Premiers pas pour la carte sanitaire

La carte sanitaire contient des informations qui peuvent être vitales. Keystone

Le Tessin introduit l’usage d’une carte sanitaire le 8 novembre. Il s’agit d’un projet pilote qui pourrait un jour s’étendre à l’ensemble du pays.

Ce contenu a été publié le 07 novembre 2004 - 16:37

Le Tessin suit ainsi l’exemple de plusieurs pays européens, des Etats-Unis ou du Japon, où la carte sanitaire est déjà une réalité.

En collaboration avec les principaux acteurs de la santé (fournisseurs de prestations, patients, caisses maladie et Etat), les autorités tessinoises ont choisi l’agglomération de Lugano pour évaluer l’accueil qui sera fait à la carte électronique sanitaire.

Il s’agit d’une sorte de carte d’identité sanitaire sur laquelle sont mémorisées des données médicales relatives à l’utilisateur. Ces données ne peuvent y être inscrites qu’avec l’autorisation du possesseur de la carte.

Echange d’informations



La carte sanitaire est un instrument destiné à gérer et à échanger des informations. Elle est utile à la fois aux patients, aux médecins, aux hôpitaux, aux pharmaciens et à toute structure qui contribue à soigner des malades.

Ces informations sont des données administratives (état civil, caisse maladie, etc.), des données sanitaires d’urgence (groupe sanguin, allergies, traitements en cours, maladies chroniques) ainsi qu’un suivi de dossier, avec l’anamnèse des données pathologiques et physiologiques et une liste des principaux traitements suivis.

Jusqu’à présent, ces informations sont encore gérées de manière fragmentaire par des acteurs isolés du système de santé (le médecin de famille, le pharmacien, etc.). Avec la carte sanitaire, elles seraient à la disposition de l’ensemble du réseau de santé.

La rapidité de l’accès aux informations, qui peut dans certains cas s’avérer vitale, représente indubitablement un avantage de tout premier ordre. Mais les avantages ne se limitent pas aux cas d’urgence.

En facilitant la consultation, on peut éviter des lenteurs, des transferts d’informations fragmentaires, des retards ou des répétitions dans les prestations médicales. Bref, autant de problèmes qui pèsent en fin de compte sur les coûts de la santé.

Enfin, des données électroniques peuvent éviter des problèmes d’interprétation dans la lecture des ordonnances classiques, écrites à la main. Car, c’est bien connu, la calligraphie n’est pas la qualité première des médecins.

Médecins dubitatifs

Toutefois, le responsable du projet pilote, le docteur Marzio Della Santa, se rend parfaitement compte que l’introduction de la carte sanitaire suscite quelques craintes.

«Nous sommes face à un grand changement, estime-t-il. Il est donc normal que nous soyons au début confrontés à des hésitations».

«Sur la base des adhésions à ce projet, je peux cependant affirmer que les signaux sont très positifs et qu’ils vont dans le sens d’un consensus autour des objectifs du projet et de la méthode utilisée», poursuit-il.

Certes, la carte électronique provoque quelques préoccupations chez certains médecins, surtout en ce qui concerne le temps passé à fournir les données. Suite à l’introduction du nouveau tarif médical (Tarmed), qui induit un travail administratif plus lourd, ils craignent que la nouvelle carte ne renforce encore cette tendance.

Mais cette crainte disparaîtra lorsque le personnel médical aura pu se rendre compte de l’utilité de la carte sanitaire pour sa propre activité, assure Marzio Della Santa.

Des données protégées

Les responsables du projet pilote (né en 1999 et accepté l’an dernier par le parlement tessinois) ont naturellement évalué très sérieusement le problème de la protection des données.

«Il faut tout de suite préciser que sont inscrites sur la carte uniquement les données autorisées par le patient, indique le docteur Della Santa. C’est lui seul qui décide librement de fournir ou non ses données».

Par ailleurs, trois niveaux d’accès sont prévus. Le plus bas permet une certaine liberté de lecture. Le second est réservé à un nombre limité de professionnels autorisés à lire les données. Enfin, le troisième niveau est protégé par un code connu uniquement du patient.

Changement de mentalité

Tout le pays observe cette nouveauté. «Dans un certain sens, les sollicitations et les attentions qui entourent le projet pilote tessinois nous honorent, déclare en souriant Marzio Della Santa. Nous croyons beaucoup en ce que nous faisons et nous menons cette expérience avec rigueur et sérieux».

«Notre but est de déterminer le niveau d’acceptation de la carte sanitaire et l’usage qui en sera fait, ajoute-t-il. Le défi n’est pas technologique, ainsi qu’on pourrait le croire de prime abord, mais culturel».

En arriver à un changement de mentalité demande beaucoup de temps. C’est pourquoi les premiers enseignements tirés de ce projet pilote ne sont attendus que pour le printemps 2006.

swissinfo, Françoise Gehring, Lugano
(Traduction: Olivier Pauchard)

Faits

Environ 2500 personnes prendront part au projet pilote dans la région de Lugano.
La phase d’essai durera 18 mois.
40 médecins et pharmacies, 7 hôpitaux privés et publics et 1 service d’assistance et de soins à domicile y collaboreront.

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