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«Il faut une action humanitaire au Népal»

L'armée népalaise à la recherche de maoïstes en février dernier.

(Keystone)

Walter Kälin en appelle à un plus grand engagement international au Népal. Le but: éviter une crise humanitaire parmi les personnes déplacées.

Le pays est en proie à un «climat de peur», explique à swissinfo le représentant spécial des Nations Unies sur les droits de l’homme des personnes déplacées.

Walter Kälin vient d’achever une visite de dix jours au Népal. Il s’est rendu dans plusieurs districts et a pu s’entretenir avec les personnes qui ont dû quitter leur maison en raison des combats entre la rébellion maoïste et les forces gouvernementales.

Il a également pu s’entretenir avec différents ministères travaillant sur ce dossier ainsi qu’avec des représentants de l’armée népalaise. En revanche, il n’a pas réussi à parler avec les rebelles.

Les conclusions de Walter Kälin interviennent seulement quelques jours après que la Commission des Nations Unie a accepté une résolution suisse réclamant le rétablissement de la démocratie et des libertés individuelles au Népal.

Menées par la Suisse, les négociations avec le Népal ont conduit à un accord prévoyant que les observateurs onusiens des droits de l’homme pourront se rendre dans le royaume himalayen.

swissinfo a rencontré Walter Kälin à Katmandou. Pour lui,la situation dans le pays est aujourd’hui «très difficile et dangereuse».

swissinfo: A votre avis, quelles sont les principales raisons qui expliquent les déplacements à l’intérieur du Népal?

Walter Kälin: Un grand nombre de personnes ont été déplacées en raison des violences et des menaces exercées par la rébellion maoïste. Toutefois, beaucoup de gens ont également peur d’être pris entre deux feux dans les combats opposant les forces gouvernementales et les maoïstes. Ce manque de sécurité rend beaucoup d’endroits inhabitables.

De nombreuses personnes déplacées ont quitté le pays pour l’Inde dans l’espoir d’y trouver du travail. Mais beaucoup d’autres sont restées au Népal. Leur situation est de plus en plus difficile. Des femmes sont mêmes forcées à se prostituer. La situation des personnes déplacées soulève de sérieux problèmes en termes de droits de l’homme et d’aide humanitaire.

swissinfo: Des personnes ont-elles aussi été déplacées en raison des menaces des forces gouvernementales?

W.K.: Beaucoup de gens ont peur des forces gouvernementales. Ils ont peur d’être pris entre deux feux ou d’avoir des problèmes pour avoir soutenu les maoïstes en leur donnant de l’argent et des vivres. Le fait est qu’ils sont souvent obligés de le faire et c’est ainsi qu’ils deviennent bel et bien pris entre les deux camps.

swissinfo: Avez-vous été choqué par l’évolution de la situation au Népal?

W.K.: Je ne m’étais jamais rendu au Népal auparavant et je savais à quoi m’attendre. Le principal motif de ma venue ici est de proposer des idées pour mener des actions. J’ai le sentiment que le problème des personnes déplacées a été jusqu’à présent négligé et que ce dont nous avons maintenant besoin c’est d’action. Nous devrions traiter le problème assez tôt avant qu’il ne se transforme en une véritable crise humanitaire.

swissinfo: Quelle sorte d’action prévoyez-vous?

W.K.: Jusqu’à présent, les agences des Nations Unies et les organisations gouvernementales sont surtout accordé au Népal une aide au développement. Mais maintenant, nous avons davantage besoin d’une aide humanitaire pour aider les gens à traverser cette crise.

swissinfo: Le roi du Népal Gyanendra vous a invité à vous rendre dans son pays, mais comment les maoïstes ont-ils réagi à votre visite?

W.K.: Je n’ai pas été en contact avec les maoïstes, mais je ne pense pas qu’ils étaient hostiles à ma visite, vu que je n’ai rencontré aucun problème de sécurité. Je souhaite que les rebelles acceptent ma demande, c’est-à-dire de respecter les principes de base du droit humanitaire international. S’ils le font, l’une des principales causes du déplacement sera presque certainement éliminée.

swissinfo: Mais ne pensez-vous pas qu’il aurait été important pour vous de dialoguer avec les maoïstes?

W.K.: Bien sûr, parler avec les deux parties est important. Le Népal vient d’accepter ce principe en signant un protocole d’accord avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les droits de l’homme. Cet accord donne à l’ONU et à ses observateurs dans le domaine des droits de l’homme un accès aux deux parties.

swissinfo: Depuis que le roi a imposé une censure complète de la presse, le 1er février, la situation au Népal est floue. Comment jugez-vous la situation sur place?

W.K.: Si vous restez à Katmandou et dans la vallée voisine, vous êtes dans un Népal, mais si vous quittez la capitale, vous être dans une autre sorte de Népal. La situation est en fait très grave à l’extérieur de la capitale. Il y a un climat de peur à tous les niveaux. La situation est très difficile et provoque beaucoup de soucis.

Presque tous les Népalais à qui j’ai parlé m’ont dit que leur seul souhait est d’avoir la paix. Ce pays se trouve dans une situation très difficile et très dangereuse.

swissinfo: Quel rôle la Suisse peut-elle jouer pour résoudre la crise au Népal?

W.K.: La Suisse peut jouer un rôle important. C’est par manque d’argent que peu de choses seulement ont été accomplies dans le passé. Dans l’un des camps, la moitié des personnes déplacées a des maisons, tandis que l’autre moitié doit vivre misérablement dans des tentes. En effet, l’argent manquait pour la construction de meilleurs abris.

La Suisse peut aussi jouer un rôle important pour la mise en œuvre du protocole d’accord concernant les observateurs des droits de l’homme, et la Suisse devrait le faire.

La Suisse a déjà joué un rôle très important en ce qui concerne la résolution de la crise au Népal. En fait, des efforts ont déjà conduit à une percée.

Interview swissinfo, Billi Bierling à Katmandou
(Traduction de l’anglais: Olivier Pauchard)

Faits

Le Népal est un pays prioritaire pour l’aide suisse au développement.
La Suisse a été active dans le royaume himalayen pendant plus de 40 ans. Ses différents projets et programmes ont toujours le même but: développer la capacité des partenaires à résoudre leurs problèmes eux-mêmes.

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En bref

- La Commission de l’ONU pour les droits de l’homme vient d’obtenir un accord. Le Népal autorisera des observateurs des droits de l’homme à sillonner le pays.

- Composée de six membres, l’équipe d’observateurs devrait commencer son travail à la mi-mai.

- Les maoïstes sont entrés en rébellion il y a une dizaine d’années. Ils veulent remplacer la monarchie par une république communiste. Ce conflit a déjà fait environ 11'000 victimes.

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