«J’ai consciemment choisi cette voie»

Elle est mariée, a deux enfants, vit à Zurich et travaille à plein temps – pour la scientologie. Portrait d’une femme dont la vie et l’activité semblent proches de la perfection, mais qui œuvre pour une organisation qui reste controversée.

Ce contenu a été publié le 14 novembre 2014 - 00:00
swissinfo.ch
Juli Wunderer est une scientologue convaincue. ZVG


Elle a lu 18 livres de L. Ron Hubbard, écrivain prolifique et fondateur de la scientologie, et a suivi 20 de ses cours. Agée de 36 ans, Juli Wunderer est née en Allemagne, dans une famille de scientologues. Elle vit depuis 19 ans en Suisse et habite avec son mari – lui aussi scientologue – et leurs deux enfants dans le canton de Zurich. Pendant qu’elle travaille pour l’Eglise de scientologie et qu’elle continue de s’y former, ses enfants fréquentent une crèche privée proche du mouvement. 

«Nous menons une vie tout à fait normale. Le week-end, nous allons faire de la randonnée ou au cinéma. Nous entretenons de bons contacts avec nos voisins et nous avons beaucoup d’amis qui sont aussi des scientologues, mais pas seulement», raconte une Juli Wunderer un peu timide et sur la retenue, mais qui affiche toujours un sourire amical. 

Nous la rencontrons à l’Eglise de scientologie, dans un quartier commerçant de Zurich. Réceptionniste saluant amicalement, intense va-et-vient dans les corridors, discussions à la cafétéria, étudiants de tous âges très concentrés dans les salles de l’étage supérieur. Partout des photos, des conseils, des livres et des DVD du fondateur vénéré. Sur les murs, des organigrammes, diagrammes et indications qui doivent aider à s’élever, palier par palier. 

Juli Wunderer passe beaucoup de temps dans ces salles. Elle travaille en tant qu’auditrice, une sorte de directrice de conscience. «Ici, je peux aider les gens à se débarrasser de problèmes et d’anciens désaccords qui les bloquent, afin qu’ils puissent continuer à évoluer au plan personnel et aussi spirituel, et être heureux.» 

Durant ce qu’ils nomment l’«audition», les scientologues ont recours à un électromètre. C’est un appareil que les adversaires de la scientologie qualifient de détecteur de mensonge ou de charlatanerie. Lorsque l’aiguille de l’appareil bouge, cela devrait signifier que la personne auditionnée est émotionnellement «chargée». Juli Wunderer trouve cela génial. «Hubbard l’a étudié pendant des décennies, il fonctionne, je le sais de par ma propre expérience. Il ne s’agit pas de découvrir des mensonges, au contraire, mais de faire en sorte que les gens aillent mieux», déclare-t-elle. 

Une famille tout à fait normale 

En Allemagne, Juli Wunderer a fréquenté l’école publique. Même si elle était la seule scientologue de sa classe, cela n’a jamais fait débat. «Je ne me suis pas isolée», dit-t-elle. Ce qui a été difficile pour elle, c’est que la mère d’une amie proche avait interdit à sa fille de fréquenter une petite scientologue. «Ce fut ma seule expérience négative jusqu’alors», confie-t-elle. Elle avait dix ans. 

«Nous menions une vie de famille tout à fait normale. Ma mère utilisait de temps à autre des méthodes simples de scientologie pour résoudre les conflits», se souvient-elle. A 11 ans, elle a suivi, avec son frère, un premier cours qui devait l’aider à apprendre et à développer la confiance en soi. 

Juli Wunderer affirme avoir pu choisir sa voie en totale liberté. «Si mes parents m’avaient forcée, je me serais rebellée», assure-t-elle. Ses parents se sont séparés lorsqu’elle avait six ans. Son père n’est aujourd’hui plus scientologue. Elle a été pendant quelque temps en Angleterre, dans une école privée qui travaillait avec les méthodes d’apprentissage d’Hubbard. 

Cette liberté de suivre sa propre voie, elle veut aussi la garantir à ses enfants. «Chaque être humain a son libre arbitre. Je les laisserai aller là où ils le souhaitent. Ils restent quoi qu’il en soit mes enfants». 


Vrai ou pas? 

Lorsqu’on écoute cette femme délicate et courtoise, mais qu’on a en même temps à l’esprit toutes les critiques négatives qui circulent dans les médias à propos de la scientologie, on pense alors que quelque chose ne colle pas. Tout est-il vraiment libre? Pas de répression? Pas de lavage de cerveau? 

«Quand je lis des articles sur la scientologie, je constate sans cesse que beaucoup de choses ne sont pas vraies. Il y a des groupes d’intérêt qui n’aiment pas ce que nous disons, par exemple que l’on peut aussi être heureux sans drogue», souligne-t-elle. 

Et le lavage de cerveau? «Je trouve cela effrayant. Je ne me laisserais jamais dicter ce que je dois penser», dit-elle. On devrait aussi avoir le droit de s’exprimer. «Il ne s’agit pas de se soumettre, bien au contraire. Le but est de pouvoir s’autodéterminer.» 

Et l’argent que les gens semblent devoir dépenser? «Nous proposons aussi des cours avantageux pour 55 francs, des cours destinés à améliorer un peu sa vie. Les gens déterminent eux-mêmes ce qu’ils veulent. Notre famille n’est absolument pas endettée.» 

En tant qu’auditrice, elle ne paye pas les cours de formation. Mais son salaire est modeste. «Il ne suffit pas pour vivre. Mais mon mari gagne normalement», confie-t-elle. 

Recettes pour la vie 

Juli Wunderer semble satisfaite de sa vie et se qualifie de personne «équilibrée» avec relativement peu de problèmes. «Et quand ceux-ci surviennent, j’essaie de les faire disparaître et non pas de les laisser s’installer. Nous nous posons toujours la question de savoir comment les résoudre.» 

La scientologie propose-t-elle donc des recettes qui aident à mener une vie meilleure? «Absolument, répond Juli Wunderer. Nous ne sommes certes pas des gens parfaits, mais je serais une tout autre personne si ne n’avais pas appris tout cela.»

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