Prix du lait: le gouvernement fait un geste d'apaisement

Le gouvernement ne modifie pas le prix du lait. Keystone

Le Conseil fédéral a décidé mercredi de maintenir le prix-cible du lait à 77 centimes par kilo. Il renonce par ailleurs à augmenter au 1er mai 2001 le contingent laitier. Du côté des producteurs, ces décisions sont accueillies avec soulagement.

Ce contenu a été publié le 10 janvier 2001 - 17:22

Pour suivre les préceptes de la politique agricole 2002, le gouvernement entend intervenir le moins possible sur les prix du secteur agricole. Il convient désormais dans une large mesure aux milieux directement concernés de résoudre les problèmes.

Or, le Conseil fédéral constate que le prix du lait obtenu par les producteurs résulte de négociations entre partenaires commerciaux. Les marchés étant équilibrés, il n'y a donc pas de raison de modifier le prix-cible.

Ces décisions gouvernementales sont accueillies avec soulagement par la Fédération des Producteurs Suisses de Lait (PSL). Pour son directeur, Samuel Lüthi , «l'essentiel est sauvé». Une nouvelle baisse du prix du lait était en effet difficilement imaginable pour un secteur qui a régulièrement vu ses revenus baisser depuis quelques années.

Le maintien du prix-cible était par conséquent une nécessité. «Les producteurs de lait n'auraient d'ailleurs pas accepté qu'il en aille autrement», relève la PSL dans un communiqué.

Le Conseil fédéral a également décidé mercredi de renforcer la compétitivité et les prestations écologiques de l'agriculture. Les paiements directs vont augmenter de 200 millions de francs par an. Cela représente une augmentation de plus de 2 pour cent du revenu des familles paysannes. Une aide bienvenue à l'heure où les agriculteurs se plaignent de plus en plus de l'érosion de leurs revenus.

Dans cette optique, le gouvernement a modifié seize ordonnances. Ainsi, pour permettre aux producteurs suisses de viande et d'œufs de préserver leurs parts de marché, le prix-seuil des céréales fourragères sera réduit de 5 francs par cent kilos dès le 1er juillet. Le prix passera ainsi à 46 francs pour cent kilos.

Les efforts doivent aussi se poursuivre dans le secteur du «bio». Les contributions en faveur de ce type d'agriculture sont majorées dès janvier de 200 francs par hectare pour les cultures spéciales et les cultures des champs et de 100 francs par hectare pour les autres surfaces agricoles utiles.

La Confédération versera en outre 400 francs supplémentaires par hectare aux paysans pour des prestations d'intérêt général. Cette mesure représente une nouvelle étape en direction de la séparation de la politique des prix et de celle des revenus.

Toutefois, pour la PSL, «on ne saurait qualifier de positives les décisions gouvernementales concernant les paiements directs». La fédérations reconnaît certes que quelques adaptations vont dans la bonne direction. Mais, en règle générale, ces modifications n'apportent pas grand-chose aux producteurs de lait.

Comme l'explique Samuel Lüthi, la politique agricole 2002 est surtout favorable aux grandes exploitations et à l'agriculture biologique. Pour la filière laitière, le résultat est beaucoup plus mitigé.

Les producteurs entendent donc faire entendre leur voix lors des prochaines négociations sur le prix du lait au 1er mai prochain. La PSL estime en effet que «la situation économique généralement favorable, caractérisée par une augmentation des coûts et des salaires, tout comme la bonne santé du marché du lait et la difficile situation d'une grande part des producteurs en termes de revenu, plaident plutôt en faveur d'une hausse du prix du lait à la production».

Olivier Pauchard

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