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Sursis pour le pôle français de Swissair

(Keystone)

Le parquet de Créteil a requis la mise en redressement judiciaire d'AOM-Air Liberté. In extremis, le deuxième pôle aérien français échappe à une liquidation pure et simple. Le Tribunal a fixé une période d'observation de trois mois. Ce qui devrait laisser le temps à l'entreprise de retrouver un ou plusieurs repreneurs.

Durant cette période, deux administrateurs judiciaires, Gilles Baronnie et Baudoin Libert, ainsi que deux représentants des créanciers, Gilles Pellegrini et Pierre Segui chercheront des investisseurs et des solutions pour le reclassement des salariés.

Cette décision était très attendue après le bras de fer qui oppose depuis vendredi - date du dépôt de bilan d'AOM-Air Liberté - les deux principaux actionnaires du pôle, Ernest-Antoine Seillière, patron des patrons français, et Swissair Group.

Depuis trois jours, les deux protagonistes s'intentent des procès en recherche de responsabilité à propos du crash financier du deuxième pôle aérien de l'Hexagone.

Alors que Swissair rejette la responsabilité du dépôt de bilan d'AOM-Air Liberté sur Seillière, le patron des patrons français estime que les Suisses ont renié leur signature et menace de donner des suites judiciaires à une affaire éminemment politique.

Très critiqué par les syndicats, Ernest-Antoine Seillière joue assez habilement sur la corde nationaliste pour faire porter le chapeau à Swissair. Il faut dire que le MEDEF, la principale organisation patronale française que dirige Seillière, a engagé un bras de fer avec le gouvernement Jospin sur le financement des 35 heures et le financement de la sécurité sociale.

En attaquant frontalement Swissair, Ernest-Antoine Seillière a tenté, avec un certain succès, de faire diversion.

La décision du Tribunal de commerce de Créteil ne doit pas déplaire au ministre français des Transports, le communiste Jean-Claude Gayssot, tête de Turc du patronat français. Gayssot menace de faire payer très cher la déconfiture d'AOM-Air Liberté.

Il faut dire que gouvernent Jospin ne veut pas se retrouver avec un conflit social dans le ciel aérien français à la veille du grand départ pour les vacances du mois de juillet. Reste à trouver un ou deux investisseurs assez courageux pour racheter deux compagnies aujourd'hui exsangues.

«C'est un ballon d'oxygène, mais il faut rapidement nous mettre au travail et envisager la suite», a déclaré à l'ats le délégué syndical CGT Paul Fourier. «Cela ne règle pas le problème de survie de cette entreprise».

Du côté des pilotes, on s'attendait également à ce sursis. «Ce redressement est la seule solution valable qui s'offrait aux juges», a réagi Jean Immediato du syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), lui-même à la tête, avec d'autres pilotes, d'un plan de reprise de la compagnie par les salariés (RES).

Jacques Allaman, Paris


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