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La douleur des victimes l'a emporté

Le pénitentier de Regensdorf, dans le canton de Zurich.

(Keystone)

Contre l’avis des spécialistes et malgré l’arsenal juridique en vigueur ou en préparation, les Suisses acceptent l’internement à vie des délinquants jugés dangereux et incurables.

A l’issue d’un débat marqué par la douleur des proches de victimes, l’émotion l’a emporté sur la raison.

L’initiative «Internement à vie pour les délinquants sexuels ou violents jugés très dangereux et non amendables» a passé la rampe malgré l’opposition quasi unanime de la classe politique et juridique. Seuls de petits partis d’extrême droite et l’Union démocratique du centre (droite dure) soutenaient le texte.

L’initiative avait pourtant recueilli pratiquement le double des signatures nécessaires, signe de la portée hautement émotive des arguments d’un comité d’initiative composé de personnes proches de victimes de grands criminels.

Révision du Code pénal

Il existe déjà un article du Code pénal qui permet de transformer une peine de prison en un internement de durée indéterminée si l’état mental du détenu l’exige.

De plus, selon le gouvernement, la révision complète du Code pénal, qui entrera probablement en vigueur en 2006, aurait fourni des instruments supplémentaires adaptés aux grands criminels.

Pour les adversaires de l’initiative, il n’est pas possible de refuser à un groupe de personnes – même s’il s’agit d’un nombre limité (une quinzaine par année) – la possibilité de changer, d’évoluer et de se racheter.

Cette mesure est en effet difficilement compatible avec le droit suisse et, plus généralement, avec les droits de l’homme.

Une autre réserve concernait la possibilité d’erreur. Comment rendre, en effet, un diagnostic définitif lorsque les avis des psychiatres divergent? Certains spécialistes croient en un diagnostic définitif, alors que d’autres estiment que se prononcer sur une période supérieure à un an relève déjà du hasard.

Des avertissements pour rien

L’avertissement d’une directrice de prison n’aura servi à rien. Celle-ci estimait qu’un détenu privé de toute perspective se transformerait tôt ou tard à un fauve prêt à recourir à la violence.

Inutile également l’avertissement selon lequel le risque zéro n’existe pas.

En fin de compte, les émotions suscitées par quelques affaires récentes ont prévalu sur les considérations des experts et sur leurs doutes.

Les noms de criminels tels que Michel Peiry («le sadique de Romont»), Werner Ferrari, René Osterwalder ou encore Erich Hauert («l’assassin de Zollikerberg») et le large écho que les médias ont donné à leurs forfaits ont pesé sur le résultats de dimanche.

Pratiquement sans soutien, le petit groupe des initiants, que tout le monde donnait pour battu, a finalement réussi à faire inscrire son texte dans la Constitution. Un authentique exploit, lorsque l’on sait que seules 14 des 158 initiatives présentées depuis 1891 ont passé la rampe du peuple et des cantons.

swissinfo, Mariano Masserini
(traduction: Olivier Pauchard)


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