Virus de la grippe: Roche sous enquête en Chine

Keystone Archive

Roche a-t-il profité d'une panique causée par une maladie infectieuse pour promouvoir l'un de ses produits?

Ce contenu a été publié le 19 février 2003 - 16:44

Les autorités de la province de Guangdong ont ouvert, mercredi, une enquête. Embarrassée, la société suisse mène sa propre investigation.

Pour l'instant, la direction de Roche à Shanghai est avare de commentaires. «Nous menons notre propre enquête interne. Cela nous trouble. Nous suivons des règles éthiques très strictes. Nous vous communiquerons plus tard les résultats de nos investigations», assure Stella Gu, une porte-parole.

Selon la presse chinoise, des représentants de Roche auraient déclaré, lors d'une récente conférence de presse tenue dans la ville de Guangzhou, qu'une série de cas de pneumonie dans la province de Guangdong seraient dus à un virus de la grippe des plus dangereux.

De type aviaire, il serait semblable à celui qui avait tué, en 1997, plusieurs personnes à Hong Kong. Et avait forcé les autorités de l'ex colonie britannique à abattre 1,4 million de poulets.

Faire la part du vrai et du faux

Mais les représentants de Roche auraient ajouté que le groupe pharmaceutique suisse dispose d'un antibiotique efficace contre ce virus particulier: le Tamiflu vendu en Chine sous le nom de 'Da Fei'.

Aussitôt, plusieurs journaux de la province de Guangdong ont répandu ces déclarations attribuées à Roche sur leurs sites Internet. Et, d'après l'agence de presse chinoise Xinhua, les ventes de Tamiflu ont très vite doublé.

Aujourd'hui, les autorités sanitaires de Guangdong tentent de faire la part du vrai et du faux dans la propagation de cette rumeur.

Déjà cinq victimes

«Les responsables de Roche ont dit aux médias que leur médicament est efficace contre ce type de grippe. Et ce n'est pas correct», déclare Feng Xiaoming, un porte-parole du département de la Santé de la ville.

La police de Guangdong confirme l'ouverture d'une enquête. «Il est illégal pour une compagnie pharmaceutique de promouvoir de cette manière l'efficacité d'un de ses medicaments», estime l'un de ses directeurs.

Cette épidémie de grippe dans le sud de la Chine a, déjà, tué cinq personnes et en a envoyé plusieurs centaines d'autres à l'hôpital. La peur qu'elle suscite parmi la population est exploitée par des pharmacies et des producteurs de médicaments.

Plusieurs d'entre eux ont été condamnés à de fortes amendes pour des hausses abusives de leurs produits.

swissinfo, Georges Baumgartner, Tokyo

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