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Avec Benoît XVI, peu d’espoir de changement

Un fidèle allemand prie en tenant l'image du nouveau pape. En Suisse, la ferveur est nettement moindre.

(Keystone)

En Suisse, l’élection du nouveau pape ne soulève pas l’enthousiasme. Les femmes chrétiennes sont même consternées.

Le choix d’un théologien conservateur déçoit ceux qui espéraient un changement. En revanche, il ravit les adversaires de l’Eglise catholique.

Dans une déclaration écrite, le théologien suisse Hans Küng observe que l'élection du cardinal allemand Joseph Ratzinger représente «une immense déception» pour tous ceux qui avaient espéré un pontife réformiste. Il ajoute toutefois que la fonction de chef de l'Eglise est un tel défi qu'elle peut transformer chaque personne choisie.

De leur côté, les évêques suisses sont optimistes quant à l'action future de Benoît XVI. Mgr Bernard Genoud, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg est même persuadé qu’«il va étonner». «Il reste un immense théologien, mais avec son élection, il devient le père et le rassembleur de tous les catholiques».

Le vaticaniste suisse Hans-Peter Röthlin est lui aussi convaincu que le nouveau pape «va surprendre positivement beaucoup de croyants». Joseph Ratzinger ne correspond pas à «l'Allemand froid» qu'il paraît être en public, a déclaré l'ancien secrétaire d'Etat du Conseil papal des médias à la presse alémanique.

Chargé d'information de l'Eglise catholique romaine de Bâle Ville, Xavier Pfister reste en revanche «plutôt sceptique». Selon lui, il y a peu de chances «qu’un théologien se transforme en homme du peuple». Il ne voit pas non plus de fondement à un engagement de Benoît XVI orienté vers l'avenir en matière de politique étrangère.

Déception des femmes

Du côté des femmes catholiques, c’est la désillusion. La ligne conservatrice attendue de la part de Joseph Ratzinger ne devrait pas améliorer leur position au sein de l'Eglise. «Maintenant, les femmes vont devoir attendre encore longtemps», regrette Verena Bürgi, présidente de la Ligue suisse des femmes catholiques.

Quant aux défenseurs de l’œcuménisme, ils manifestent leur inquiétude. Quarante ans après Vatican II, le Conseil oecuménique des Eglises (COE) souhaite que la relation «sincère» établie avec Rome se poursuive. En ce sens, il espère que le pape Benoît XVI se révélera différent du cardinal Joseph Ratzinger sur le plan du dialogue interreligieux.

Côté réformé, Joël Stroudinsky, président de l'Eglise protestante de Genève, n'a pas hésité à parler de «journée noire pour l'oecuménisme» dans une interview à la Télévision suisse romande (TSR).

La déception était aussi perceptible côté musulman. Rafic Ouardiri, porte-parole de la mosquée de Genève, a exprimé sur la TSR la «peur que le dialogue avec le monde musulman reste sur la forme sans aller au fond». Il a aussi rappelé l'opposition de Joseph Ratzinger à l'intégration de la Turquie dans l'Union européenne.

Pour sa part, la Fédération suisse des communautés israélites espère que le nouveau pape Benoît XVI poursuivra la voie du dialogue que Jean Paul II avait pratiquée avec le peuple juif.

Satisfaction des adversaires

Enfin, les milieux athées, eux, réagissent positivement à la nomination de Joseph Ratzinger. «En tant que non catholique, je suis heureux !», lance Enrico Riboni, ingénieur, passionné de philosophie et d’histoire, athée convaincu et animateur du site christianisme.ch.

«C’est merveilleux: un grand inquisiteur est élu, poursuit-il. Cela clarifie beaucoup les choses. Le pape précédent présentait une double image, à la fois rigoriste et populaire.»

«L’Eglise catholique a désormais le pape qu’elle mérite, ajoute Reta Caspar, membre de l’Association suisse de la Libre pensée. Benoît XVI est plus représentatif de la doctrine catholique que ne l’était son prédécesseur. Jean Paul II - l’homme - était sympathique, ce qui rendait le message moins transparent.»

La nomination de Joseph Ratzinger serait donc une erreur stratégique... «En devenant plus sectaire, l’Eglise catholique va perdre des fidèles, confirme Enrico Riboni. Dans une société démocratique, il sera sans doute difficile de s’imposer en tant qu’autorité morale si elle ne représente plus qu’un pourcentage infime de la population. Mais, en contrepartie, ses membres seront aussi plus déterminés.»

swissinfo et les agences

Faits

Les communautés religieuses en Suisse (Office fédéral de la statistique):
Catholiques: 41,8%
Protestants: 35,3%
Autres religions: 7,3%
Sans appartenance religieuse: 15,4%

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En bref

- 74% des catholiques suisses veulent un pape progressiste, selon un sondage Isopublic diffusé dimanche dernier.

- Une proportion plus forte encore chez les non catholiques: 79%.

- Les sondés ont plébiscité un changement de ligne en matière de sexualité.

- Au total, 87% des catholiques et 89% des non catholiques souhaitent que le souverain pontife lève l'interdiction d'utiliser des moyens de contraception.

- 74% des catholiques veulent que le nouveau pape laisse tomber le célibat des prêtres et 74% sont pour autoriser les femmes à devenir prêtre.

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