Un chantre de l'unité des chrétiens

Frère Roger Schutz était une figure emblématique de l'oecuménisme contemporain. En créant sa confrérie, il voulait trouver le chemin de la réconciliation entre les chrétiens.

Ce contenu a été publié le 17 août 2005 - 09:05

Roger Schutz-Marsauche est né le 12 mai 1915 dans le village vaudois de Provence, de père suisse et de mère française. De 1937 à 1940, il étudie la théologie protestante aux universités de Strasbourg et de Lausanne. Il projette de créer une communauté appelant à un renouveau liturgique et à la réconciliation entre les confessions.

En août 1940, il quitte la Suisse à bicyclette et s'installe, avec trois compagnons, sur un domaine agricole de la commune de Taizé, en Bourgogne, un village oublié de 200 habitants situé à quelques kilomètres de la ligne de démarcation franco-allemande.

Repli sur Genève


La jeune communauté cache des personnes fuyant les persécutions nazies, principalement des Juifs. Les dangers d'une arrestation se précisant, Roger Schutz se replie sur Genève de 1942 à 1944. Avec trois disciples, il mène une vie communautaire rythmée par les prières quotidiennes.

La libération de la France lui permet de retourner à Taizé. Au début, il célèbre seul les trois offices de la journée. Trois autres membres viennent bientôt le rejoindre.

La communauté s'agrandit peu à peu. En 1949, les premiers frères, d'origine évangélique, prononcent leurs voeux. Des catholiques se rallient toutefois rapidement au mouvement. Aujourd'hui, la confrérie compte une centaine de personnes provenant d'une trentaine de pays.

La communauté n'accepte pour elle-même ni argent, ni cadeau. Les frères renoncent également à tout héritage. Ils subviennent à leur propre existence tout en prêtant assistance à autrui avec le fruit de leur travail.

A côté de la vieille église du village, datant du XIe siècle, de jeunes Allemands ont construit en 1962 une «église de la réconciliation».

Pèlerins de toutes nationalités


En 1974, 40'000 jeunes de toutes confessions se rassemblent à Taizé. Roger Schutz y donne le coup d'envoi du premier «Concile oecuménique des jeunes». Le nombre des participants aux rencontres de Taizé s'acccroît continuellement. Au point de dépasser 5000 certains dimanches et 200'000 à quelques uns de la vingtaine de rassemblements européens organisés jusqu'ici.

La moitié des pèlerins viennent aujourd'hui d'Europe centrale et orientale. Des jeunes, surtout, de toutes les nationalités. Mais aussi de nombreux responsables protestants, catholiques ou orthodoxes.

C'est toute une vie monastique qui s'est développée à Taizé. Des frères partent pour le Tiers monde. Les plus hauts prélats visitent la communauté, du patriarche oecuménique orthodoxe Dimitrios au pape Jean Paul II.

En 1958, Frère Roger a d'ailleurs été l'une de premières personnalités que le pape Jean XXIII, à peine élu, a reçu en audience en signe d'ouverture oecuménique. Un lien fort s'est alors noué entre le pape catholique et le prieur protestant, lien renouvelé par Jean Paul II.

Nombreux ouvrages


Auteur de nombreux ouvrages théologiques et de spiritualité («La Règle de Taizé», «Vivre aujourd'hui pour Dieu», «Unanimité dans le pluralisme»), Frère Roger est connu pour son souci du dialogue oecuménique et pour l'hospitalité de sa communauté. Il a fait de Taizé un haut-lieu international du rapprochement interconfessionnel et du renouveau liturgique.

Cette ouverture d'esprit lui a valu en 1974 le «Nobel de la religion», c'est-à-dire le Prix pour les progrès de la Religion, créé par la Fondation Templeton. Roger Schutz a reçu, la même année, le Prix de la Paix de la Bourse des libraires allemands. Il a également reçu le prix UNESCO de l'éducation pour la paix en 1988 et le Prix européen Robert Schuman en 1992.

swissinfo et les agences

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