Une entreprise suisse produit légalement de l'héroïne

Quelque 1000 personnes sont actuellement au bénéfice du programme de prescription médicale d’héroïne. Keystone

Les programmes de prescription médicale d'héroïne quittent leur phase d'essai. Ils sont désormais alimentés par une firme privée.

Ce contenu a été publié le 04 janvier 2002 - 17:50

Diaphin. Tel est le nom de l'héroïne produite par une petite entreprise helvétique dont le nom ne peut être divulgué pour d'évidente question de sécurité. Un nom qui fait référence à l'appellation scientifique de la drogue, à savoir diacetylmorphine et qui a été inscrit dans le registre des médicaments.

Lancés en 1994, les programmes de prescription d'héroïne ont en effet quitté leur phase d'essai et démontré leur validité. L'Office fédéral de la santé publique (OFSP) a donc cherché une société privée qui prenne en charge la fourniture de la diaphin. Une prestation qui dépendait jusque là de l'OFSP.

15 francs le gramme

«Nous n'avons pas pour mandat de fournir des médicaments», précise Paul Dietschy, ancien responsable de ces programmes à l'OFSP. Une dizaine de sociétés ont été approchée en Suisse et dans le reste du monde.

«Mais notre appel n'a pas suscité un grand intérêt», précise Paul Dietschy. Le médicament produit doit être totalement pur et bon marché à la fois, soit environ 15 francs le gramme. Dans la rue, l'héroïne pure à 15-20% coûte environ dix fois plus.

En outre, le marché n'offre aucune perspective de développement. «Un peu plus de 1000 personnes sont actuellement au bénéfice en Suisse de ces programmes de prescription médicale d'héroïne. Un chiffre de ne devrait pas augmenter ces prochaines années», précise Paul Dietschy.

Ultime recours

L'injection d'héroïne sous contrôle médical constitue en effet un ultime recours pour des toxicomanes qui ont déjà épuisé toutes les autres méthodes pour s'en sortir, comme l'usage de méthadone en guise de produit de substitution.

Avec un tel programme, l'héroïnomane évite les surdoses et les infections dues à des seringues usagées. Il n'a également plus besoin de dépenser des fortunes pour sa drogue et quitte le milieu délinquant du marché noir.

«Vu la nette amélioration de l'état de santé de ces personnes, les assurances maladies ne devraient pas s'opposer au remboursement de la diaphin», estime Paul Dietschy. Ce printemps, l'Office fédérale des assurances sociales va en effet proposer aux assureurs de prendre en charge la diaphin.

Frédéric Burnand

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