Ecône pourrait rentrer dans le rang

Don Bernard Fellay , successeur de Mgr Lefebvre, lequel s'était toujours refusé à renouer avec Rome. Keystone Archive

Des contacts sont en cours entre la Fraternité de Saint Pie X et le Vatican. Le Pape Jean Paul II a reçu le successeur de Mgr Lefebvre, Don Bernard Fellay, au cours d'une messe privée, en décembre. L'information n'a été rendue publique que ce mardi 20 mars.

Ce contenu a été publié le 21 mars 2001 - 08:20

Mgr Lefebvre, l'évêque fondateur de la fraternité traditionaliste de Saint Pie X qui a toujours refusé les réformes liturgiques du concile Vatican II et l'ouverture œcuménique, avait été excommunié en 1988 pour avoir nommé des évêques de sa propre initiative. Or ce privilège ne revient qu'au pape dans l'Eglise catholique. Jean Paul II avait donc clairement dénoncé un acte schismatique, dans un document officiel intitulé Ecclesia Dei. Ce fut la rupture. Par la suite, le pape essaya en vain, jusqu'à la mort de Mgr Lefebvre, d'obtenir de lui les mots de la repentance.

La rencontre du 30 décembre 2000 à Rome fut brève mais importante. Elle faisait suite à d'autres entretiens qu'avait eu un envoyé du pape, le Cardinal Castrillon Hoyos, au siège de la Fraternité Saint Pie X dans le canton du Valais. En fait, il existe une volonté bilatérale de retrouver la pleine unité.

Rome serait en train d'étudier un statut spécial pour la communauté d'Ecône. On évoque le statut de prélature personnelle du pape. Un statut dont à ce jour l'Opus Dei est la seule à bénéficier. La fraternité serait ainsi réhabilitée. D'après ce statut, en outre, elle n'aurait de comptes à rendre qu'au pape et échapperait au contrôle de l'épiscopat suisse.

Auparavant, il reste à résoudre la question des évêques nommés par Mgr Lefebvre et son successeur. Ce sera très certainement la partie la plus délicate des négociations. En ce qui concerne les divergences d'ordre liturgique, elles pourront être résolues par la voie du dialogue sans véritable difficulté, car le schisme était principalement d'ordre politique.

Georges Michel, Rome

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