Un bâtiment high tech pour la chimie à l'EPFZ

Le nouveau bâtiment du Département de chimie de l'EPFZ. EPFZ

Les chimistes de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich ont leur nouveau bâtiment. De conception révolutionnaire, les laboratoires y sont modulables.

Ce contenu a été publié le 31 octobre 2001 - 19:45

La réalisation de cet immeuble, installé à Hönggerberg, aura coûté presque un demi milliard de francs. Le concept, réellement nouveau, est probablement appelé à être copié dans le monde entier. Les laboratoires sont en effet totalement indépendants de l'enveloppe du bâtiment.

Les places de travail sont équipées de colonnes de service mobiles, suspendues au plafond. Ainsi, le gaz, l'électricité ou l'eau sont facilement disponibles partout où l'on en a besoin.

Grâce à ce système, l'installation, l'agrandissement ou le déplacement d'un laboratoire peut se faire en un temps record et pratiquement sans frais. Finie l'époque des labos traditionnels, avec leurs réseaux de câbles et de tuyaux qui courent dans les planchers ou dans les murs.

Laboratoires sur mesure

«Ce bâtiment symbolise bien la transparence, l'élégance et l'esthétique que nous recherchons aussi dans nos travaux», se réjouit le président de l'EPFZ Olaf Kübler.

«L'un des problèmes lorsque l'on fait de la recherche, c'est qu'un nouveau projet nécessite souvent un nouvel espace de travail. Ainsi, on dépense beaucoup d'argent à adapter des laboratoires», explique Wilfred van Gunsteren, doyen du Département de chimie.

Et de se réjouir à son tour: «grâce à ce bâtiment, nous allons à nouveau pouvoir régater avec les laboratoires concurrents au niveau mondial. Lorsque nous accueillerons un nouveau professeur, nous pourrons lui tailler un labo sur mesure en quelques jours. Et ceci représente un gain considérable en efficacité».

Un nouveau campus

Ce déménagement à Hönggerberg s'inscrit également dans la stratégie de l'EPFZ qui vise à concentrer les sciences de la vie sur un seul campus. «L'idée était de trouver un endroit où les biologistes, les chimistes, les physiciens et des gens venant d'autres départements puissent travailler ensemble», rappelle Gerhard Schmitt, vice-président de l'Ecole et responsable de la planification et de la logistique.

«Par exemple, poursuit Gerhard Schmitt, nous pourrons réellement utiliser les compétences particulières des chimistes dans le travail sur les molécules pour créer des synergies avec les biologistes et les physiciens et tout le monde utilisera les mêmes installations. Sans oublier les étudiants de ces trois disciplines, dont les cours sont le plus souvent communs dans les premières années».

Moins cher que prévu

Lorsqu'il sera achevé, le nouveau siège du Département de chimie ressemblera à une sorte de peigne à cinq dents, fait de verre, de métal et de granit. L'inauguration de jeudi et les portes ouvertes du week-end marquent la fin de la première phase de la construction, avec un bâtiment qui n'a encore que trois ailes sur les cinq prévues.

Son coût final - 486 millions de francs - est inférieur de plus de 100 millions à ce qui avait été prévu au budget. La seconde phase, qui sera achevée en 2004, devrait encore coûter 250 millions.

Le toit du complexe est équipé de cellules solaires, capables de produire 170 mWh par année, ce qui représente 60% de l'électricité nécessaire pour le seul éclairage.

Déménagement nécessaire

Le premier bâtiment de chimie de l'EPFZ, vieux de 115 ans, avait définitivement fait son temps. Installé en ville, il était devenu trop exigu et ne satisfaisait plus aux exigences de sécurité.

«Les appareils de mesure sont de plus en plus sensibles, explique Wilfred van Gunsteren. Par exemple, il n'était plus possible de faire de la résonance magnétique nucléaire avec des spectromètres qui enregistraient aussi le passage de chaque tram dans la rue».

Concepteur du bâtiment, Mario Campi a déjà travaillé 12 ans sur ce projet et se dit aujourd'hui heureux d'en voir le premier achèvement. «Ce que nous voulions avant tout, c'était changer le caractère de ce campus, installé à la campagne. En faire quelque chose de plus urbain. Et je crois que nous avons réussi», se félicite l'architecte.

Avec ses quelque 700 membres, le Département de chimie de l'EPFZ est l'une des plus grosses institutions de recherche au monde dans son domaine. Et lorsqu'il sera achevé, le campus de Hönggerberg doit être capable d'accueillir 10 000 personnes.

Vincent Landon

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