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«Alliance des civilisations», la Suisse présente à Madrid

Le chef de gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero lors de son discours à Madrid.

(Keystone)

Un nouveau pas a été franchi mardi à Madrid, afin d'instaurer un dialogue constructif entre deux mondes, l'occidental et l'islamique, grâce à l'ouverture du premier Forum pour l'Alliance des civilisations.

Présente dans la capitale ibérique, la ministre suisse des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey a souligné les efforts de la Suisse pour faire cohabiter pacifiquement diverses communautés culturelles et religieuses.

Le premier forum de l'Alliance des civilisations a débuté en présence des représentants d'une trentaine de pays.

Son but est de lutter contre «l'intolérance, le radicalisme et le fondamentalisme», a déclaré le chef de gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, à l'origine de cette initiative.

«L'Alliance des civilisations prétend démontrer qu'il existe des voies pratiques de collaboration entre le monde islamique et le monde occidental qui démentent l'idée supposée d'affrontement inévitable entre civilisations et cultures», a notamment déclaré le Premier ministre espagnol dans son discours d'ouverture.

Présence de Micheline Calmy-Rey

Présente en Espagne, la ministre suisse des Affaires étrangères a cité la Suisse en exemple. Réussissant par le passé à concilier diverses cultures et religions, elle fait aujourd'hui face à de nouveaux défis comme l'islam.

«La Suisse a résolu ses conflits religieux en privilégiant un système qui empêche l'hégémonie d'une partie sur l'autre», a déclaré Micheline Calmy-Rey devant les quelque 350 personnalités venues de 60 pays. Mais sa diversité culturelle, si enviée à l'étranger, évolue au rythme des migrations, a-t-elle rappelé.

Avec plus de 20% d'étrangers, des langues étrangères à foison et une population musulmane qui atteint presque 5%, la Suisse comme d'autres pays fait face à de nouveaux défis.

Cette nouvelle diversité est perçue comme une menace par une partie de la population, a reconnu Micheline Calmy-Rey.

Minarets: ne pas dramatiser

La responsable de la diplomatie suisse a été reçue durant une demi-heure par le secrétaire général de l'Organisation de la conférence islamique (OCI), Ekmeleddin Ihsanoglu en marge du forum.

L'OCI, qui a sollicité cette entrevue, a fait part de son incompréhension concernant l'initiative populaire contre les minarets lancée par l'Union démocratique du centre (UDC / droite nationaliste).

La ministre a indiqué que le gouvernement «prenait très au sérieux cette initiative», a déclaré Raphaël Saborit, porte-parole du ministère suisse des Affaires étrangères. Elle a également rappelé à son interlocuteur le système de démocratie directe en Suisse et invité à ne pas dramatiser, se disant confiante en la capacité de jugement des Suisses.

A Madrid, Micheline Calmy-Rey a encore présenté quelques projets menés par la Suisse. L'un d'eux, dénommé Initiative de Montreux, concerne la coopération avec des organisations caritatives islamiques.

Lancé par le DFAE en 2005, cette initiative vise à renforcer la transparence en particulier dans le domaine des flux financiers de ces associations, alors qu'elles sont l'objet de méfiance depuis les attentats du 11 septembre.

swissinfo et les agences

Alliance des civilisations

L'Alliance des civilisations correspond à une idée lancée en septembre 2004 par le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero à la tribune de l'ONU quelques mois après les sanglants attentats islamistes de Madrid du 11 mars 2004 (191 morts) qui avaient traumatisé l'Espagne.

Cette idée, appuyée par le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, a ensuite reçu l'appui officiel des Nations unies. Plus de 70 pays ont adhéré à l'initiative qui dispose désormais d'un secrétariat dans le cadre de l'ONU.

Le secrétaire général de l'époque, Kofi Annan a lancé officiellement l'initiative en juillet 2005.

Le premier forum de l'Alliance qui se tient jusqu'à mercredi se veut une plateforme globale pour permettre à des responsables de la politique, des médias, de l'industrie ainsi que des personnalités religieuses de «parler franchement» sur le sujet.

La Suisse soutient l'idée «depuis ses débuts», a insisté le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) dans un communiqué publié lundi. Sa contribution s'élève à 300'000 francs.

Les Etats-Unis se sont eux déclarés intéressés mais n'ont pas adhéré formellement.

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