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Les 26 régimes différents de la Suisse religieuse

Détail de la couverture (TDG)

(Keystone)

Dans «Touche pas à mon dieu», le journaliste Jean-Noël Cuénod raconte comment chaque canton a sa façon bien à lui de régler ses rapports avec les institutions religieuses.

Alors que Genève célèbre cette année cent ans de laïcité, Nidwald, en revanche, considère toujours l'Eglise catholique romaine comme une «Eglise nationale»...

Il n'existe dans le monde que 3 Etats laïques, la France, la Turquie et... Genève. La Turquie a bien copié la France, mais contrairement à une idée préconçue, Paris, qui a voté en 1905 la séparation de l'Eglise et de l'Etat, n'a pratiquement joué aucun rôle dans la suppression du budget des cultes intervenue dans la Cité de Calvin deux ans plus tard, en 1907.

«En France, les catholiques étaient farouchement opposés à la séparation de l'Eglise et de l'Etat. En revanche, à Genève, les catholiques réclamaient cette séparation. Depuis près d'un siècle, ils étaient devenus majoritaires dans le canton, mais restaient pénalisés sur le plan électoral», souligne Jean-Noël Cuénod, par ailleurs éditorialiste à «La Tribune de Genève».

Une mosaïque infernale

Finalement le 30 juin 1907, les Genevois ne votent qu'à une très courte majorité cette séparation. Cette laïcité n'a guère inspiré les autres cantons romands, à l'exception de Neuchâtel, dans une certaine mesure. A Neuchâtel, si les Eglises protestante, catholique romaine et catholique chrétienne sont autonomes, elles restent néanmoins liées à l'Etat par un concordat.

«En fait, cette Suisse religieuse s'apparente à une mosaïque infernale. Chacun à un régime différent, et à ma connaissance il n'existait pas d'ouvrage, en français ni en allemand, faisant un état complet des lieux canton par canton», constate le journaliste.

Des exemples de cette diversité? Vaud reconnaît les deux Eglises chrétiennes officielles comme relevant du droit public. En revanche, ce canton n'octroie à la Communauté israélite qu'un statut d'intérêt public, pas de droit public.

Zurich, en revanche, reconnaît 5 institutions religieuses: les Eglises protestante, catholique romaine, catholique chrétienne, la Communauté israélite et la Communauté juive libérale.

A Berne, l'Eglise évangélique réformée, l'Eglise catholique romaine et l'Eglise catholique chrétienne sont des personnes morales de droit public, «un peu comme des hôpitaux», constate Jean-Noël Cuénod, ajoutant que ce canton rémunère les ecclésiastiques.

De plus, l'admission au sein du clergé est prononcée, non par une instance religieuse, mais par le Département cantonal de la justice, des affaires communales et des affaires ecclésiastiques!

Qu'en sera-t-il à l'avenir pour les autres communautés religieuses? En effet, les effectifs des deux grandes religions - protestants réformés et catholiques romains - sont en baisse. Les musulmans, les orthodoxes, les hindouistes, comme les personnes venant des mouvances évangéliste et pentecôtiste, demanderont à ne plus être discriminés, et que l'on étende les statuts de droit public à leurs Eglises.

Pas de voile islamique pour les fonctionnaires

«L'Etat n'a pas à faire de choix entre les religions. Il n'y a pas d'un côté les religions historiques, et de l'autre celles qui seraient 'exotiques'», souligne l'auteur de «Touche pas à mon dieu». D'autant qu'en Suisse, par exemple, 52% des bouddhistes possèdent un passeport à croix blanche.

Pourquoi reconnaître à Berne la petite Eglise catholique chrétienne, qui ne comptait que 1064 fidèles lors du recensement de 2000, et pas les musulmans, qui étaient un peu plus de 28.000, et les Orthodoxes, presque 10.000?

Jean-Noël Cuénod, qui ne cache pas son appartenance à la franc-maçonnerie, n'est pas opposé à ce que les écoliers puissent porter une kippa, un voile islamique ou une croix.

En revanche, «il n'en va pas de même pour toutes les fonctions et charges publiques. Il était légitime qu'une enseignante genevoise fût empêchée de porter le voile islamique en classe», assure-t-il.

swissinfo, Ian Hamel

Faits

«Touche pas à mon dieu» de Jean-Noël Cuénod, Editions 'La Tribune de Genève', 246 pages.

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Quelques chiffres

Selon le recensement fédéral de 2000:

Eglise évangélique réformée: 33,04 % de la population.

Eglise catholique romaine: 41,82 %

Eglises chrétiennes orthodoxes: 1,81 %

Communautés islamiques: 4,26 %

Communautés hindouistes: 0,38 %

Communautés de la religion juive: 0,25 %

Personnes sans mention religieuse: 15,44 %

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Jean-Noël Cuénod

Né à Genève le 23 décembre 1948

Chroniqueur judiciaire, reporter d'investigation à « La Tribune de Genève »

1997: «La Franc-Maçonnerie et la Nature»

1998: «Echec aux juges, l'affaire Sasea-Crédit Lyonnais»

2003: «Amour Dissident», avec Christine Zwingmann

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