Zurich veut poursuivre les greffes du coeur

Les lieux de regroupement de la médecine de pointe donnent lieu à une belle empoignade en Suisse. Keystone

Le gouvernement zurichois a rejeté vendredi le concordat intercantonal sur le regroupement de la médecine de pointe et appelle à une renégociation.

Ce contenu a été publié le 15 juillet 2005 - 13:45

Dans le même temps, la directrice des affaires sanitaires du canton de Zurich a levé avec effet immédiat le moratoire prononcé il y a près d'un mois sur les transplantations cardiaques au CHU de Zurich.

La Convention intercantonale relative à la coordination et la concentration de la médecine hautement spécialisée (CICCM) est en passe d’échouer suite au refus exprimé vendredi par les responsables du canton de Zurich.

Même si ces derniers se sont dit prêts à renégocier les termes du concordat, la question des transplantations du foie et du cœur provoque encore et toujours la discorde.

A titre d’exemple, la direction de la santé du canton de Zurich a profité de l’occasion pour lever, avec effet immédiat, le moratoire sur les transplantations cardiaques à l'hôpital universitaire.

Pour mémoire, la suspension avait été décidée le 19 juin suite aux polémiques relatives au décès en 2004 d'une patiente transplantée avec un coeur d'un autre groupe sanguin que le sien.

Un refus motivé

S’exprimant devant la presse, la ministre zurichoise de la santé Verena Diener a justifier le refus zurichois en mettant en avant des questions de principe.

«Zurich dit oui à la concentration de la médecine de pointe, mais avec des critères clairs», a-t-elle précisé.

Or, durant les derniers mois, sous la pression de la Suisse romande, le comité directeur de la Conférence des directeurs cantonaux de la santé (CDS) a accepté que les transplantations du foie de donneurs vivants puissent continuer à être pratiquées à Genève et à Zurich.

La Confédération a accepté cette solution, alors qu'elle avait d'abord exigé leur concentration en un seul lieu, a critiqué Verena Diener. Zurich devait devenir le seul centre à pratiquer les transplantations du foie de donneurs vivants. En échange, il aurait cessé de transplanter des coeurs.

«Les règles du jeu ont changé durant le processus de ratification du concordat», a ajouté la ministre de la santé zurichoise. «C'est inacceptable. Cela montre qu'il n'existe pas une réelle volonté de concentration dans les cantons et à Berne.»

Au final, Zurich se dit prêt à renégocier le concordat avec les cantons. Mais le canton pose ses conditions. La médecine de pointe devra être concentrée à long terme sur deux centres, soit Zurich et en Suisse romande (Genève et Lausanne). La CICCM prévoyait de maintenir six centres, soit également Bâle, Berne et St-Gall.

De plus, la voix des cantons dont les hôpitaux universitaires accueillent des patients provenant d'un large bassin de population doit peser plus lourd que celle des autres cantons. Pour pouvoir entrer en vigueur, la CICCM devait être ratifiée par au moins 17 cantons, dont ceux qui abritent un hôpital universitaire.

Des réactions diverses

La Conférence des directeurs cantonaux de la santé regrette la prise de position zurichoise mais estime que l’accord n’est pas définitivement mort.

Les cantons qui ont accepté la convention ont un intérêt à ce qu'elle soit mise sur pied, a confirmé Cornelia Oertle, secrétaire centrale adjointe de la CDS. Il s'agit désormais de réexaminer le problème et de discuter des propositions du canton de Zurich.

Le comité directeur de la Conférence se réunira fin août. Des premières décisions pourraient alors tomber.

A Berne, la déception et l’irritation prédominent. Pour le directeur de la santé publique, Samuel Bhend, la convention est désormais caduque. Il en appelle à la Confédération, jugeant de nouvelles négociations inutiles.

Selon lui, il est clair que Zurich n'acceptera qu'un accord ne lui demandant aucune concession.

Président de la direction de l'hôpital de l'Ile, Urs Birchler enfonce le clou en affirmant que le canton de Zurich se surestime en voulant tout concentrer chez lui.

«Nous n'avons pas peur de la comparaison en terme d'économicité, de qualité et d'organisation», conclut-il.

swissinfo et les agences

En bref

- Le but de la Convention intercantonale relative à la coordination et la concentration de la médecine hautement spécialisée (CICCM) était, d’ici 2008, de regrouper les spécialités afin d'économiser de l'argent et d'offrir des traitements plus efficaces.

- Le moratoire sur les transplantations cardiaques au CHU de Zurich avait été décidé le19 juin suite aux polémiques relatives au décès, en 2004, d'une patiente transplantée avec un coeur d'un autre groupe sanguin que le sien.

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