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Première inculpation dans l’affaire Abacha

La justice genevoise vient d’inculper une personne soupçonnée d’avoir participé aux détournements de fonds qu’aurait effectués l’ex-dictateur nigérian Sani Abacha.

Ce contenu a été publié le 31 mars 2000 - 18:09

La justice genevoise vient d’inculper une personne soupçonnée d’avoir participé aux détournements de fonds qu’aurait effectués l’ex-dictateur nigérian Sani Abacha (photo d'archive).

L’enquête sur l’argent détourné par l’ancien général Sani Abacha avance à grands pas. Le juge genevois Georges Zecchin nous a confirmé avoir prononcé une inculpation pour "faux dans les titres" contre un proche de l’entourage d’Abacha. Il est soupçonné d’avoir participé aux détournements en indiquant un faux ayant droit économique au moment où il déposait des fonds dans une banque suisse.

"Cette inculpation va nous permettre d’avoir accès au dossier pour défendre valablement les intérêts du Nigeria qui s’est porté partie civile dans ce scandale", explique Me Enrico Monfrini dont l'étude genevoise a été chargée de l’affaire par l'actuel gouvernement d’Abuja.

Selon nos informations, d’autres personnes pourraient être prochainement mises en cause. Il s’agirait notamment d’un ami du clan de l’ex-dictateur et d’un membre de la famille Abacha. Dans ce cas, les inculpations seraient nettement plus graves et porteraient sur l’escroquerie et le blanchiment d’argent.

Les autorités nigérianes estiment que Sani Abacha, décédé brutalement en juin 1998, a pillé des dizaines de milliards de dollars des caisses de son pays lors de ses cinq années de pouvoir. Avec la complicité de sa famille et de plusieurs hommes d'affaires, il aurait utilisé des fausses factures ou simplement des prélèvements en espèces auprès de la Banque centrale du Nigeria.

Au total, environ 645 millions de dollars sont actuellement saisis par la justice suisse. Quelque 140 comptes sont concernés dans une quinzaine de banques à Genève et Zurich. A lui seul, le Credit Suisse aurait bloqué plus de 200 millions de dollars.

Le gouvernement nigérian a adressé début janvier une demande formelle d'entraide judiciaire à la Suisse. En parallèle, une enquête pour blanchiment d'argent a été ouverte à Genève, alors que la Commission fédérale des banques a engagé une procédure pour déterminer si les établissements impliqués ont accepté sans les contrôles adéquats des fonds déposés par le dictateur ou son entourage.

Luigino Canal

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