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La Suisse recense les zones à risques dans les Alpes

En 2003, la canicule avait provoqué des chutes de pierres au Cervin.

(Keystone)

L'Office fédéral de l'environnement actualise sa liste des zones alpines particulièrement menacées par la fonte des glaces éternelles.

Le réchauffement du climat augmente les risques d'effondrements et de glissements de terrain notamment au-dessus de stations touristiques connues.

Tout récemment, la Suisse a retenu son souffle dans l'attente de la chute d'une énorme masse rocheuse qui, le 14 juillet, a fini par se détacher de l'Eiger au-dessus du village bernois de Grindelwald.

Il n'existe pas de statistiques en la matière, mais les spécialistes s'accordent pour dire que les éboulements augmentent dans les Alpes. Et de pointer du doigt le réchauffement climatique qui fait fondre le permafrost, dont les écoulements d'eau fragilisent les roches.

Le danger existe surtout pour les localités qui se situent au fond des vallées étroites. Parmi elles figure Zermatt (Valais), entourée par trois pans de montagne qui reposent sur du permafrost, a indiqué Adrian Aeschlimann, porte-parole de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV), confirmant une information de la «SonntagsZeitung».

Compléter la liste

La liste établie par l'OFEV mentionne également St-Moritz (Grisons), Saas Balen (Valais) et Kandersteg (Berne). Comme Zermatt, la commune grisonne est menacée par la disparition du permafrost. A Saas Balen, le risque est de voir la digue naturelle d'un lac de glacier situé en amont fondre et laisser passer les flots.

Kandersteg se situe aussi sous un lac. Dans ce cas, les spécialistes redoutent la chute de pans de roches dans l'eau, ce qui pourrait provoquer un raz-de-marée. La situation est la même pour les habitations qui se trouvent en aval du barrage de la Grande Dixence (Valais).

Le permafrost se forme à partir de 2300 mètres d'altitude en particulier sur les faces situées au nord et donc à l'ombre, explique Wilfried Haeberli dans les colonnes de la «SonntagsZeitung». Professeur de géographie à l'Université de Zurich, il a participé à l'élaboration de la liste des zones à risques.

Fonte croissante

La probabilité qu'un gros événement se produise augmente avec la fonte croissante de la glace, relève M. Haeberli. Et le risque ne porte pas seulement sur le fait que d'importantes masses de roches se détachent, mais que celles-ci provoquent des réactions en chaîne qui pourraient engendrer des dégâts dans les zones habitées.

Et M. Haeberli de citer un exemple survenu dans le Caucase. En 2002, un effondrement rocheux de quelques millions de mètres cubes survenu dans cette région a entraîné tout un glacier avec lui, provoquant un gigantesque glissement de terrain qui a totalement détruit une vallée de plus de 33 kilomètres.

La liste de l'OFEV va maintenant être transmise aux cantons qui pourront ainsi réviser leurs cartes des dangers. Celles-ci indiquent les lieux où il existe un risque d'effondrement rocheux, de glissement de terrain, d'avalanche ou d'inondation.

swissinfo et les agences

Faits

Le permafrost est présent dans l'arc alpin dès 2300 mètres.
Cette couche de glace et de neige permanente recouvre environ 6% du sol helvétique.
Les glaciers correspondent à 2-3% du territoire.
De 1985 à 2000, les glaciers suisses ont perdu 18% de leur superficie.
Ils résistent un peu mieux au réchauffement car la plupart sont en haute altitude.

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Eboulements

Le 14 juillet, une masse rocheuse de 400'000 m3 s'est effondrée de l'Eiger au-dessus de Grindelwald (Berne).

En juin, l'accès au Gothard a été bloqué des semaines après un éboulement qui a tué deux touristes sur l'autoroute à Gurtnellen (Uri).

En 2003, un éboulement s'était produit au Cervin et un pan de rocher avait détruit une galerie de la route du Grand-St-Bernard, près de Sembrancher (Valais).

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