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Sommet de l'information: l'UIT se tait ...

(swissinfo.ch)

C'est en 2003, en principe, que devrait avoir lieu le Sommet mondial sur la société de l'information. Deux villes, Genève et Tunis, se sont dites prêtes à l'héberger. Mais l'Union internationale des télécommunications tarde à prendre sa décision.

Flash-back. Juillet 2000. Le Conseil de l'UIT - autrement dit l'organe directeur de l'Union internationale des télécommunications - décide qu'un Sommet mondial sur la société de l'information sera organisé en 2003.

Son titre annonce qu'il y sera autant question des enjeux économiques et sociaux de la communication en voie de globalisation que des moyens technologiques permettant de combler le fossé numérique entre le Nord et le Sud.

C'est au secrétaire général de l'UIT, le Japonais Yoshio Utsumi, qu'il a été donné mandat de mener toutes consultations utiles concernant l'organisation, la préparation et l'ordre du jour du sommet. Avec deux précisions importantes: la décision doit être prise «si possible par consensus» et avant la fin de l'année 2000.

Or, depuis juillet dernier, aucune information n'a officiellement passé les murs de l'UIT. Le champ reste ouvert aux spéculations de toutes sortes. On pensait que le passage de Kofi Annan la semaine dernière en Suisse ouvrirait une bonne fenêtre à une telle annonce. Il n'en a rien été.

L'UIT restait d'autant plus muette ces jours-ci que son secrétaire général et plusieurs membres de son état-major se partageaient les présences à deux importantes réunions internationales au Brésil et au Kenya. Peut-être M.Utsumi y aura-t-il puisé quelques arguments décisifs pour faire enfin son choix entre Genève et Tunis.

Entre temps, on a entendu quelques rumeurs selon lesquelles certains suggéraient de partager la poire en deux, une partie du sommet en Suisse, l'autre en Tunisie. L'hypothèse n'est guère prise au sérieux. Pour paraphraser le commentaire d'un diplomate, on ne change pas de terrain à la mi-temps d'un match.

Officiellement, les dossiers de candidatures sont clos. L'UIT a tout fait semble-t-il pour qu'ils soient de part et d'autre les mieux documentés possible. Ne manquent que le verdict qui fera de Genève ou de Tunis la ville du Sommet, une date qui ne soit ni trop proche ni trop éloignée du grand rendez-vous quadriennal de Télécom déjà prévu à Genève à la mi-octobre 2003 et le nom de celui ou celle qui devra coordonner toute l'opération.

Quoi qu'il en soit, personne n'ose plus avancer le moindre pronostic et nul ne sait apparemment quand le secrétaire général de l'UIT tranchera dans le vif. Plus le temps passe, plus le choix lui sera difficile à faire. D'autres événements vont interférer dans sa prise de décision, à commencer par la perspective de sa propre réélection à la tête de l'organisation.

La Conférence des plénipotentiaires de l'UIT prévue en automne 2002 à Marrakech, au Maroc, doit décider en effet si oui ou non M.Utsumi se succédera à lui-même pour un second mandat. Là aussi il cherche le consensus. Et l'on comprend mieux tout ce qu'il y a aujourd'hui de très inconfortable dans sa pesée des candidatures de Genève et de Tunis.

Bernard Weissbrodt


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