Salaires dans le bâtiment : les syndicats font monter la pression

Plusieurs milliers de travailleurs de la construction ont débrayé et manifesté dans toute la Suisse lundi. En cas de blocage dans les négociations, le SIB pourrait recourir à la grève.

Ce contenu a été publié le 22 novembre 1999 - 17:48

Plusieurs milliers de travailleurs de la construction ont débrayé et manifesté dans toute la Suisse lundi. En cas de blocage dans les négociations, le SIB pourrait recourir à la grève.

Les syndicats ont voulu faire la démonstration de leur mobilisation et détermination. Selon Vasco Pedrina (à droite), la journée d’action nationale a été un succès. Au point qu’elle pourrait même servir de répétition générale dans l'éventualité d'un futur mouvement de grève. Le président du Syndicat industrie et bâtiment (SIB) attend avec impatience le résultat de la réunion mardi de la Société suisse des entrepreneurs (SSE). Cette dernière doit rendre public sa position à l’issue de son assemblée des délégués à Saint-Gall. Jusqu’ici, les propositions patronales se limitent à une augmentation salariale de 2 pour cent, à savoir 40 francs par mois pour chacun et un pour cent à titre individuel.

Répétée lundi à l’envie, la position du SIB est connue. Les syndicats exigent une hausse de salaire de 200 francs par mois pour les 99 000 employés de la construction dès janvier 2000. Une revendication que le SIB assortit d’une menace claire de dénonciation de la convention nationale pour avoir les mains libres et, le cas échéant, déclencher la grève. Le SIB demande également l'abolition des heures variables. La convention collective prévoit un maximum de 75 heures variables par année, mais le patronat souhaite faire passer cette limite à 200 heures.

La mobilisation syndicale a été particulièrement forte en Suisse romande et au Tessin où près de 4000 manifestants au total ont réclamé une augmentation générale de salaire. Appuyés par le SIB et le Syndicat interprofessionnel Syna, les travailleurs demandent à pouvoir bénéficier eux aussi du redémarrage qui se manifeste dans la construction après des années de profond marasme. «A l'issue de six rencontres entre partenaires sociaux, les négociations salariales sont toujours dans l'impasse. Nous attendons du patronat qu’il donne un signal clair de compromis», a déclaré Vasco Pedrina.

Après la manifestation nationale qui avait réuni 18 000 personnes le 25 septembre dernier à Berne, les travailleurs ont à nouveau exprimé lundi leur opposition aux propositions. Selon les responsables régionaux du SIB, près de 2000 travailleurs sont descendus dans la rue à Genève et environ 500 à Lausanne où s'étaient joints des employés valaisans. Dans le canton de Neuchâtel, 250 travailleurs ont manifesté sur le chantier de la N5 près d'Auvernier, alors qu'à Fribourg, une cinquantaine d'ouvriers et syndicalistes ont bloqué momentanément le trafic et distribué des tracts. A la douane de Vallorbe (VD), les représentants des syndicats devaient distribuer des tracts à quelque 3000 frontaliers. Le mouvement a également été bien suivi au Tessin où la manifestation a réuni un millier de personnes à Bellinzone.

En revanche, la mobilisation a été moins forte en Suisse alémanique. «En raison notamment des pressions exercées sur les travailleurs», explique Vasco Pedrina. A Bâle, il a lancé devant les 500 travailleurs présents que ceux-ci n'avaient pas à se plier au diktat du patronat. 200 travailleurs se sont réunis à Zurich-Oerlikon, alors qu'ils n'étaient qu'une cinquantaine en ville de Berne.

Pour le syndicat, il s'agissait aussi d'une sorte de répétition générale dans la perspective d'un éventuel mouvement de grève au cas où les négociations échoueraient définitivement et la Convention nationale (CN) serait dénoncée, a-t-il expliqué. Le SIB et le Syndicat Syna décideront respectivement vendredi et samedi s'ils acceptent une éventuelle nouvelle offre patronale. En cas de refus, ils se prononceront sur une dénonciation anticipée de la CN pour fin mars 2000. Une telle décision devrait alors ouvrir la voie à des mouvements de grève.

SRI avec les agences

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