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Le CICR ouvre les archives sur l'holocauste au public

Mis bout à bout, les documents de l'horreur nazie s'étaleraient sur 26 kilomètres.

(Keystone)

Plus de 60 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ouvre les archives sur l'holocauste: 50 millions de pages de comptabilité macabre.

Très méticuleux et paperassiers, les Nazis conservaient en effet les traces écrites de leurs mouvements de prisonniers et d'esclaves et même des expériences monstrueuses auxquelles ils se livraient sur leurs victimes.

Les forces alliées ont commencé à collecter ces documents avant même la fin de la guerre. Ces archives sont aujourd'hui déposées dans la ville thermale allemande de Bad Arolsen, sous la responsabilité d'une commission internationale de 11 membres et gérées par le Service International de Recherches (SIR), qui dépend du CICR.

Jusqu'ici, ces papiers - où l'on trouve les noms de plus 17 millions de personnes – ont surtout été utilisés pour essayer de retrouver la trace des disparus ou pour étayer des demandes de dédommagements. Et seuls les membres du personnel du SIR pouvaient voir les originaux.

«Ces papiers sont vieux et donc fragiles, explique à swissinfo la porte-parole du SIR Iris Möker. C'est pourquoi nous n'autorisons généralement pas les gens de l'extérieur à les manipuler».

Travail de bénédictin

Depuis quelques années toutefois, sous l'impulsion du Département d'Etat américain, un mouvement s'est fait jour pour ouvrir ces archives au public. La décision a été formellement prise en mai 2006. mais elle a dû être ratifiée par les 11 membres de la commission. Dernière à donner son feu vert, la Grèce ne l'a fait que ce 28 novembre.

Le SIR n'avait pas attendu cette date pour mettre l'informatique à profit en vue de rendre les archives plus facilement accessibles. Dans les dix dernières années, 70% des documents ont été scannés et stockés sous forme numérique.

Un énorme travail, particulièrement délicat, car comme le rappelle Iris Möker, «chaque feuille doit être prise à la main, scannée et remise en place avec beaucoup de précautions».

Grâce à ce travail de bénédictin, les chercheurs qui se rendent à Bad Arolsen peuvent travailler sur un terminal d'ordinateur, qui leur donne déjà accès à plus de 30 millions de pages.

Un intérêt mondial

Il n'empêche que les conditions de travail ne sont pas idéales. Jusqu'ici, les archives n'ont été utilisées que dans des buts humanitaires. La recherche de personnes a été rendue relativement aisée, mais les besoins des historiens seront très différents, ce qui pose un gros problème à ceux qui gèrent cette masse de papier.

«Si nous devons complètement nous réorganiser selon les principes qui régissent un service d'archives, nous devons d'abord savoir ce qui va se passer dans le futur, par exemple si nous sommes appelés à devenir un fonds d'archives ouvert au grand public», explique Iris Möker.

Mais les historiens, eux, n'attendront pas. Les demandes de consultation des archives nazies arrivent déjà du monde entier à Bad Arolsen. Et l'ouverture du fonds devrait susciter un nouvel intérêt pour la période.

Un intérêt que salue par avance le président du CICR Jakob Kellenberger. «Cette sombre période de l'histoire ne doit jamais être oubliée», avait-il dit lors de l'annonce de l'ouverture des archives.

swissinfo, Julia Slater
(traduction et adaptation de l'anglais: Marc-André Miserez)

En bref

Le Service International de Recherches (SIR) est géré par le CICR et placé sous la supervision d'une commission formée de représentants de 11 pays: Allemagne, Belgique, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Grèce, Israël, Italie, Luxembourg, Pays-Bas et Pologne.

Jusqu'ici, le SIR a mis les archives nazies au service de la recherche de personnes et de l'établissement de dossiers pour les demandes d'indemnisation des victimes.

En 2000, lorsque l'Etat et les industriels allemands ont accepté de verser des dédommagements aux anciens travailleurs forcés, le SIR a eu à traiter 190'000 demandes en 18 mois.

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Personnes disparues

Le mandat du CICR comprend la recherche de personnes disparues lors de conflits entre Etats ou de guerres civiles.

Le droit international interdit en principe de faire disparaître des personnes et prescrit que les familles doivent être informées sans délai lorsqu'un de leurs membres est capturé, blessé ou tué.

Personne ne connaît exactement le nombre de disparus dans le monde, mais ils et elles se comptent certainement en centaines de milliers.

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