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Recrudescence du hooliganisme en Suisse

La montée du hooliganisme n'épargne plus la Suisse. Une succession d'incidents ont terni récemment l'image du sport. Du football et du hockey sur glace en particulier.

Ces dernières semaines se sont, en effet, succédés l'explosion du pétard dans le match de football Sion-Servette (à rejouer à huis clos, jeudi), les incidents à la sortie des rencontres du FC Bâle et surtout les débordements d'une trentaine de hooligans lors de la finale du championnat de hockey sur glace, à la patinoire de la Resega, entre Lugano et Zurich.

Entre le 31 mars et le 7 avril, le quotidien romand Le Matin a testé les mesures de sécurité dans trois stades: Tourbillon à Sion, Les Charmilles à Genève et La Pontaise à Lausanne.

Résultat: les reporters déguisés en hooligans ont pu faire entrer tout un arsenal d'armes et d'objets interdits, sans être inquiétés... A l'exception de La Pontaise, où le dispositif de sécurité a confisqué deux canettes de bière, un couteau suisse et un pistolet d'enfant.

Autant dire que les mesures de sécurité telles que les clubs les ont conçues relèvent plus de la théorie que de la pratique. Or, précise Edmond Isoz, directeur de la Ligue nationale suisse de football, «la sécurité incombe au propriétaire des lieux, en relation avec l'organisateur du spectacle, donc le club».

Dans ce sens, Grasshopper, à Zurich, a engagé des travailleurs sociaux pour éduquer ses supporters les plus violents. A Genève, Servette a délégué un ancien hooligan reconverti îlotier de proximité pour prévenir les débordements parmi les supporters.

En outre, une Centrale suisse anti-hooligan basée à Zurich est à l'état de projet avancé. C'est la Police de la Ville de Zurich qui gère cet organisme d'information (tél.: 01/216.71.11 ou 216.82.44), dans lequel plus de 200 personnes interdites de stade ou de patinoire sont d'ores et déjà fichées.

Et qu'en est-il de la sécurité dans une toute nouvelle architecture comme le temple St-Jacques, à Bâle? «L'absence de grillages diminue l'agressivité des spectateurs», explique Jan Petersen, responsable de la logistique de Basel United, la société qui gère le nouveau stade de football bâlois.

«Avant d'opter pour cette formule, souligne Jan Petersen, nous nous sommes longuement entretenus avec les fans-clubs. Ils savent que nous pouvons faire marche arrière en cas de débordements. Une telle approche de la sécurité marche bien en Angleterre.»

Emmanuel Manzi

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