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SAirGroup dans la ligne de mire de la justice

(swissinfo.ch)

La débâcle du transporteur aérien suisse prend une tournure judiciaire. Le Ministère public zurichois a en effet décidé d'ouvrir une enquête pénale contre inconnu, suite aux difficultés financières du groupe, qui a annonçé il y a une semaine un trou de près de 3 milliards de francs.

Le procureur de district Hanspeter Hirt l'a confirmé mardi à swissinfo: une enquête pénale est désormais ouverte à Zurich dans l'affaire SAirGroup. «Nous voulons vérifier comment les actifs et les passifs ont été traités dans le bilan, explique le procureur. Il s'agit de vérifier si il y a eu des surestimations, si les passifs ont été présentés de manière trop défensive.»

Personne n'est visé, pour l'instant. «Si l'on constate que quelque chose d'anormal s'est passé, alors on se posera la question de savoir qui est responsable», précise Hanspeter Hirt. Et dans cette hypothèse, le procureur imagine plusieurs motifs de délits éventuels: la falsification de documents, la publication de fausses informations ou encore le paiement d'indemnités de départ injustifiées.

Hanspeter Hirt confirme également les informations, publiées par la presse, faisant état d'une plainte pénale déposée contre les responsables de SAirGroup par un avocat zurichois, qui souhaite rester anonyme: «Oui, une plainte a été déposée par un avocat, précise le procureur zurichois, et elle sera traitée conjointement à notre enquête.»

La pression augmente donc sur les responsables de SAirGroup, à deux semaines de l'assemblée générale des actionnaires du groupe. A la fin du mois passé, déjà, le Grand Conseil genevois avait donné de la voix, en invitant le gouvernement cantonal à intenter une action civile ou pénale contre les membres du conseil d'administration du transporteur et leurs prédécesseurs.

Et mardi, les députés vaudois se sont à leur tour prononcés sur ce dossier, sans toutefois aller aussi loin que leurs collègues genevois. La résolution, adoptée par 61 voix contre 54, demande au Conseil d'Etat de ne pas donner décharge aux administrateurs pour leur gestion durant l'exercice 2000.

Pierre Gobet, Zurich

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