Chanson romande en devenir

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L'année 2002 a vu la sortie de plusieurs albums de plus ou moins nouveaux venus sur le marché du disque made in Romandie.

Ce contenu a été publié le 24 novembre 2002 - 11:11

Parmi eux, Vincent Bumann, n'zo, Franck Lécole, Damien Thièry... Point de vue.

Pascal Auberson s'est illustré à Expo.02. Michel Bühler a égrainé ses mélodies de Lausanne à Paris, et Sarclo arpenté les scènes du pays. Pascal Rinaldi a sorti un nouvel et bel album... Et les nouveaux?

Ils arrivent. Avec plus ou moins de bonheur, plus ou moins de talent. Une indéniable volonté de dire et de chanter, mais parfois de la difficulté à trouver une patte originale.

Terriblement sage

Ainsi en est-il de l'album du batteur Enzo Miraglia qui, sous le pseudonyme de n'zo, publie un premier album en tant que chanteur: «Fenêtre sur vie» (Zedprod), dont il signe toutes les paroles et cosigne les musiques.

C'est joli, propre sur soi. Sympathique canzonetta quand repoussent les racines italiennes («Petite fille»), un peu racoleur quand la démarche se veut tubesque («Radio Blues»), et franchement agaçant quand le mélo mou l'emporte (plusieurs titres).

A l'heure des pop académiciens et autres pseudo pop-stars aseptisées, on rêve d'un peu plus de grain, de mots et de notes moins édulcorés.

Moulinette numérique

«Si je savais...» (Disques Office), l'album de Franck Lécole, bourré de bonnes intentions et de vrais sentiments, manque également d'âme et d'aspérités.

Si le piano reste son instrument de prédilection, les machines et les synthés gênent parfois. Trop de bidouillages? Non. Mais si les outils numériques sont formidables, il n'est pas aisé de leur donner vie. Propreté du son ne veut pas dire émotion.

Le single qu'il a produit dans la foulée de l'album est symptomatique. Alors que sa reprise acoustique et tendue de «Marie-Jeanne» de Joe Dassin (adaptation française de «Ode to Billy Joe» de Bobbie Gentry)... alors que cette reprise est parfaitement réussie, «Mon Père», extrait de l'album, une chanson au thème pourtant fort, pâtit d'une orchestration et d'un mixage sans âme.

Enfin, pour Franck Lécole comme pour n'zo, il manque pour le moment un vrai relief, une personnalité qui oserait s'affirmer au-delà de l'élégance de la voix et des arrangements. Sur disque en tout cas. Car sur scène, il semblerait que Lécole ait une présence incontestable.

Poète 'husérien'

Damien Thièry, d'origine belge, la joue nettement moins variété et résolument plus 'arty'. La pochette de son album, «Parchemins», qui s'ouvre sur un poème, est d'ailleurs particulièrement esthétique.

De chansons en chansons, les guitares tissent un univers riche, alternance et mélange de sons limpides ou saturés, autour d'une voix que souligne de vastes réverbérations. Et on se dit soudain que cela nous rappelle très fortement quelque chose...

Damien Thièry a enregistré son disque au studio de Jean-Pierre Huser. Et les musiques sont signées par le chanteur-peintre de Saint-Légier, escorté de l'ingénieur du son Bernard Amaudruz.

«Parchemins», c'est donc l'union - plutôt réussie - de deux univers. Celui des mots de Damien Thièry, et celui des notes et des climats de Jean-Pierre Huser.

Une voix sur la bonne voie

Le Valaisan Vincent Bumann a déjà une longue trajectoire en tant que chanteur, mais c'est cette année qu'il a osé son premier album: «La maison d'Angélie» (Disques Office). Et aux premiers vers de la première chanson «Hey, Jack Prek!», on tend l'oreille:

«Je te fais l'esquisse
D'un entre mes cuisses
L'esquisse d'un pèlerin
Explorateur et récidiviste».

Voilà qui nous change un peu. Cela sur un tempo de reggae jovial, auquel succédera un titre hispanisant et décontracté («Rouge»), puis un rock carré et rigolard («Art Plastic»)...

Diversité des genres qui peut étonner, mais à laquelle la chaleur de la voix et la qualité de l'écriture confère une réelle unité.

swissinfo/Bernard Léchot

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