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Le design suisse à l’honneur à Oslo



Doris Leuthard en compagnie de la reine Sonia lors de l’exposition à Oslo.

Doris Leuthard en compagnie de la reine Sonia lors de l’exposition à Oslo.

(Keystone)

La visite officielle à Oslo de la présidente de la Confédération comportait aussi son volet culturel. Accompagnée du roi Harald et de la reine Sonia, Doris Leuthard a inauguré une exposition de treize lauréats et nominés du Prix suisse du design 2009.

Treize projets sur trente-six sont présentés jusqu’au 24 octobre au Centre norvégien de design et d’architecture (DogA), une ancienne usine électrique en brique de 1898 magnifiquement rénovée.

En cette belle après-midi ensoleillée du vernissage, le tapis rouge est déroulé pour la présidente de la Confédération, visiblement très fière de présenter au couple royal les fleurons du design industriel helvétique.

Et de rappeler que Michèle Obama avait arboré une robe en dentelle de Saint-Gall pour l'investiture de son mari à la présidence des Etats-Unis.

Doris Leuthard a montré beaucoup d'intérêt, entre autre, pour les lunettes extra-plates, extra-légères et pliables, petit bijou de technologie et d'élégance créé par la start-up zurichoise strada-del-sole, qui a remporté six prix en cinq ans d'existence.

A la grande joie de la designer Sandra Kaufmann, qui n'arrive pas à y croire: «C'est extraordinaire de voir notre travail récompensé, c'est une chance inespérée pour notre petite entreprise. Et je dois dire que ce n'est pas tous les jours que je serre la main d'un roi!»

Heidi Wegener, curatrice du Prix suisse du design, déborde d'enthousiasme. «Le simple fait d’être nominé représente une grande reconnaissance car nominés et lauréats offrent la même excellence de la qualité de la production et de la finition, que ce soit pour un tracteur ou des textiles», déclare-t-elle.

Tous les «consacrés» bénéficient de l'important marketting de cet organisme qui, souvent en collaboration avec Présence suisse, présente leurs travaux dans le monde entier.

Une grande proximité

Benedicte Sunde, curatrice du DogA, renchérit: «Cette exposition est une comparaison très intéressante pour nous, qui avons également créé un prix de design depuis quelques années. De plus, le design suisse est très proche du design norvégien, avec des créations d’excellente qualité, solides, avec la même recherche de simplicité, de dépouillement des lignes.»

Mais comment définir le design suisse? Réponse de Heidi Wegener: «Il n’y a pas de style suisse, contrairement aux images suscitées par l’évocation du «design scandinave» (qui fait penser au bois) ou «italien» (qui évoque l’élégance). La Suisse a par contre une attitude design très développée, qui vient de nos racines de pays pauvre, sans matières premières, qui a dû lutter pour survivre avec rien. Il fallait créer des objets pour toute une vie, durables, indestructibles. En conséquence, dans le design contemporain, la forme suit la fonction. Il est élégant, certes, mais minimaliste et sans frivolité.»

Et le design norvégien alors? On parle plutôt des Suédois, Danois ou Finlandais… «C’est vrai que les autres pays étaient dominants dans les années 1950 et 60, répond Benedicte Sunde. Entre autres raisons, c’est parce qu'ils étaient dotés d’écoles spécialisées bien avant la Norvège. Mais cela a changé depuis une bonne dizaine d’années et nos créateurs sont maintenant présents eux aussi dans les grandes foires internationales, comme Milan ou Londres.»

Economie norvégienne moins diversifiée

Autre explication: l’industrie norvégienne a toujours été axée prioritairement sur la production d’énergie ou les technologies IT. C’est l’opinion de Max Breitenstein, architecte suisse installé depuis 1968 à Oslo. «L’industrie norvégienne est beaucoup moins diversifiée que dans les autres pays scandinaves. Ainsi, le meuble est un savoir-faire très ancien au Danemark, qui bénéficie d’une solide tradition.»

Par ailleurs, Max Breitenstein relève que les Norvégiens se sont intéressés depuis longtemps à l’architecture suisse. «Beaucoup ont étudié en Suisse ou travaillé avec des Suisses. Et les ils sont devenus des champions, quand on voit le nouvel opéra d’Oslo, inauguré en 2008. Oslo est une ville portuaire et cet opéra imposant est planté en plein dans le port. Je le vois chaque jour car je viens travailler en ville en bateau, comme tout le monde autrefois», note l’architecte.

«La population s’est littéralement appropriée l’opéra, les gens en sont très fiers et investissent les lieux nuit et jour, se promenant sur les longues rampes et sur le toit, relève Benedicte Sunde. Les familles viennent pique-niquer, c’est devenu un point de rendez-vous et cela a beaucoup élargi la mentalité des gens, sur le plan culturel.»

Le Suisse Serge von Arx, architecte-scénographe qui enseigne la scénographie en Norvège depuis 2007, partage cette admiration. «Mais la programmation ne suit pas vraiment, car trop classique, ajoute-t-il. Il faut dire que ce pays n'a pas de tradition d'opéra, mais plutôt musicale et théâtrale. Et puis les Norvégien ont une sorte de déficit identitaire, mais je pense qu'il y a beaucoup à faire ici.»

Le graphisme et la démocratie directe

On trouve beaucoup de designers suisses en Norvège, surtout dans le domaine du graphisme. Josef Leupi, originaire de Lucerne, y est installé depuis 1974 en tant que graphiste et enseignant en communication visuelle. «Je suis venu à cause d’une Norvégienne rencontrée à Paris pendant mes études!», confie-t-il en riant.

«Si on trouve beaucoup de graphistes, explique-t-il, c’est parce que la Suisse a toujours été unique dans ce domaine. Je pense que cela s’explique par la démocratie directe. Les gens votent plusieurs fois par an et il faut des campagnes d’affichage. Cela n’existe nulle part ailleurs et c’est ainsi que les graphistes suisses sont devenus très forts.»

Josef Leupi ajoute qu’il y a eu un grand précurseur suisse en Norvège. Bruno Oldani est arrivé à Oslo il y a cinquante ans. Avec deux comparses anglais et norvégien, il a contribué à développer la formation de graphiste et d’illustrateur dans ce pays. C’était un pionnier et il a attiré plein de Suisses dans son sillage.

DogA en deux mots

Le Centre norvégien de design et d’architecture (DogA) a été créé en 2004 par Norsk Form et le Conseil norvégien du design dans une ancienne usine électrique (1898) classée dans l’héritage culturel.

Siège des deux organisations, ce lieu de rendez-vous compte une salle d’exposition.

La rénovation signée par les architectes Jensen et Skodvin a été récompensée par plusieurs prix norvégiens d’architecture

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Prix suisse du design

Il réunit les différentes disciplines du design dans le but de promouvoir le dialogue entre les designers et les entreprises et de faire percer les visions, les travaux de recherche et les réalisations conformes au marché.

Il observe et marque le marché, récompense les performances exceptionnelles et incite sans compromis aux idées audacieuses qui préparent la pérennité du design.

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Lauréats 2009

-Marché: Paolo Fancelli
-Nouveau venu: Colin Schaelli
-Textile Design Award (Swiss Textiles & Zumsteg Foundation): Martin Leuthold et Schoeller Technologies AG
-RADO Product Design Award: Thomas Schaad, Urban Ahlgren, Alfred Alfred, Anna-Carin Neale.
- Merite: Albert Kriemler

Avant Oslo, l’exposition a été vue: American Institute of Architecture à Washington, University de Tongji à Shanghai, College of Architecture à Chicago, Pavillon suisse de l’Expo 2010 à Shanghai, Aéroport de Tempelhof à Berlin, Gewerbemuseum à Winterthour, Cité du Temps à Genève.

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à Oslo, swissinfo.ch


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