Il y a 30 ans, le printemps chinois écrasé par les tanks à Tiananmen

Le 30 mai 1989, des étudiants de l'Université de Pékin mettent la dernière main à la déesse de la démocratie érigée sur la place Tiananmen. Keystone / Jeff Widener

Les espoirs de réformes démocratiques sont plus faibles que jamais en Chine, 30 ans après le massacre de Tiananmen le 4 juin 1989. Retour avec les archives de la RTS sur 7 semaines de manifestations qui ont ébranlé le parti communiste chinois avant qu’il ne retrouve sa poigne de fer.  

Frédéric Burnand, Genève

«Tiananmen, un devoir de mémoire», titre le sinisant Frédéric Koller, ancien correspondant en Chine pour le quotidien Le Temps, dans un éditorial consacré à l’anniversaire d’une répression brutale qui n’a jamais cessé depuis. De fait, bien peu de gouvernements ont rompu la loi du silence imposée par Pékin, le nouveau géant planétaire. Une déférence également respectée par les organes de l’ONU dédiés aux droits humains, où le régime chinois avance inexorablement ses pions.

L’éditorialiste pose donc franchement la question en pointant la Suisse: «Alors pourquoi n’avoir pas 'tiré un trait depuis longtemps sur cette affaire', comme le disait le ministre de la Défense Ueli Maurer en visitant une division blindée à Pékin en 2016? Pourquoi ne pas recevoir le chef des armées chinoises ces jours-ci à Berne, quelques jours avant ce 4 juin fatidique? Pourquoi ne pas se contenter de regarder vers l’avenir? Pourquoi faudrait-il se souvenir qu’en ce printemps 1989 les Chinois tentaient de prendre en main leur destin avec ce fol espoir de liberté?»

Un espoir fou qui a médusé les chaines de télévision venues du monde entier pour couvrir la visite historique du président de l’URSS Mikhaïl Gorbatchev à Pékin:

Le reportage à Tienanmen de Joëlle Kuntz de la RTS diffusé le 14 mai 1989


Trois jours plus tard, le 17 mai, Joëlle Kuntz raconte l’immense soutien apporté par la population aux étudiants, face à une armée hésitante à réprimer, tout comme le parti communiste chinois.


Une effervescence populaire dont témoignent également ces images brutes tournée par l’équipe de la RTS.


Dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, des chars de l’armée écrasent le sit-in de la place Tienanmen installé depuis 7 semaines. C’est le début de l’implacable répression du mouvement démocratique à Pékin et dans les principales villes du pays.

Le reportage de la RTS diffusé en octobre 1989 par l’émission Temps Présent.

Alors pourquoi ne faut-il pas oublier «les âmes errantes du 4 juin» (l’expression citée par le journaliste Pierre Haski est du Prix Nobel de la paix Liu Xiaobo, mort en prison)?

Frédéric Koller répond à la fin de son édito: «Tout simplement pour se rappeler que les Chinois, un jour, pourraient décider de prendre une autre voie, comme ils voulaient le faire il y a une génération. Tout simplement pour ne pas se faire les complices d’un parti redevenu totalitaire et menaçant pour les démocraties. Alors souvenons-nous, avec les Chinois qui le peuvent.»

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