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«Attrape-le, c’est un pédé!»

Un cas particulièrement dramatique: une femme a menacé de lancer son chien sur un jeune homosexuel (photo d'illustration). Keystone

A Zurich, une femme lance son chien sur un jeune homme. C’est l’une des 95 attaques documentées en 13 mois par une coalition d’organisations suisses qui se battent pour les droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres.

Ce contenu a été publié le 04 mai 2018 - 15:05

Ce sont quelques secondes de peur et d’incrédulité que le jeune homme a vécu ce soir-là alors qu’il sortait d’un bar à Zurich. Comme il n’a pas réussi à évacuer les mots humiliants de sa tête, il a contacté la helplineLien externe mise à disposition de la communauté LGBT. L’affaire est ainsi documentéeLien externe, comme 94 autres.

«Le jeune homme était psychologiquement très affecté», se souvient René Schegg, qui a répondu à l’appel à l’aide à l’époque. René Schegg est le secrétaire général de Pinkcross, qui représente plus de 40 organisations de défense des minorités sexuelles. En enregistrant les cas, elles veulent montrer quand et combien de fois il y a eu des attaques contre la communauté LGBT.


Contenu externe

«60% des personnes qui nous ont contactées nous ont dit qu’elles ressentaient les effets psychologiques de l’agression», a déclaré René Schegg. La plupart des cas recensés (78 sur 95) concernaient des insultes et des injures. Elles étaient principalement dirigées contre les hommes (62). Dans 31% des attaques, il y a eu menace de violence – à l’exemple du cas de la femme avec son chien – ou une forme de violence physique. Une attaque avec une arme a également été enregistrée.

La moitié des attaques ont été perpétrées dans des lieux publics, dans la rue (36), dans les transports publics (7), dans un parc, dans une forêt ou dans des toilettes publiques (4). «Plus de 80% des victimes ne se sont pas rendues à la police pour porter plaine. Elles sont méfiantes ou pensent que l’infraction n’est pas pertinente du point de vue pénal», regrette René Schegg.

Le Conseil fédéral ayant jusqu’à présent rejeté l’enregistrement par la police des crimes motivés par l’homophobie, la bi ou la transphobie, des politiciens demandent au travers de plusieurs interventions, dont une initiative parlementaireLien externe, l’enregistrement statistique des crimes haineux fondés sur l’orientation sexuelle, l’identité de genre ou les caractéristiques de genre.

Les crimes pourraient ainsi être punis d’une peine pouvant aller jusqu’à trois ans de prison. Comme le temps nécessaire à l’élaboration du projet a été prolongé de deux ans, le Parlement n’examinera pas la proposition avant le printemps 2019.


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