Navigation

Sauter la navigation

Fonctionnalités principales

Revue de presse FIFA: «and the winner is… Sepp Blatter»



Le président de la FIFA ne démissionnera pas.

Le président de la FIFA ne démissionnera pas.

(Keystone)

Le comité exécutif de la FIFA a adopté mardi à Zurich un nouveau code éthique et créé une commission de deux chambres. Le président Blatter a réaffirmé qu’il n’avait aucune raison de démissionner et, de manière générale, la presse suisse constate qu’il «tient bon dans une énième tempête».

Pour Sport Information, «le pari de M. Blatter est réussi et ces décisions s'inscrivent dans un processus de réforme né de sa réélection. Après le houleux congrès de Zurich en 2011, précédé d'une campagne électorale délétère entre le dirigeant valaisan et son concurrent qatari Mohamed Bin Hammam, le suivant fut celui de l'apaisement. Le processus de réformes a été adopté à la quasi-unanimité, et aucune voix discordante ne s'est élevée.»

Le code éthique prévoit notamment qu’il n'y aura plus de délai de prescription pour les affaires de corruption. La nouvelle commission d'éthique est constituée de deux chambres, d’instruction et de jugement. La première sera présidée par l'ancien procureur et ministre américain Michael Garcia. «Il devra enquêter sur des accusations de pot-de-vin éclaboussant plusieurs membres du comité exécutif de la FIFA lors d'un vote en 2010 pour l'attribution de la Coupe du monde à la Russie en 2018 et au Qatar en 2022», relève La Liberté.

La chambre de jugement de la commission d'éthique sera quant à elle présidée par le juge allemand Hans-Joachim Eckert. Deux figures qui viennent renforcer la «Commission d’audit et de conformité» pour matérialiser les nombreux appels à la transparence. «Son efficacité à restaurer la crédibilité de la FIFA sera jugée à la lumière des moyens financiers qui lui seront alloués lors d’enquêtes exigeantes», estime Le Matin.

Restaurer la crédibilité

Le commentateur sportif de la radio suisse romande s'est déchaîné sans pitié contre l'annonce fracassante de deux banalités: «Sepp Blatter ne quittera pas son poste. Il fallait s’y attendre, un bon capitaine ne quitte pas son navire qu’il a créé, façonné et dirigé de main de maître et sans partage depuis 15 ans. (…) Ensuite, la FIFA promet plus de transparence et le travail paraît colossal, irréaliste impossible, tant l’opacité, la suspicion et la méfiance ont été érigées en modèles dans cette institution.»

«Si elles veulent être crédibles, ses nouvelles instances indépendantes devront commencer par radiographier le passé du président», relève le Tages Anzeiger, estimant que que Sepp Blatter n’a aucune raison de pavoiser maintenant, «son passé étant trop diffus». Et de conclure que «la réforme est un pas considérable. Et non sans risque pour le président.»

«Un président qui se dit ‘heureux’ et se voit en réformateur tout en gardant fermement les rênes en mains», ironisent les Freiburger Nachricthen.

Sepp Blatter a surtout réussi une pirouette stupéfiante, juge le Bund, qui relève au passage «le remarquable décalage entre la méfiance du public envers lui et son pouvoir dans la clique du football mondial». «Il y a un an, ajoute le quotidien bernois, le Valaisan de 76 ans était réélu pour un quatrième mandat, grâce au soutien constant de beaucoup de petits pays. Comment fait-il? La question fait l'objet de beaucoup de rumeurs et de conjonctures…»

La Liberté relève un timing difficile. «La FIFA traverse actuellement de nouvelles turbulences avec les dernières révélations sur l'affaire, dite ISL, une ex-société détentrice des droits exclusifs sur la Coupe du monde accusée de pots-de-vin concernant le prédécesseur de Sepp Blatter, Joao Havelange, lequel aurait touché au moins 1,5 million de francs».

«Pas au courant des pots-de-vin»

«Je n'étais pas au courant des pots-de-vin», a martelé Sepp Blatter à l'issue de la réunion du comité exécutif. Interrogé sur le sort de son prédécesseur, ajoute Sport Information, «Sepp Blatter a botté en touche et souligné que le sort de Joao Havelange, actuellement président honoraire de la FIFA, n'avait pas été discuté au comité exécutif car ‘cette affaire concerne le Congrès’.»

 

A ce propos, le Blick salue tout de même «les gestes symboliques», en plus de la décision d’ouvrir des enquêtes de fond: João Havelange ne pourra pas rester président d'honneur plus longtemps. Et les salaires des dirigeants doivent être révélés. Même s’il n’est pas sûr que «cette décision historique lève tout à coup le voile sur tous les coins obscurs», c’est «tout de même un moment historique» qui devrait garantir «la transparence et la crédibilité».

Une chance à saisir

«Le président Blatter peut se frotter les mains, commente Le Matin. Ses promesses de campagne prennent forme. Reste qu’une justice privée – même sous bannière FIFA – ne possède pas les droits de son homologue publique. La Chambre d’investigation pourra-t-elle par exemple éplucher des comptes bancaires? Ces questions demeurent aujourd’hui en suspens. Tout comme celles du salaire des deux présidents de chambre ou de l’indépendance de leurs membres, tous issus de ‘la grande famille du football’.»

La Neue Luzerner Zeitung estime enfin que «Blatter devrait saisir la chance qui lui est offerte» par ces décisions. Il «ne devait plus perdre son temps à vouloir poser encore une fois sa candidature en 2015 comme il l’avait laissé entendre. S’il quitte la présidence à ce moment, il pourra se prévaloir d’être à l’origine de la création nouveaux instruments de lutte contre la corruption».

Scandales à répétition

2006: suite à la publication d’une enquête par le journaliste britannique Andrew Jennings, un comité d’éthique a été institué.

2008: procès à Zoug contre des officiels (non nommés) de la FIFA qui auraient empoché des millions de dollars dans l’attribution de droits TV à la société de marketing sportif ISMM-ISL, aujourd’hui en faillite.

2010: nouveaux scandale de corruption à propos du processus d’attribution des Coupe du monde 2018 et 2022 respectivement à la Russie et Qatar. Le Nigérian Amos Adamu et le Thaïtien Reynald Temarri auraient monnayé leur vote à des journalistes qui se faisaient passer pour des lobbyistes.

29 mai 2011: à quelques jours de l’élection du président du 1er juin à Zurich, le principal challenger de Joseph Blatter, Muhamed bin Hamman, est exclu de la course par le comité d’éthique, qui suspend également le vice-président Jack Warner, alors que Joseph Blatter est blanchi.

Juillet 2012: la BBC publie les attendus de la justice suisse, indiquant que le Brésilien Joao Havelange, 96 ans et président de la FIFA pendant 24 ans, jusqu’à l’élection de Joseph  Blatter en 1998, avait touché au moins 1,5 million de francs et son gendre Ricardo Teixeira, alors président de la Confédération brésilienne et vice-président de la FIFA, au moins 12,74 millions de francs de pots de vinen échange de l'obtention des droits exclusifs.

Fin de l'infobox

swissinfo.ch


Liens

Neuer Inhalt

Horizontal Line


subscription form - French

newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter gratuite et recevez nos meilleurs articles dans votre boîte mail.

Rejoignez notre page Facebook en français!

×