Dragan & Madlaina primés à Genève

Un producteur, un comédien et un réalisateur heureux. swissinfo.ch

7e festival «Cinéma tout écran»: un prix du 'Meilleur film suisse de télévision de l'année' a été décerné pour la première fois. Kaspar Kasics à l'honneur.

Ce contenu a été publié le 25 octobre 2001 - 11:20

«Cinéma tout écran», qui se tient jusqu'à dimanche, est un festival voué aux films de télévision, c'est-à-dire produits pour ou par la télévision. Et comme en Suisse, SRG-SSR Idée suisse est devenu le principal bailleur de fond du cinéma d'ici, il était logique que le service public saisisse l'occasion de ce festival pour mettre en avant le résultat de ses efforts.

Le gratin du service public télévisuel était donc présent mercredi soir au cinéma Alhambra pour assister à la première remise de ce prix, doté par l'OFCOM, l'Office fédéral de la communication, prix qui est allé à «Dragan & Madlaina» de Kaspar Kasics.

Dragan et Madlaina: un couple pas banal

«Je suis originaire des Grisons», dit la noire Madlaina (Jennifer Mulinde-Schmid) lorsqu'on lui demande de quel pays d'Afrique elle vient. «Yougo de merde», répond Dragan (Branislav Trifunovic) lorsque Madlaina lui fait décliner son identité.

Le récit de Kaspar Kasics, planté dans un quotidien zurichois assez gris, nous raconte deux jeunes gens qui découvrent l'amour. Lui, émigré pour motif politique - il s'affirme déserteur de l'armée serbe - risque un renvoi dans son pays. Elle, enfant adoptée, vit dans un milieu apparemment bourgeois. Ce qui ne veut pas dire sans problèmes: «Offrez-moi un billet simple course pour l'Afrique!», jette-t-elle à sa mère qui lui reproche son manque de motivation au travail.

A la fois unis et isolés par leur liaison, difficilement acceptable pour leurs entourages respectifs -une black et un yougo!- ils vont prendre la poudre d'escampette. Le voyage sera difficile.

Ni comédie ni mélo, le film de Kasics, né à Interlaken en 1952, lorgne plutôt du côté du cinéma du réel. Et cela même si l'intrigue sentimentale qui le traverse lui offre de bonnes chances de toucher le public.

Un compromis qui n'est pas pour déplaire à Armin Walpen, directeur général de SRG-SSR Idée suisse: «C'est un film qui a une certaine qualité et qui est à la fois populaire. C'est ce que nous essayons de faire, des films, oui, mais qui puissent atteindre le public, voire le grand public».

Télévision et cinéma: complices et néanmoins méfiants

Lors de cette soirée genevoise, tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes cinématographico-télévisuels possible. L'ex-patron de la TSR Guillaume Chenevière, par ailleurs président de «Cinéma tout écran», félicite Armin Walpen pour son engagement en faveur de la culture helvétique en matière de 7e Art.

Armin Walpen se réjouit, à juste titre, que ce soit cette année une dizaine de téléfilms produits ou coproduits par les chaînes publiques suisses qui soient projetés dans le cadre du festival. Largement plus qu'il y a quelques années.

Mais c'est peut-être les mots de Léo Kaneman, directeur du festival, qu'il convient de retenir. Léo Kaneman qui appelle auteurs, réalisateurs et producteurs à passer sur leurs réticences à travailler pour la télévision. Mais qui, de l'autre côté, souhaite que la télévision accorde davantage de liberté aux réalisateurs.

Bernard Léchot

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