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Une sortie logique qui n’empêche pas la déception

Tranquillo Barnetta après le match contre le Honduras: le rêve est fini.

(Keystone)

On y a presque cru, et pourtant il n’y avait guère de raison d’y croire, puisque l’équipe d’Ottmar Hitzfeld ne sait pas attaquer… C’est en substance le constat désenchanté que décline la presse suisse à propos de la prestation helvétique au Mondial.

A la Une du quotidien Le Temps, le dessin de Chappatte nous montre un supporter suisse tendance armaillis, cor des Alpes sur l’épaule, qui quitte dépité un stade dont dépassent moult vuvuzelas tonitruantes et festives…

Vendredi soir, le Honduras a balayé les espoirs de la Suisse sur un triste 0-0.

«Nous sommes dehors. Et on ne méritait rien d’autre», constate légèrement désabusé le quotidien de boulevard alémanique Der Blick.

«La Suisse sort par la toute petite porte», titre de son côté, c’est-à-dire en Valais, Le Nouvelliste. Pourtant, on peut y lire un peu plus loin: «Mais les hommes d’Ottmar Hitzfeld sortent la tête très haute d’un Mondial qu’ils auront finalement marqués par des matches peu ordinaires. Emotionnellement, c’était trop!» Etonnant paradoxe, car sortir la tête haute par une petite porte relève nettement de l’acrobatie.

Contorsions

C’est d’ailleurs justement à certaines contorsions journalistiques que se livrent un certain nombre de journaux. Comment dire que c’est fini, qu’on le regrette, que les joueurs suisses n’étaient pas très bons mêmes s’ils n’étaient pas franchement mauvais, mmh?

Ainsi L’Express de Neuchâtel titre-t-il sur une «Cruelle désillusion», tout en racontant à propos de la 2e mi-temps du match de vendredi soir une sorte d’épopée flamboyante: «Epouvantable. Epouvantable et somptueux spectacle. Colossal effort collectif. Qu’a-t-il manqué? La touche finale. Un poil, deux, peut-être de lucidité, dans la toute dernière vague». Oui… et surtout des buts.

Alors que La Tribune de Genève titre en affirmant que «Poussive et stérile, la Suisse tombe de haut», puis en additionnant les intertitres agressifs - «Pauvres en idées», «Une sélection nationale lourde et pataude» - le commentaire de Pascal Bornand est plutôt compréhensif: «En soi, cette issue n’est pas un échec. Il n’y a en effet rien de déshonorant à quitter la compétition quand on côtoie dans la charrette des éliminés des nations aussi prestigieuses que l’Italie et la France, les finalistes de la précédente édition. A la table des géants du foot, la Suisse reste un nain. Ce résultat, frappé du sceau d’une certaine logique dimensionnelle, ne suscite pas moins une immense déception.

Ah, l’Espagne…

Et les journalistes de se remémorer, un pincement au cœur, la victoire de la Suisse sur l’Espagne. «A quoi cela sert-il de gagner contre l’Espagne si c’est pour finalement échouer lamentablement dans la phase de groupe? Poser la question, c’est y répondre. A rien!», déplore Pascal Dupasquier dans un édito du quotidien fribourgeois La Liberté.

Et plus loin: «La frustration est énorme, les regrets colossaux et l’incompréhension tenaille nos esprits».

Il est rejoint par la Tribune de Genève. «C’est l’heure des regrets. Battre l’Espagne pour venir ‘mourir’ contre le Honduras, tel a été le sort de la Suisse. Il fallait marquer: les hommes de Hitzfeld n’y sont pas parvenus».

On semble vite oublier que la partition de l’équipe de Suisse face à l’Espagne n’a d’abord guère été convaincante, et que le but de Gelson Fernandez semblait tomber du ciel après une première mi-temps plus que faiblichonne…

Le Matin évoque d'ailleurs ce match qui fit tant rêver les fans suisses en disant qu'il s'agissait «presque d'un 'accident chanceux'».

Dans la Neue Zürcher Zeitung, on constate que le match contre l’Espagne a été trompeur. Et que lors du match contre le Honduras et dans cette difficulté helvétique à être offensive ne manquait pas que la volonté, mais aussi la créativité.

Des attaquants, où ça?

La meilleure défense est l’attaque, dit la sagesse populaire. Avec l’équipe de Suisse, c’est manifestement l’une mais pas l’autre.

Dans une tentative de premier bilan intermédiaire du Mondial, Ignace Jeannerat, dans Le Temps, parle de quatre leçons: «l’échec des équipes africaines, la vitalité des équipes d’Amérique du Sud et centrale, la fragilité des grandes nations européennes et, pour nous Suisses, une élimination logique au regard de nos béantes lacunes offensives».

«On le supputait. Le 0-0 de Bloemfontein l’a confirmé : la Suisse sait défendre, elle ne sait pas attaquer», lit-on dans La Liberté.

«L’élimination de la Suisse se solde par la faillite de ses attaquants qui ont joué 270 minutes sans trouver le chemin des filets. Nkufo n’a plus marqué depuis 451 jours, Frei depuis 290. Dans ces conditions, on pouvait toujours rêver…», écrit un Nicolas Jaquier très porté sur les chiffres dans le quotidien romand Le Matin.

Et maintenant?

Le même Nicolas Jaquier constate que l’Afrique du Sud aura marqué un cap, si l’on ose dire: «Hier soir, une génération – celle de Frei, Huggel, Yakin, Nkufo, Magnin – a peut-être pris congé, une page s’est tournée».

De son côté, la Berner Zeitung rappelle que les la Coupe du monde des moins de 17 ans nous avait démontré qu’une équipe suisse caractérisée par son «courage» et son «optimisme» peut exister. Il est donc temps d’opérer des changements… Et de constater que «Cette fois-ci, l'entraîneur à succès Ottmar Hitzfeld, avec son football défensif et réaliste, a échoué».

Et Ottmar Hitzfeld dans tout ça? Le traitement qui lui est réservé est tout de même meilleur que celui que subi le Français Domenech ces jours… Ainsi La Tribune de Genève lui concède-t-elle le statut de «faiseur de miracles», mais pas de «magicien».

«Le ‘meilleur entraîneur du monde’ a déçu dans ce Mondial, le premier de sa fabuleuse carrière. En homme intelligent, l’Allemand saura faire son introspection et tirer les leçons de son échec», nous dit La Liberté, qui opte donc pour un certain optimisme.

Bernard Léchot, swissinfo.ch

Mondial, groupe H

Chili - Espagne 1-2
Suisse - Honduras 0-0

Classement
1. ESPAGNE 3/6
2. CHILIi 3/6
3. Suisse 3/4
4. Honduras 3/1

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Huitièmes de finale

Uruguay - Corée du Sud 26.06 16h00

Etats-Unis - Ghana 26.06 20h30

Allemagne - Angleterre 27.06 16h00

Argentine - Mexique 27.06 20h30

Pays-Bas - Slovaquie 28.06 16h00

Brésil - Chili 28.06 20h30

Paraguay - Japon 29.06 16h00

Espagne - Portugal 29.06 20h30

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