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La Suisse ne veut pas laisser tomber ses Juifs

Les symboles des grandes religions dans un cimetière à Emmen. Keystone

Les attaques d’islamistes ou de néo nazis contre des Juifs se font plus fréquentes en Europe. En Suisse, les Juifs doivent assurer eux-mêmes leur sécurité. Cela doit changer, demande une motion parlementaire.

Ce contenu a été publié le 07 mars 2018 - 17:15

Comme en Allemagne, en France ou dans d’autres pays d’Europe, en Suisse, les Juifs craignent pour leur sécurité. La protection des écoles juives, des synagogues et des maisons de retraite avec des caméras de surveillance, du personnel de sécurité et des sas d’entrée coûte des millions. Jusqu’ici, ce sont les communautés juives elles-mêmes qui organisent et payent ces mesures.

Contenu externe


Un député socialiste à la Chambre haute du parlement fédéral demande dans une motionLien externe davantage de protection pour les communautés religieuses contre la violence terroriste et extrémiste. Dans son exposé des motifs, il écrit que la menace s’est accrue pour les Suisses de confession juive, principalement du fait des extrémistes djihadistes. Et bien que la Confédération admette le danger et son devoir de protéger, elle n’a pris jusqu’ici aucune mesure.

En fait, tout le monde est d’accord

Lors du débat parlementaire de mercredi, personne ne s’est prononcé contre la motion.

Pour l’UDC (droite conservatrice) Erich von Siebenthal, l’inquiétude des Juifs de Suisse d’être victimes d’attaques djihadistes est légitime.

La Verte Lisa Mazzone a dit que la Confédération, les cantons et les communes devaient être rappelés à leur devoir. Ce que la motion demande, la Constitution oblige déjà les autorités à le faire. Et de rappeler que ce ne sont pas seulement les communautés juives qui doivent être protégées, mais aussi toutes les minorités menacées aujourd’hui ou qui risquent de l’être demain, comme les musulmans.

En fait, tout le monde est d’accord: le gouvernement aussi recommande d’accepter la motion. La ministre de Justice et Police Simonetta SommarugaLien externe a souligné que le Conseil fédéral prenait ces demandes très au sérieux. En 2017 déjà, il a créé un groupe de travail avec des représentants de la Confédération, des cantons et des communautés juives et musulmanes pour élaborer ensemble un concept de protection. Ce groupe rendra son rapport au printemps.

Simonetta Sommaruga a déjà pu présenter les premiers résultats: bien qu’une contribution financière de la Confédération aux frais de sécurité soit en général possible, il n’existe pas de base légale pour le personnel de surveillance et pour les mesures d’infrastructure sur le terrain. Le groupe de travail examine donc la création d’une telle base légale, mais pour cela, il faut une volonté politique.

Finalement, après la Chambre haute, la Chambre basse a elle aussi accepté la motion mercredi.

A quel prix?

Les Juifs de Suisse ne sont que 18'000. Si les coûts de sécurité étaient supportés par l’ensemble de la population, le montant par tête serait très faible.

La protection des musulmans pourrait être un peu plus chère: ils sont environ 450'000 en Suisse, eux aussi particulièrement menacés, par l’islamophobie et l’extrémisme de droite. En décembre 2016, un homme a tiré au hasard dans un lieu de prière musulman à Zurich.

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