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Les défis du futur de l’aide humanitaire suisse

La DDC s'est impliquée au Bangladesh afin que des victimes d'un cyclone puissent s'approvisionner en eau potable. Keystone

Manque d'eau, changement climatique et destruction de la biodiversité. Chef de la Direction du développement et de la coopération suisse (DDC), Walter Fust pointe les principaux défis de l'aide helvétique avant son départ.

Au moment de présider sa dernière Journée annuelle de l’Aide humanitaire, ce vendredi à Zurich, le directeur de la DDC a dit préférer se tourner vers l’avenir plutôt que de tirer un bilan de ses quinze années passées à la tête de l’agence humanitaire de la Confédération.

L’ambassadeur de 63 ans quittera en effet son poste à la fin avril pour occuper la fonction de directeur général du Forum humanitaire mondial à Genève, créé l’an dernier et présidé par l’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan.

«L’aide humanitaire a considérablement changé ces dernières années. La Nature des interventions n’est plus la même. Il y a moins de conflits entre les pays mais plus au sein des pays et les catastrophes naturelles augmentent sans cesse», estime ce dernier.

Il souligne également l’importance que revêt la position de la Suisse dans un contexte global, dans lequel l’harmonisation et la coordination des activités, ainsi que l’engagement ciblé des ressources ne cessent de gagner en importance.

Selon le Saint-Gallois, la Suisse a déjà contribué de manière significative dans ces domaines et va continuer d’œuvre dans cette direction à l’avenir.

De grands défis

Parmi les principaux problèmes qui entravent la coopération internationale, Walter Fust cite notamment le manque d’eau, le changement climatique et la destruction de la biodiversité.

«Huitante pays de par le monde sont confrontés à une grave pénurie d’eau». Et ce alors même que la population mondiale augmente d’un milliard d’habitants tous les dix ans.

Pour Walter Fust: «Seule une solidarité internationale ciblée nous permettra de relever ce défi».

Le Saint-Gallois considère que le respect des principes humanitaires reconnus est, lui aussi, en danger : «les conflits qui perdurent en Palestine, au Darfour et au Sri Lanka exigent des solutions à même d’apporter la paix à des populations civiles qui l’attendent depuis très longtemps».

«La Suisse est prête»

A Zurich, swissinfo a également pu s’entretenir avec le chef de l’Aide humanitaire suisse, Toni Frisch. Pour lui, il est nécessaire de réfléchir dès aujourd’hui au risque de politisation de l’aide humanitaire.

«Les principes de base de l’aide humanitaire – indépendance, neutralité et impartialité se perdent petit à petit», regrette-t-il tout en restant conscient de la nécessité de coopérer étroitement avec les autorités locales lors des interventions.

«Nous ne voulons simplement être parachutés quelque part et faire notre petite cuisine. Nous faisons partie de la famille humanitaire et travaillons avec des associés sur place.»

«Nous voulons aussi être aux côtés des ressortissants suisses plongés dans la détresse lors d’une crise ou d’une catastrophe», conclut Toni Frisch.

Ce mandat figure d’ailleurs explicitement dans le récent Message relatif à l’aide humanitaire.

swissinfo et les agences

L’Aide humanitaire suisse – qui fait parti de la Direction du développement et de la coopération – a pour mandat de sauver des vies et d’alléger les souffrances.

D’une part, elle apporte une aide directe après des catastrophes naturelles et dans le cadre de conflits armés, grâce notamment au Corps suisse d’aide humanitaire (CSA). D’autre part, elle soutient les organisations humanitaires partenaires dans leur mission de prévention et de résolution des conflits.

Le mandat de l’aide humanitaire de la Confédération est consigné dans la loi fédérale du 19 mars 1976 sur la coopération au développement et l’aide humanitaire internationales.

L’aide humanitaire peut en conséquence revêtir des formes différentes: prestations en nature telles que distributions de nourriture, contributions financières, envoi de spécialistes. Lorsque cela est indiqué, plusieurs types d’aide peuvent être combinés.

(Source: site internet de la Direction du développement et de la coopération)

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