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Revers pour Daniel Affolter dans l'affaire Kuoni

Daniel Affolter, président de Kuoni, se retire de la fondation Kuoni et Hugentobler

(Keystone)

Les autorités zurichoises ont rendu une première décision dans le bras de fer qui oppose le président du conseil d'administration à la majorité des ses collègues. Avantage, pour l'instant, aux administrateurs rebelles. Daniel Affolter se retire par ailleurs de la fondation qui contrôle le voyagiste suisse.

La décision qui est tombée vendredi revient en fait, à restreindre la liberté d'action de la fondation Kuoni et Hugentobler, et qui contrôle un quart des voix au sein du groupe Kuoni. La fondation devra en effet, lors de l'assemblée générale de mardi prochain, soit soutenir les propositions du conseil d'administration, soit s'abstenir.

C'est une mesure provisoire qu'a prise l'administration cantonale zurichoise, en tant qu'autorité de surveillance des fondations. Elle fait suite à la plainte déposée par la direction et cinq des huit administrateurs du groupe Kuoni contre les dirigeants de la fondation, leur reprochant de s'être octroyé une série d'avantages financiers.

Les autorités cantonales justifient cette décision par le fait que la controverse entre la fondation et le conseil d'administration pourrait nuire gravement à l'entreprise. Elles ajoutent, dans un communiqué, que pour l'instant «seul le conseil d'administration jouit de la confiance de la direction».

Les responsables de Kuoni, les dissidents, ont réagi en affichant leur satisfaction. «L'autorité de surveillance a suivi sur l'essentiel l'argumentation du conseil d'administration», a ainsi déclaré le vice-président, Heinz Müller. On les comprend: ils semblent désormais à l'abri d'un contre-putsch qu'aurait pu lancer Daniel Affolter mardi devant les actionnaires.

Tout autre son de cloche, évidemment, du côté de la Fondation Kuoni et Hugentobler. «C'est une décision purement politique, intenable juridiquement», commente Daniel Affolter. Ce dernier reste de marbre face aux appels à démissionner lancés par la majorité du conseil d'administration: "une démission n'entre pas en ligne de compte".

Il contre-attaque même, avec le soutien - semble t-il - des deux membres restant du conseil d'administration, tous deux étrangers. Il fait la liste des reproches qu'il adresse à la direction du groupe et lance, en évoquant une série de pertes financières, notamment en Scandinavie: «ils ont des fautes à cacher.»

Mais Daniel Affolter fait tout même un pas de côté, en se retirant, ainsi que sa femme, du conseil de fondation, qu'il présidait. « C'est pour permettre à la fondation de réagir comme elle le veut. Et pour me donner à moi aussi les moyens de me réhabiliter », précise t-il.

Le bras de fer, entamé à la fin de la semaine passée, est sans doute loin d'être terminé. Il reste aux dirigeants de Kuoni à obtenir une décision définitive qui aille dans le même sens que les mesures prises vendredi. Quant à leur demande de suspension du conseil de fondation, elle doit encore être sanctionnée par les autorités.

Mais les dissidents - qui ne le sont d'ailleurs plus tant depuis vendredi - sont décidés à poursuivre leur combat. Ils ont l'intention de convoquer, d'ici à l'été, une assemblée générale extraordinaire, avec pour but de déboulonner Daniel Affolter de son poste de président du conseil d'administration.

Pierre Gobet, Zurich


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