Expo.02: J-K

J comme Jura, synonyme de «bateau pirate». Projet Expo.02

L'abécédaire d'Expo.02: J comme juste milieu ou Jura, K comme Kappel. Nelly Wenger, Frédéric Hohl et Daniel Rossellat divergent quant à la soupe au lait.

Ce contenu a été publié le 17 décembre 2001 - 14:53

J comme «juste-milieu»

Une expression très suisse. Avec les multiples contraintes qu'Expo.02 subit (plaire aux intellectuels et à la foule, coûter cher mais pas trop, etc.), joue-t-elle aujourd'hui la carte du «juste-milieu»?

«C'est la Suisse, hein?», constate Frédéric Hohl, résigné, qui voit dans le compromis helvétique notre façon de fonctionner. Nelly Wenger, elle, est catégorique: «Non, pas du tout!», s'exclame-t-elle, en précisant que l'ambition de l'objectif - le déplacement de plus d'un Suisse sur deux, sans compter les voisins étrangers - a contraint Expo.02 à viser la diversité: «pas de dénominateur commun, pas de moyenne, mais de la diversité, en fonction des différents publics, des différents âges et des différentes attentes.»

Daniel Rossellat reste réaliste: «je ne pense pas qu'on est dans le juste milieu. Mais je sais qu'on ne va pas plaire à tout le monde. Si le juste milieu c'est de faire un équilibre entre les opposants qui pensent qu'on en fait trop et ceux qui pensent qu'on n'en fait pas assez, je pourrais me rallier à cette vision-là!»

J comme Jura

Expo.02 sera constituée de quatre arteplages fixes, et d'un 5e, mobile, celui du Jura. Mais enfin... Un canton dont les militants ont endommagé le fameux «Fritz» des Rangier et volé la pierre d'Unspunnen a-t-il vraiment sa place à Expo.02? Mmmmh? «La création du Canton du Jura est un des événements majeurs de ces 30 dernières années», constate Nelly Wenger.

Le côté frondeur du dernier canton suisse en date est même plutôt sympathique à Daniel Rossellat: «les Jurassiens sont très attachants. Dans une famille, il est bon que tout le monde ne se ressemble pas, d'avoir quelques caractères différents. Un brin de turbulence ou d'insolence n'est pas pour me déplaire.»

Nelly Wenger le rejoint sur ce point, mais avec une touche de «politically correctness»: «Le Jura va nous permettre de porter un regard critique non seulement sur la Suisse, mais sur l'expo elle-même. Cela dit, je pense aussi que les Jurassiens doivent maintenant atteindre l'âge de la maturité, et que ce qui était de l'ordre du geste symbolique ne serait plus apprécié aujourd'hui». C'est compris?

«Sens et mouvance»

C'est la thématique qui sera développée par l'arteplage mobile jurassien. «Sens et mouvance», c'est-à-dire? «C'est l'idée du mouvement, de la mouvance, à l'image du monde contemporain: on ne peut plus choisir son port d'attache définitivement. C'est l'idée de la mobilité physique et intellectuelle, de la liberté de penser, de porter un regard différent», explique Nelly Wenger.

«L'arteplage du Jura va envahir les arteplages fixes et les perturber dans leur fonctionnement habituel. Il va transgresser des règles». Et Nelly Wenger de s'enthousiasmer à l'idée de la transgression: «je pense qu'on est trop empêtré dans nos systèmes et que, de temps en temps, quelqu'un qui secoue tout ça, c'est bien utile».

«Moi je préfère l'expression 'bateau pirate'. On comprend mieux ainsi le sens de cet arteplage», déclare Frédéric Hohl, qui aime la concision.

Réticences par contre chez Daniel Rossellat, qui voit là une thématique bien abstraite: «Bien sûr qu'on peut chercher un sens à tout, bien sûr que la mouvance permet d'imaginer plein d'éléments, notamment dans la façon d'avancer notamment sur le plan intellectuel ou physique... Ce n'est pas une thématique qui m'a beaucoup inspiré».

K comme Kappel, soupe au lait de Kappel

La Première Guerre de Kappel (1529) eut sa fameuse soupe au lait. Expo.02 a-t-elle la sienne? Autrement dit, Nelly Wenger l'est-elle? «Non, je ne crois pas, répond la principale concernée. Je peux être désagréable, je peux râler, je peux exiger, mais pas soupe au lait».

Un avis qu'elle est la seule à partager... «Oui, on peut le dire», répond Daniel Rossellat qui reconnaît à Nelly Wenger une belle énergie, mais aussi une certaine impatience et parfois «une humeur massacrante». Affirmatif, Frédéric Hohl l'est aussi, mais il personnalise moins: «Je pense que tout le monde est soupe au lait dans un projet où le stress vous suit 24 heures sur 24!»

Bernard Léchot

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

Partager cet article