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Fin de l'exil suisse pour des trésors afghans

Une des pièces du Musée de Bubendorf . (Photo: baselland.ch)

L'UNESCO estime que les autorités de Kaboul sont désormais en mesure de gérer les biens culturels actuellement exposés au musée de l'Afghanistan de Bubendorf, près de Bâle.

Les objets qui avaient trouvé refuge en Suisse seront donc rapatriés d'ici le printemps 2007. Ils avaient été sortis d'Afghanistan pour échapper à la destruction.

Le musée sur l'Afghanistan en exil - installé depuis octobre 2000 dans la campagne bâloise - fermera ses portes en octobre. Et les objets rares qu'il contient devraient rentrer au pays quelque mois plus tard, comme l'annonce mardi son directeur Paul Bucherer.

C'est l'UNESCO - l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation - la science et la culture qui a pris lundi cette décision, sur demande du gouvernement afghan.

C'était déjà sous l'égide de l'UNESCO que ces objets étaient arrivés en Suisse, entre 1998 et 2001.

Et ils n'y sont pas venus par hasard. Depuis le milieu des années septante, Paul et Veronika Bucherer animent en Suisse un Institut de l'Afghanistan.

C'est donc ses nombreuses relations dans le pays qui a valu à ce couple suisse d'être choisi tant par les Talibans que par l'Alliance du Nord pour conserver ces objets culturels.

De l'Antiquité à nos jours

Véritable carrefour des civilisations, l'Afghanistan a connu l'influence hellénistique dès le passage d'Alexandre le Grand.

Conservé à Bubendorf, un goulot de fontaine qui pourrait représenter la tête de Peritas, chien de combat du roi de Macédoine, rappelle ces époques lointaines.

On trouve également, parmi les objets exposés à Bubendorf, de petits bouddhas de pierre et de stuc, témoins des influences indienne, chinoise et japonaise.

Autre pièce maîtresse de la collection: la canne d'Abdur Rahman Khan, fondateur à la fin du 19e siècle de l'Afghanistan moderne, objet-symbole de son pouvoir, dont son fils Habibullah Khan se servit également comme sceptre.

Le Musée contient en outre des objets témoins de la vie quotidienne afghane, comme des pipes à eau, des bijoux, des monnaies, des tissus, des vêtements et une belle collection d'écrits, de miniatures et de photographies anciennes.

Reconstruire les bouddhas

Pour intéressante qu'elle soit, cette moisson semble toutefois bien maigre en regard des trésors disparus à cause des guerres et de la rage iconoclaste qui a animé une partie des anciens maîtres de l'Afghanistan.

L'exemple le plus frappant, ce sont évidemment les bouddhas de pierre géants du site de Bamyan, sculptés quelque 200 ans avant la naissance du Christ et dynamités par les Talibans en mars 2001.

L'UNESCO a un projet pour la reconstruction de ces statues, qu'elle avait inscrite au patrimoine mondial de l'humanité.

La Suisse devrait y participer financièrement, mais aussi techniquement, puisqu'un professeur de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich est parvenu, sur la base d'anciennes photos, à reconstituer les bouddhas en 3 dimensions sur un ordinateur.

swissinfo et les agences

Le patrimoine culturel afghan

Depuis la nuit des temps, l'Afghanistan est un carrefour de civilisations et son patrimoine culturel est unique.

Il reflète une histoire marquée, entre autres, par la Perse, la Grèce d'Alexandre le Grand, le Bouddhisme, l'Hindousime et l'Islam.

Une bonne partie de cet extraordinaire patrimoine a été anéantie par de longues années de conflits armés et par des destructions délibérées.

Après la chute du régime des Talibans, les autorités de Kaboul ont confié à l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) la coordination des activités menées au plan international pour la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine culturel afghan.

La réhabilitation du musée de Kaboul et le retour des biens culturels afghans figurent parmi les projets prioritaires.

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