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A Gstaad, on ne veut pas rater la balle au rebond



Le tournoi de Gstaad est souvent tributaire de la météo capricieuse de l'Oberland bernois.

Le tournoi de Gstaad est souvent tributaire de la météo capricieuse de l'Oberland bernois.

(Keystone)

Gstaad, son cadre bucolique, son écrin glamour et luxueux, ses citoyens-stars et son traditionnel tournoi de tennis. Menacé de disparition il y a peu, l’Open de Gstaad est désormais promis à un bel avenir, veulent croire ses organisateurs.

Roy Emerson, Tony Roche, Rod Laver, Ilie Nastase, Boris Becker, Stefan Edberg, et, bien sûr, Roger Federer, vainqueur en 2004. Autant de grands noms qui ont contribué au rayonnement du tournoi de Gstaad, rendez-vous traditionnel du circuit masculin depuis 1915.

Si Gstaad peut s’enorgueillir d’un glorieux passé, le présent est un peu moins éclatant. Les têtes de série de l’édition 2010, qui se termine dimanche? Elles se nomment Mikhail Youzhny (ATP 14), Nicolas Almagro (18) ou encore Thomaz Belluci (22). Pas de quoi affoler les mordus de la raquette ni les midinettes.

Pourtant, du côté des instances dirigeantes, on se montre plutôt satisfait de la brochette présente dans l’Oberland bernois. «Des 44 tournois de la catégorie ATP 250 à (ndlr: qui rapportent 250 points à son vainqueur), nous sommes dans les dix meilleurs au niveau de la participation», assure René Stammbach, président de la Fédération suisse de tennis (Swiss Tennis).

Le tournoi de Swiss Tennis

Depuis 2006, René Stammbach est également président de l’Open de Gstaad. Alors que des menaces de délocalisation pesaient sur le tournoi, Swiss Tennis a en effet décidé d’en racheter les droits. Elle est ainsi propriétaire depuis quatre ans, à part égales avec Saanen, commune-mère de la station de Gstaad, du tournoi bernois.

La Fédération nationale a lâché 1,25 million de francs dans l’aventure. «Un très bon investissement», estime René Stammbach, puisque la société qui exploite le tournoi, à savoir Grand Chelem Management, reverse chaque année 125'000 francs à Swiss Tennis. En dix ans, l’opération de sauvetage aura été totalement amortie.

«L’intérêt de posséder un tournoi n’est pas uniquement financier, soutient René Stammbach. Grâce aux wild-cards à notre disposition, nous pouvons donner la possibilité à de jeunes joueurs suisses de participer à un premier tournoi d’importance». Le cas suisse est loin d’être isolé, puisque les fédérations française, anglaise, australienne et américaine sont toutes propriétaires de leur tournoi du Grand Chelem.

Changement de calendrier

Classé ATP 250, soit la moins bien cotée des nouvelles catégories du circuit masculin, Gstaad ne rivalise plus dans la cour des grands. Une situation qui ne perturbe pourtant pas Jean-François Collet, co-fondateur de Grand Chelem Management et directeur opérationnel du tournoi: «Nous voulons être un tournoi haut de gamme, de qualité, mais la taille ne nous intéresse pas vraiment».

Agendé traditionnellement après Wimbledon, l’Open de Gstaad a dû également bouleverser ses habitudes depuis deux ans suite à un remaniement du calendrier voulu par l’ATP. Il est désormais programmé à la fin du mois de juillet, alors que la majorité des joueurs ont déjà quitté la terre battue pour se projeter vers l’US Open et les surfaces dur.

Mais là non plus, on n’y voit aucun inconvénient. «Beaucoup de spécialistes de terre battue sont encore en Europe à cette période de l’année. Gstaad peut se profiler dans ce créneau unique», soutient René Stammbach.

Sans Stan ni Roger

Pourtant, même Stanislas Wawrinka, numéro deux helvétique et spécialiste de la terre battue, a décliné l’invitation cette année. Une décision «surprenante et incompréhensible» pour Jean-François Collet, tandis que René Stammbach évoque des circonstances atténuantes: «Stan est papa depuis peu et c’est la seule période de l’année où il peut passer un peu de temps avec sa famille».

Quant à Roger Federer, autre père célèbre, il y a très peu de chances pour qu’on le revoit un jour sur les courts de Gstaad. «Ca ne lui rapporterait rien en termes de points, soutient René Stammbach. De plus, il a une beaucoup plus grande affinité avec Bâle, ville où il a grandi et où il revient chaque année disputer les Swiss Indoors».

Bâle, précisément, l’autre tournoi masculin organisé en Suisse, longtemps dans l’ombre de Gstaad mais qui, tout auréolé de son nouveau statut ATP 500, évolue désormais un cran au-dessus de son cousin bernois. «Le retournement de situation a pris vingt ans. Alors que les anciens dirigeants de Gstaad n’ont pas réussi à maintenir le statut exceptionnel de leur tournoi, à Bâle, au contraire, sous l’impulsion de Roger Brennwald, les Swiss Indoors ont grandi avec succès», relève René Stammbach.

Pas d’inquiétude

Mais à l’heure de la globalisation du tennis et de l’intérêt toujours plus marqué des pays asiatiques pour ce sport, la Suisse, minuscule pays sur la carte du tennis mondial, a-t-elle réellement les moyens de s’offrir deux tournois d’envergure?

«Pour l’instant, la concurrence internationale ne nous inquiète pas vraiment, affirme Jean-François Collet. Certes, l’ATP est une institution globalisée qui lorgne de nouveaux marchés. Gstaad fait toutefois partie des membres fondateurs de l’ATP, qui attache une grande importance à la tradition du tennis».

Et Jean-François Collet estime que les atouts de Gstaad sont nombreux: «Le cadre est bucolique, le stade est construit au milieu du village, ce qui est unique au monde. Et l’accueil, tant pour les joueurs que pour les spectateurs, est de très grande qualité».

Un seul tournoi?

Avant qu’il ne dépose en 2008 les clés du tournoi féminin de Zurich, pourtant l’un des plus cotés de la planète, Beat Ritschard, son directeur, avait émis l’idée de réunir sous un même toit les trois rendez-vous tennistiques du pays. Une proposition qui n’a pas convaincu René Stammbach: «Ce n’est pas réalisable, pour une raison toute simple: il faudrait trouver une date disponible commune dans les calendriers masculin et féminin, ce qui est impossible à l’heure actuelle».

René Stammbach est convaincu que Gstaad et Bâle ont tous deux leurs raisons d’être. «On ne peut pas s’imaginer faire un tournoi en juillet à Bâle, car à cette période tout le monde est en vacances à… Gstaad», illustre-t-il.

Et René Stammbach veut même croire à un retour de la WTA en Suisse. Swiss Tennis envisage de racheter les droits d’un tournoi étranger pour parvenir à ses fins. Mais il faudra encore patienter un peu, car la Fédération vient d’investir cinq millions de francs dans l’agrandissement des infrastructures du centre national d’entraînement de Bienne.

«A Zurich, le tennis féminin n’a plus sa place. En revanche, dans d’autres villes, comme Berne ou Genève, ou dans une station du calibre de Saint-Moritz, l’idée me paraît réaliste», affirme René Stammbach . Le nouveau stade multifonctions de Bienne, destiné à accueillir notamment les rencontres de Coupe Davis, pourrait également faire l’affaire dès son achèvement prévu dans trois à quatre ans, estime le président de Swiss Tennis.

Samuel Jaberg, swissinfo.ch

TOURNOIS EN SUISSE

Gstaad. L’Open de Gstaad, qui se dispute en plein air et sur terre battue, a connu nombre de participants prestigieux depuis sa création en 1915. Disputé traditionnellement après Wimbledon, d’où son surnom du «Wimbledon des Alpes», le tournoi est programmé depuis 2009 lors de la dernière semaine du mois de juillet. Il est labellisé ATP 250 et sa dotation s’élève à 398'250 euros.

Bâle. Fondés en 1970 par le Bâlois Roger Brennwald, les Swiss Indoors de Bâle sont l’événement sportif le plus important organisé chaque année en Suisse. Depuis 2009, le tournoi de Bâle, troisième plus grand tournoi en salle du monde derrière Paris et Shanghai, est au bénéfice du label ATP 500 et d’une dotation de 2,6 millions de francs. Les Swiss Indoors se déroulent cette année du 30 octobre au 7 novembre à la Halle Saint-Jacques de Bâle.

Zurich. Tournoi du circuit féminin disputé en salle, l’Open de Zurich a vécu de 1984 à 2008. Mais un manque d’intérêt des spectateurs et des sponsors ainsi que des changements de calendrier engendrant des collisions dans l’utilisation du Hallenstadion ont contraint les organisateurs à renoncer à l’édition 2009.

Zurich bis. En mars 2010, le tournoi de Zurich a vécu une renaissance sous une toute autre forme. L’ATP a octroyé les droits à la Fédération suisse de tennis d’organiser une étape du Champions Tour, qui réunit huit anciennes légendes du tennis. En parallèle se dispute un tournoi réunissant les huit meilleurs joueurs mondiaux de moins de 18 ans. L’édition 2011 du tournoi se disputera du 8 au 12 mars 2011.

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