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Légende de la mode Peter Knapp, la photo de mode en liberté

Photo de femme avec un curieux couvre-chef

Sunday Times, 1966.

(Peter Knapp)

Dans les années 1960, l’artiste suisse a bouleversé les codes de la photographie de mode et donné un nouveau visage au magazine «Elle». A Paris, la Cité de la Mode et du Design lui rend hommage. 

Jusqu’au 10 juin, la Cité de la Mode et du Design de Paris met Peter Knapp à l’honneur. Intitulée «Dancing in the StreetLien externe», l’exposition se concentre sur le travail photographique de l’artiste suisse durant les années 1960 et 1970, dans le milieu de la mode, en présentant une centaine de clichés pour la plupart inédits. 

Les images montrent des femmes sans gants ni chapeau, pieds nus sur la plage. Des filles qui marchent dans la rue la nuit, sautent, rient et même tirent la langue. Rien d’étonnant aujourd’hui, mais à l’époque, il s’agit d’une véritable révolution. 

Peter KnappLien externe arrive à Paris de sa Suisse natale en 1951, âgé de tout juste 20 ans. «L’éducation suisse nous poussait à finir notre formation à l’étranger, se souvient-il. On m’a conseillé Paris et j’ai choisi les Beaux-Arts pour faire de la peinture.»

Femme qui pose devant un fond à poins en portant une écharpe et des collants aussi à pois.

Pour Vogue, Rita Scherrer, Paris, 1967

(Peter Knapp)

Sur place, son diplôme de l’Ecole des Arts appliqués de Zurich, marqué par les principes du Bauhaus, le distingue. «Je suis bien tombé. J’étais un touche-à-tout qui avait fait de la typographie, de la photographie. Des collègues plus âgés m’ont immédiatement fait travailler comme graphiste.» 

Dans les années qui suivent, il exerce ses compétences dans l’édition, pour le magazine «Nouveau Femina» et pour les grands magasins Galeries Lafayette.

Témoin de l’époque 

En 1959, Hélène Lazareff, la fondatrice de «Elle», lui confie la direction artistique du magazine, qu’elle veut moderniser. L’époque est marquée par les débuts du prêt-à-porter. «Les filles s’habillaient en pantalons et ballerines, comme Audrey Hepburn, mais les photographes continuaient à les déguiser en bourgeoises», explique Peter Knapp. Hélène Lazareff, qui a travaillé aux Etats-Unis, souhaite que le magazine arbore une typographie plus anglo-saxonne. 

Côté images, elle ne veut plus de mannequins qui posent en studio dans des vêtements de haute couture. Le Zurichois dynamite la mise en page de l’hebdomadaire, invente un nouveau logo et réalise des clichés qui bouleversent les codes de la photographie de mode et lui assurent une renommée mondiale. 

Ces images vivantes, qui saisissent le mouvement, reflètent les aspirations de liberté de l’époque. Peter Knapp ne se considère d’ailleurs pas comme un artiste révolutionnaire, mais comme un simple témoin de son temps. «J’étais là au bon moment, dit-il modestement. Les filles commençaient à fumer, à faire du vélo et à courir au bois de Boulogne. Elles avaient envie d’autre chose. C’est ce que j’ai voulu montrer. Mon travail est le résultat logique de ces évolutions.»

Modèle photographiée en train de marcher
(Peter Knapp)

Peter Knapp quitte «Elle» en 1966 pour se tourner vers de nouveaux projets. «Au bout de six ans, l’impression de se répéter s’installe. Il très difficile de réaliser un très bon numéro de Noël pour la septième fois.»

 L’artiste devient réalisateur pour Dim Dam Dom, une émission de la télévision française consacrée à la mode devenue culte. Il peint, filme, dessine, photographie, collabore avec de grands magazines dans différents pays. «Je ne suis pas attaché à un outil en particulier, précise-il. Ce que j’ai toujours voulu faire, c’est m’exprimer à travers l’image», quel que soit le support. 

Œuvre protéiforme 

Pour la marque de collants Dim, dans les années 1960.

(Peter Knapp)

Audrey Hoareau, co-commissaire de l’exposition et grande connaisseuse du travail de Peter Knapp, souligne ces multiples facettes. «La peinture a, par exemple, nourri sa photographie. On le voit dans sa manière de photographier les matières.

Après son travail à ‘Elle’, il s’est consacré à une œuvre plus personnelle. Cette très large production reste pourtant peu connue. Une fois qu’un style vous est attribué, il est difficile de s’en défaire.»

A 87 ans, Peter Knapp ne renie pas pour autant ses célèbres clichés des années 1960 et 1970 et se dit ravi de l’exposition de la Cité de la Mode et du Design. Le choix des deux commissaires d’exposition, Audrey Hoareau et François Cheval, l’enthousiasme. 

«Avec l’âge, on élimine. On ne garde en tête que quelques images valables. Il est intéressant de voir qu’une nouvelle génération possède une autre vision. Cinquante ans plus tard, le choix se fait complètement différemment. Je redécouvre mon travail. Le résultat me surprend, mais me plaît beaucoup.» 

Parmi la centaine d’images retenues, l’artiste avoue une affection toute particulière pour celles réalisées en open flash (technique qui allie flash et temps de pose long) dans les rues de Paris, la nuit.

Jambes de femmes mises en scène de manière artistique.

Pour Pierre Cardin, Paris, 1970

(Peter Knapp)

Bonne nouvelle: prolongement de l’exposition, elles sont exposées sur le parvis de la Gare de Lyon. Avis aux voyageurs en provenance de Suisse.

EN QUELQUES DATES

1931: Naissance à Bäretswil, dans le canton de Zurich

1947-1951: Etudes à l’Ecole des Arts appliqués de Zurich

1951: Installation à Paris. Etudie aux Beaux-Arts

1959-1966: Directeur artistique du magazine féminin «Elle»

1965-1970: Réalise une quarantaine de films documentaires pour l’émission de télévision française Dim Dam Dom

1974: Première exposition personnelle importante à Bâle 

1974-1978: Retour à «Elle» en tant que directeur artistique 

2003: Réalise une série de trois documentaires sur l’histoire de la photographie pour TV5

2018: Exposition «Dancing in the Street, Peter Knapp et la mode 1960-1970», à la Cité de la Mode et du Design de Paris, du 9 mars au 10 juin


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