Une fondation pour des normes éthiques dans le numérique

«La Suisse, avec sa stabilité, sa sécurité et sa fiabilité, ainsi qu’avec ses universités de renommée mondiale, joue son rôle de facilitateur pour permettre une initiative tournée vers le progrès. Nous voulons promouvoir la transformation numérique et créer des conditions viables pour le futur avec toutes les parties prenantes et tous les partenaires». Le président de la Confédération Ueli Maurer lors du Global Digital Summit réunis à Genève. Keystone / Salvatore Di Nolfi

Siège européen des Nations unies, Genève accueillera une nouvelle fondation censée établir des normes éthiques dans la jungle du numérique. L'ancienne ministre suisse des télécommunications Doris Leuthard présidera son conseil de fondation. Un projet privé dont le lancement officiel et la présentation des premiers programmes aura pour cadre le prochain Forum de Davos en janvier 2020.

Ce contenu a été publié le 03 septembre 2019 - 15:29
Frédéric Burnand, Genève

L’idée est encore floue. Mais les personnalités réunies par la Swiss Digital Initiative (SDI) pèsent lourd. C’est Mark Walder, fondateur de l'association DigitalSwitzerland et directeur du groupe de presse Ringier, qui est à l'origine de ce projet.

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L'initiative a été présentée ce lundi dans le cadre du premier Swiss Global Digital Summit, qui a réuni à Genève une vingtaine de hauts cadres de l'économie mondiale, du monde académique et politique, notamment Brad Smith, président de Microsoft, des représentants de Facebook, du chinois Huawei ou de Google. A leurs côtés, Tidjane Thiam, CEO de Credit Suisse,  Sergio Ermotti, CEO d’UBS, Peter Maurer, président du CICR et Ueli Maurer, président de la Confédération.

Parmi eux se trouvaient également les premiers membres du conseil de fondation, soit Joël Mesot, président de l'ETH Zurich, Yves Flückiger, recteur de l'Université de Genève, Ivo Furrer et Marc Walder, de l’association DigitalSwitzerland. Un conseil appelé à s’étoffer qui sera présidé par Doris Leuthard, conseillère fédérale en charge des télécommunications jusqu’en décembre 2018.

Tant Brad Smith que Tidjane Thiam, CEO de Credit Suisse, ont souligné l’importance de promouvoir l'instauration de normes éthiques dans le monde numérique, communes aux entreprises du monde entier. Un engagement qu’on retrouve dans un communiqué complété par une foire aux questions (FAQ).

Que se soit le vol de données personnelles chez Facebook révélées l’année dernière par le scandale Cambridge Analytica ou le système de surveillance numérique développé par la Chine de Xi Jinping, les défis ne manquent pas.

Genève, qui abrite de nombreuses organisations internationales, s'est imposée pour accueillir cette initiative, selon Doris Leuthard. Il s'agit non seulement de créer des normes, mais surtout de les faire appliquer, a relevé l'ancienne conseillère fédérale.

«Le secteur technologique évolue bien plus vite que les politiques nationales. Le tout forme un système complexe. Mais pour que cela fonctionne, l’enjeu est d’avoir la confiance des citoyens. Pour cela, il faut s’assurer que les technologies ne soient pas abusives. Dans certains pays d’Asie, les citoyens ont confiance. En Europe, il y a davantage de sentiments négatifs. Nous voulons promouvoir le potentiel du numérique pour que ces technologies bénéficient à chacun», a déclaré l’ancienne conseillère fédérale, comme le rapporte Heidi News, un nouveau média en ligne basé à Genève.

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Cité par Le Temps, Marc Walder précise: «Notre but est de créer des standards, de ne pas se contenter de principes théoriques mais de faire des propositions très concrètes – par exemple des labels.»

Pour ce faire, la SDI compte s’appuyer sur les «principes clés» définis par le Groupe de haut niveau sur la coopération numérique établis par le Secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, dont fait également partie Doris Leuthard. Co-présidé par l’Américaine Melinda Gates (Fondation Bill et Melinda Gates) et le Chinois Jack Ma (Alibaba group), ce panel a précisé ses vues dans un rapport intitulé «L’ère de l’interdépendance mondiale».

«Sur un web de plus en plus éclaté, avec des gouvernements qui imposent leurs propres règles, notamment de censure, cette initiative a-t-elle des chances d’aboutir au niveau mondial?», se demande Le Temps.

Premières réponses en janvier à Davos lors du sommet annuel du Forum économique mondial.

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