qui a été détruit.

Les rescapés et les intervenants ont également besoin de matériel. Trente tonnes d’aide (kits pour famille, bâches, matériel de soins) vont être acheminés vendredi et un autre vol partira dimanche.

Sur place, les transports ne vont pas de soi. La Suisse a loué un hélicoptère à Saint-Domingue et l’a mis à disposition de l’ONU. Elle pourrait l’utiliser elle aussi (transports et missions de reconnaissance) et envisage même la location d’un second appareil.

Une question qui se pose est celle de savoir où intervenir, comment distribuer l’aide. Selon Toni Frisch, la Suisse est en contact avec l’ONU et le CICR pour définir les choses précisément. Mais la distribution reste problématique et la Confédération et ses partenaires locaux vont assumer directement ce travail.

Cet effort devrait limiter le risque de voir les biens dépêchés sur place finir sur le marché noir. «Ils sont amenés par nos gens de Berne à Zurich, chargés par notre personnel, accompagnés par nos gens, reçus à Saint-Domingue ou Port-au Prince et accompagnés jusqu’à distribution par nos équipes», détaille Toni Frisch pour illustrer le soin apporté à minimiser le risque de dérive.

Besoins et doutes

Aux dires d’Hans-Peter Lenz, chef de la centrale d'intervention de l'aide humanitaire, qui se rend sur place ce week-end, les équipes d’intervention font face à quatre problèmes majeurs: la logistique, la coordination, les communications et la sécurité.

Si la coordination de l’aide internationale est une réelle difficulté, selon lui, la communication entre les équipes sur le terrain l’est aussi. Raison à cela: l’infrastructure de conduite de l’ONU n’a pas résisté au séisme, pas plus que le réseau de téléphonie mobile, par exemple.

Déjà réelle avant la catastrophe, l’insécurité est un autre souci pour les équipes d’interventions comme pour la population. A ce stade, l’ONU qualifie la situation de «tendue mais gérable». Hans-Peter Lenz estime néanmoins qu’elle pourrait «se durcir si l’aide ne vient pas».

Relayé par son organisation en Suisse, le directeur du programme Helvetas sur place constate que «pour le moment, [la] survie est vraiment aléatoire et fragile puisque, encore aujourd'hui, je n'ai pas vu de secours en voie d'être acheminés aux centaines de milliers de gens dans les rues qui vont passer une troisième nuit dehors.»

«On est informé que des secours sont arrivés à Port-au-Prince, indique Bernard Zaugg, mais quand seront-ils disponibles et que représentent-ils devant l'immensité des besoins, je n'en sais trop rien.»

Pierre-François Besson, swissinfo.ch

Suisses en Haïti

Sur les 180 Suisses recensés et contactés en Haïti, 87 ont donnés des nouvelles positives. L’ambassade tente toujours d’entrer en contact avec les autres.

Le DFAE, qui a renforcé son personnel diplomatique sur place, a mis en ligne sur son site un formulaire de recherche à l’intention des familles.

Le département a aussi ouvert une ligne téléphonique [+41 (0)31 325 33 33] pour les personnes ayant des proches en Haïti.

Le CICR a pour sa part mis en place un site web pour aider des milliers de personnes en Haïti et à l'étranger à rétablir le contact avec leurs proches. Son adresse: www.icrc.org/familylinks

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A Lausanne

Le Club haïtien de Suisse a appelé les quelque 2000 ressortissants de l'île caraïbe à se réunir samedi soir au Casino de Montbenon à Lausanne (16 h à 22 h).

Ensemble, ils devraient notamment discuter à cette occasion d'une éventuelle action commune.

Secrétaire général du Club haïtien de Suisse, Jean-Wilfrid Fils-Aimé décourage entretemps les gens de se lancer dans des initiatives isolées et recommande de verser les dons à la Chaîne du Bonheur.

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