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Les consommateurs ont été conséquents

Les agriculteurs suisses ne pourront pas utiliser d'OGM, durant cinq ans.

(Keystone)

Depuis des années, les sondages montrent que les consommateurs ne veulent pas d'OGM dans leurs assiettes. Le résultat de dimanche est donc logique.

L'ampleur du résultat peut cependant surprendre. Mais l'initiative, très modérée, a pu bénéficier de plusieurs soutiens.

Les deux sondages réalisés pour le compte de SRG SSR idée suisse laissaient entendre que ce moratoire de cinq ans sur l'utilisation d'organismes génétiquement modifiés (OGM) dans l'agriculture recevrait un écho favorable dans la population.

Mais ce «oui» prévisible s'est transformé en véritable raz-de-marée.

Le moratoire a en effet non seulement été accepté par une majorité du peuple, mais également par tous les cantons. Un tel résultat est d'autant plus remarquable qu'il est très rare – moins de 10 % des cas – qu'une initiative passe la rampe du vote populaire.

Une opinion plusieurs fois exprimée

L'issue du vote était cependant prévisible. Depuis des années, en effet, différents sondages réalisés en Suisse et dans d'autres pays montrent que les consommateurs se méfient des OGM, même si leur nocivité supposée n'est pas scientifiquement prouvée.

Ils sont en général prêt à accepter les manipulations génétiques dans un but thérapeutique. Une grande majorité refuse en revanche que des aliments génétiquement modifiés finissent dans leurs assiettes.

En acceptant le moratoire, les consommateurs se sont montrés conséquents avec l'opinion qu'ils avaient à plusieurs reprises exprimée. Par ailleurs, les auteurs de l'initiative ont pu bénéficier de la sympathie de plusieurs mouvements de pensée.

Soutiens à droite et à gauche

On trouve bien sûr les écologistes. Ceux-ci dénoncent depuis longtemps déjà le possible risque que les OGM font courir à la biodiversité.

Plus généralement, l'ensemble de la gauche n'est guère favorable à l'utilisation d'OGM dans l'agriculture. Sa composante tiers-mondiste, en particulier, s'élève contre la mise sous tutelle des paysans du Sud par les grandes multinationales qui produisent les semences OGM.

Mais les appuis ne sont pas venus que de la gauche, car si tel avait été le cas, l'initiative n'aurait pas été acceptée. Une partie de la droite conservatrice ne voit pas non plus d'un très bon œil l'œuvre du Créateur manipulée en éprouvette.

En porte-à-faux avec l'Union européenne

Mais surtout, si l'initiative a été acceptée, c'est qu'elle est très modérée. Elle ne demande en effet qu'un moratoire de cinq ans sur l'utilisation d'OGM dans l'agriculture, soit un délai permettant à la science d'en savoir plus sur leurs effets à long terme.

Si les initiants s'étaient montrés plus radicaux, en demandant par exemple une interdiction totale et définitive des OGM, nul doute que les résultats du vote auraient été différents.

Les opposants ont bien essayé de brandir la menace d'un affaiblissement de l'économie. Mais un tel scénario semblait plus que douteux vu que la principale branche concernée – l'agriculture – était favorable au moratoire et que les milieux de la recherche n'étaient pas directement concernés.

A noter enfin que même modérée, qu'un tel moratoire ne pourrait pas être appliqué dans l'Union européenne. La Cour de justice européenne s'est en effet opposée à une mesure similaire en Autriche, au motif que la nocivité des OGM n'était pas prouvée.

swissinfo, Olivier Pauchard

Faits

Plus de 55% des citoyens ainsi que tous les cantons ont accepté le moratoire
Ce vote implique que l'agriculture suisse ne pourra pas utiliser d'organismes génétiquement modifiés – plantes et animaux – durant cinq ans
Les produits finis, comme par exemple le soja, pourront cependant encore être importés en Suisse

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