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Bâle: Le retour de Toutankhamon en Europe

Un mini sarcophage, l'une des pièces fortes de l'exposition.

(Musée des antiquités de Bâle)

Le rideau s'est levé mardi au Musée des antiquités de Bâle sur le retour de Toutankhamon en Europe, après vingt ans d’absence.

Si le célèbre masque mortuaire est resté en Egypte, l’exposition compte au total 120 trésors de plus de 3300 ans.

Il a fallu un entêtement certain pour faire sortir Toutankhamon d’Egypte: Zahi Hawass, président du Conseil suprême des antiquités d’Egypte, le reconnaît.

Cet entêtement, Peter Blome, directeur du Musée des antiquités de Bâle depuis 1993, l’a eu, en plus de disposer du soutien préalable du président du conseil d’administration de l’UBS, Marcel Ospel, qui avait promis son aide il y a trois ans déjà.

Lundi à Bâle, lors de la présentation de l’exposition «Toutankhamon, L’or de l’au-delà» à la presse, Peter Blome et Zahi Hawass se sont mutuellement félicités du succès d’une entreprise qui semblait perdue d’avance.

«Ne prononcez jamais ce nom!»

«Lorsque je suis allé pour la première fois parler avec Zahi Hawass, ce dernier m’a dit: ‘Oubliez Toutankhamon, ne prononcez pas ce nom, le sortir d’Egypte est exclu!’», a rappelé Peter Blome.

Après plusieurs tournées mondiales entre 1961 et 1981 – expositions qui ont notamment permis de collecter des fonds pour sauver les temples d’Abou Simbel – les Egyptiens avaient mis le holà après qu’une statue a été endommagée en Allemagne.

«Le Parlement avait décidé de ne plus laisser Tut», comme Zahi Hawass nomme le jeune pharaon mort à 18 ans aux alentours de 1323 avant notre ère.

Plusieurs nouveaux musées

Mais les Egyptiens veulent construire plusieurs nouveaux musées, dont l'un doit s’élever d’ici cinq ans près des pyramides, et rénover celui du Caire. «Nous avons besoin d’argent, Tut doit voyager», lance le bouillonnant Zahi Hawass.

C’est ainsi qu’après de longues négociations entre plusieurs comités différents, une liste d’objets exposables à Bâle a été signée le 5 octobre 2003. L’exposition suisse rapporte 5 millions de francs à l’Etat égyptien. Une somme qui sera affectée à un nouveau bâtiment au Musée égyptien du Caire.

«Nous avions demandé 33 objets, le Conseil nous en a prêté 15 de plus. C’est l’un des plus beaux cadeaux qu’un directeur de musée puisse recevoir», précise, encore ému, Peter Blome.

Bénéfice pas certain

Quant au budget global, estimé par plusieurs médias à 17 millions de francs, le directeur du Musée bâlois ne veut pas confirmer.

La garantie de prêt de 5 millions accordée par l’UBS reviendra à une garantie à fonds perdus si les rentrées financières sont insuffisantes. La valeur assurée des objets exposés est estimée à 850 millions de francs.

Quelque 500’000 visiteurs sont attendus de toute l’Europe. Environ 10% des réservations escomptées avaient été enregistrées avant l’ouverture de l’exposition.

Lignes simples et douces

Un parcours fascinant attend les visiteurs. Cinquante objets proviennent du tombeau de Toutankhamon découvert en 1922 et 70 d’autres tombes de la même dynastie, la 18e, du 15e au 14e siècle avant J.-C. Toutes les tombes ont été déterrées dans la Vallée des Rois de Louxor.

Au total, 120 trésors de toute beauté, pots à onguents, coffres, meubles, statues, bijoux, sarcophages, sont magnifiquement exposés sur 1000 mètres carrés.

Les raisons du succès de l’Egypte ancienne, outre l’attrait pour les croyances en l’au-delà, sautent aux yeux. Les lignes sont simples, douces, les couleurs – le bleu notamment - resplendissantes. L’esthétique est sans fioriture, plus facile d’accès que d’autres esthétiques liées au divin.

«Nous n’avons pas voulu axer le parcours sur la découverte du trésor par Howard Carter en 1922, comme l’avaient fait les précédentes expositions», a expliqué André Wiese, conservateur au Musée des antiquités et concepteur de l’exposition.

Toutankhamon a été remis dans un contexte plus large. Les évocations de la découverte de 1922, alors que bon nombre d’archéologues pensaient avoir «épuisé» les richesses de la Vallée des rois, ne sont toutefois pas totalement absentes du parcours, avec des photos d’époque et des rappels.

Une reconstitution

Le parcours est chronologique. Il commence avec les trésors retrouvés dans les tombeaux de Youya et Touya, beaux-parents d’Aménophis III, du «pharaon hérétique» Akhenaton ainsi que d’une sépulture de l’époque amarnienne, époque qui précéda directement le règne de Toutankhamon.

Toutankhamon clôt ce parcours, avec une reconstitution de la décoration de la chambre mortuaire du pharaon.

«Les connaissances actuelles nous permettent de savoir que l’emplacement prévu pour Toutankhamon, décédé subitement à 18 ans, n’était pas royal», explique André Wiese.

«Les contemporains ont pris un caveau destiné à un haut fonctionnaire et l’ont transformé en caveau royal. Presque chaque centimètre carré était occupé par des objets!», raconte l’égyptologue.

Intact grâce à Ramsès VI

Un trésor que Howard Carter retrouvera intact, exemple unique. Car, assez vite après la mort de Toutankhamon, Ramsès VI avait été enterré.

Son caveau avait bouché celui du jeune pharaon, le préservant des pillages et lui assurant cette nouvelle vie éternelle recherchée par les anciens Egyptiens.

Tous les objets déposés dans le caveau doivent aider le pharaon lors de son passage dans l’autre monde. Il y a donc les objets fabriqués spécialement pour la sépulture, des objets de la vie quotidienne ayant souvent appartenu au défunt, mais aussi de la nourriture et des onguents.

Selon André Wiese, l’équipement funéraire de Toutankhamon semble plus luxueux que celui de ses prédécesseurs. Les statuettes en bois représentant des divinités ou le pharaon sont richement dorées, au lieu d’être noircies à la résine comme auparavant.

Osiris, le dieu des morts associé au noir, avait en effet été relégué au second plan à l’époque amarnienne. Tandis que chez Toutankhamon, l’or omniprésent évoque la lumière.

«Tut» va donc une nouvelle fois «gagner le cœur du monde», selon les vœux de Zahi Hawass. L’Egyptien n’a pas caché ses autres souhaits: récupérer d’autres trésors placés (ou volés, selon les points de vue) dans des musées occidentaux. Premier de la liste: la tête de Néfertiti à Berlin.

En attendant, les archéologues continuent à faire des découvertes. Une équipe vient de mettre à jour une dizaine de classes d’école à Alexandrie, qui prouveraient que ce que l’on prenait jusqu’ici pour un théâtre antique était en fait un auditorium.

swissinfo, Ariane Gigon Bormann, Bâle

Faits

«Toutankhamon, l’or de l’au-delà» du 7 avril au 3 octobre au Musée des antiquités de Bâle
Entrée: 28 francs
Réservation au 0800 22 00 33 ou sur internet

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En bref

- Le tombeau de Toutankhamon a été découvert en 1922 dans la Vallée des Rois. Caché derrière celui de Ramsès VI, il est le seul à avoir échappé aux pillages et à être resté intact, avec momie et trésors.

- Pour la première fois depuis 23 ans, 50 objets provenant de la tombe de Toutankhamon sortent d’Egypte. La dernière exposition avait eu lieu en Allemagne en 1980/81 et un objet avait été abîmé.

- Le Parlement égyptien a finalement accepté de laisser ressortir quelques-uns de ces trésors, mais pas le fameux masque mortuaire, qui est presque un objet saint en Egypte.

- A Bâle, l’exposition comprend encore 70 objets provenant notamment des tombes de Youya et de Touya, beaux-parents d’Aménophis III et de celle d’Akhenaton.

- Les trésors exposés ont entre 3300 et 3500 ans.

- La prochaine destination de l’exposition «L’or de l’au-delà» n’a pas encore été déterminée. Il est très probable que Bâle soit la seule étape européenne. Les négociations sont en cours.

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